Le flottage du bois

Le flottage du bois approvisionnait Paris de bûches venant de Bourgogne par la Seine

 

Selon les archives, il est arrivé à Paris en 1866, 582 509 729 kilogrammes de boispar la Seine. En effet, pendant 3 siècles, on avait recours au flottage du bois pour approvisionner la ville. Cette année là, 2 616 trains de bois furent constitués pour les transporter, venant de Bourgogne, Franche Comté…

 

L’idée d’un marchand de bois parisien, Jean Rouvet

Comme ses confrères, Jean Rouvet, marchand de bois sous Henri II, est confronté à une véritable difficulté. Aucun mal à vendre son bois aux bourgeois de la ville. Mais de plus en plus difficile d’en trouver.

En effet, c’était alors les forêts aux alentours de la ville qui fournissait le précieux combustible. Celles-ci s’épuisaient et l’état des routes du pays rendait difficilement imaginable d’utiliser ce moyen de transport pour acheminer du bois jusqu’à Paris.

Il eut alors l’idée d’utiliser le flux des rivières et de la Seine pour fournir ses clients. Il acheta une forêt dans le Morvan, en Bourgogne et commença à l’exploiter. Le bois fut jeté directement à l’eau et il fut regroupé en train de bois arrivèrent progressivement sur la place de Grève. Nous étions alors en 1549

 

L’amélioration du flottage du bois par René Arnould

Les autres marchands de bois ne restèrent pas en reste. En effet, l’un d’entre eux, René Arnould apporta des améliorations aux trains de bois. En effet, il fit couper les bûches d’une taille unique et les marqua avant de les abandonner dans le ruisseau.

A la confluence avec la rivière, il fit installer un barrage pour récupérer les bûches et les regrouper selon leurs propriétaires. C’est à ce niveau que les trains étaient confectionnés.

 

Des trains de bois très rigoureux

Les trains de bois n’étaient pas faits au hasard mais avec méthode et rigueur. Chacun était composé de 576 parties égales, les mises, qu’on préparait séparément et qu’on regroupait 4 par 4, pour former des branches.

Ces branches étaient ensuite organisées en 18 coupons. Les neuf premiers s’appelaient la part d’avant et les neuf derniers, la part d’arrière.

Pour ce faire, les ouvriers d’alors reliaient les bûches de bois avec des cordes en osier, les harts. En contrepartie de ce travail physique, ils étaient rémunérés en nature : pendant le travail, ils pouvaient brûler tout le bois dont ils avaient besoin et le soir, ils recevaient le faix, soit un nombre de bûches déterminé.

 

Le flottage du bois, en descendant les rivières et la Seine sous la direction du flotteur

Les trains de bois étaient convoyés deux par deux sur les rivières venant de Bourgogne, du Nivernais, de Franche Comté… Chacun était piloté uniquement par deux hommes :

  • le flotteur, à l’avant qui dirige le mouvement à l’aide de son pieu de nage
  • le petit derrière, à l’arrière, souvent un apprenti.

Quelles forces de la nature devaient être ces flotteurs ! Pieds nus, connaissant toutes les pièges de leurs cours d’eau (méandres, courants, ponts, écluses…), ils se laissaient aller le long des cours d’eau, pendant de longues journées. La nuit, le travail ne s’arrêtait guerre et ils devaient rester très attentif.

Armançon, Yonne, Arce, Aube, Marne et la Seine étaient ainsi parcouru, passant les méandres mais aussi les péages divers et variés.

Si d’aventures, un train venait se briser sur un pont, des repécheurs étaient alors envoyés sur place pour récupérer les bûches libérées.

En 1731, le travail de ces flotteurs était rémunéré suivant le lieu d’expédition entre 25 et 30 livres

 

L’arrivée à Paris et le travaux des tireurs

Le bois qui arrivait ainsi par flottaison était d’abord reçu près de Charenton, dans le Port à l’Anglais. Première gare de triage pour ces trains fluviaux, ce premier port était le lieu où les inspecteurs qui attribuait une « voie de destination » dans l’un des ports finaux où le train était définitivement ramarré. Au XIXe siècle, on pouvait arriver aux ports de la Gare, de la Rapée, au port au vin, aux Invalides ou au canal Saint Martin.

Aussitôt, des ouvriers, les tireurs se chargeaient du dépeçage du train de bois, deux par deux. Chacun recevait en 1731 3 livres pour ce travail. 

Chaque bûche était alors sortie de l’eau, chargée sur des charrettes pour ensuite être vendue aux chantiers. En effet, les empileurs prenaient le relais, ainsi que porteurs de perches. Enfin, les ramasseurs de harts regroupaient les cordes en osier qui avaient servi à former le train.

Bien évidemment, on distinguait le bois vert qui devait être brûlé l’année suivante du bois sec dont l’usage ne pouvait excéder les deux ans.

 

Sources bibliographiques

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