L’approvisionnement en eau à la fin du XIXe siècle

L’approvisionnement en eau à la fin du XIXe siècle à Paris est marqué par leur séparation suivant la qualité.

 

Le plan d’Eugène Belgrand, un tournant formidable dans la gestion de l’eau parisienneL’approvisionnement en eau à la fin du XIXe siècle

A partir de 1854, l’approvisionnement en eau est totalement repensé. Ce fut le projet principal de l’ingénieur Eugène Belgrand.

Jusqu’alors, la même eau fournissait les maisons mais aussi les usines, les jardins. Il décida de séparer les origines des eaux suivant les destinations.

Alors, en 1854, la ville de Paris était approvisionnée de la manière suivante (en m3 par jour) :

Bonne qualité Médiocre Mauvaise
Canal de l’Ourcq 114 000 m3
Eau de la Seine 40 000 m3
Eau d’Arcueil 1 600 m3
Puits de Grenelle 900 m3
Belleville, Pré Saint Gervais 500 m3
Total 2 100 m3 40 900 m3 114 000 m3

 

L’ingénieur Eugène Belgrand proposa ainsi que les eaux de rivière (de mauvaise qualité) soient attribuées aux besoins industriels, l’arrosage et les besoins domestiques.

De leurs côtés, les eaux de sources, notamment celles acheminées par l’aqueduc d’Arcueil, purent être dédiées à l’usage domestique. Toutefois, le débit initial n’était pas suffisant. Il fallut donc capter de nouvelles sources pour porter à 122 000 m3 leur capacité.

 

Ainsi, une eau de bonne qualité put être apportée à 500 000 parisiens. On était tout de même loin d’alimenter les 2 millions de parisiens d’alors.

 

En 1877, l’approvisionnement d’eau à Paris était le suivant :

Bonne qualité Médiocre Mauvaise
Eau de l’Ourcq 105 000 m3
Eau de la Seine 88 000 m3
Eau de la Marne 43 000 m3
Puits artésiens 6 000 m3
Eau d’Arcueil 1 000 m3
Eau de la d’Huys 22 000 m3
Eau de la Vanne 100 000 m3
Eau de Saint Maur 5 000 m3
Total 171 000 m3 94 000 m3 105 000 m3

 

En raison de la taille de la ville de Paris et la difficulté d’obtenir de l’eau pendant la saison chaude, on compléta avec de l’eau prélevée dans la Seine à Maisons Alfort. Il fut alors conseillé de bien filtre l’eau avant de la boire.

Retour sur les différentes qualités des eaux

Selon les ingénieurs de la ville de Paris, les eaux étaient évaluées de la manière suivante :

  • L’eau de la d’Huys était médiocre mais suffisante pour alimenter les besoins industriels
  • Celle de l’Ourcq « auraient été parfaites si elle n’avait pas servi de canal de navigation ». De ce fait, impossible pour les utiliser pour la maison.
  • L’eau de la Seine était salubre mais infectée par le passage dans Paris. Elle était très mauvaise en été.
  • Dans les puits artésiens, l’eau était bonne pour l’usage industriel et les services publics. Elle devait être filtrée pour être bue. A noter que plus on descend en profondeur, plus elle est chaude. Ainsi à 747 mètres de profondeur, elle a une température de 28°C. Le principal défaut de ces eaux était qu’elles n’étaient pas aérées. De ce fait, elles pouvaient devenir indigestes.
  • Les eaux de sources étaient elles excellentes.

 

Sources bibliographiques

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