Les premiers spectacles du Boulevard du Temple

Les premiers spectacles du Boulevard du Temple, des installations fixes tenues par des bateleurs venus des foires parisiennes

 

Au milieu du XVIIIe siècle, le Boulevard du Temple devient une promenade à la mode pour les parisiens. Et bien évidemment, la foule attira les bateleurs. Ainsi, à compter de la fin des années 1750, des parades s’organisent sur les lieux.

 

La première salle de Nicolet

Gaudon, qui détenait aussi un spectacle à la Foire Saint Germain, fut le premier à ouvrir une baraque sur le Boulevard du Temple. Il la céda l’année suivante à un autre bateleur, Faure.

En 1760, le fils d’un Arlequin de la troupe de Gaudon, Nicolet loua la salle à Faure pour ouvrir un théâtre forain. Il se lança alors dans le spectacle de fantoccini.

Rencontrant le succès, il loua le terrain à côté pour y faire construire une salle de spectacle en bois.

Toutefois, cette aventure ne se fit pas sans difficulté. En effet, on lui imposa de ne pas dépasser la hauteur des remparts d’une part et il dut faire avec les fossés rendant inégal son terrain. Cependant, il mena à bien son projet et fut propriétaire de l’ensemble 3 ans plus tard.

Ainsi, le Boulevard du Temple compta sa première salle : Salle des Grands danseurs. Sur scène, se présentaient sauteurs, danseurs de corde, équilibristes…

En 1767, Nicolet fit apparaître sur scène un singe. Pour ses débuts, il lui fit jouer des scènes bouffonnes mais il l’utilisa aussi pour remplacer un acteur malade.

Ensuite, il remplaça ses marionnettes par de véritables acteurs : il lança les pièces de Taconnet, le Molière du Boulevard : les Aveux indiscrets, les bonnes femmes mal nommées, le savetier gentilhomme, les ahuries de Chaillot, Riquet à la houppe, la mort du bœuf gras, le baiser donné et rendu, la belle Bourbonnaise.

Toutefois, ces nombreux essais et le succès de Nicolet attira l’attention des directeurs de l’Opéra. Ils firent interdire la parole à ses acteurs pendant un temps.

 

Après un incendie en 1770, Nicolet fit reconstruire sa salle de spectacle et put rajouter au nom : le théâtre des Grands danseurs du roi.

En 1775, Taconnet mourut des suites d’une blessure à la jambe. Avec cette perte, le succès fut moins au rendez-vous pour la salle de Nicolet.

Le Théâtre des Associés

En 1759, un autre bateleur se lança sous le surnom de grimacier. Assis sur une chaise, il enchaînait les grimaces. La dernière était toujours celle de la supplication, destinée à demander au public de faire preuve de générosité.

Attirant de plus en plus de monde, il se lança dans la construction d’une baraque en bois. Après avoir connu quelques bénéfices, il vendit sa baraque à un marionnettiste, en lui faisant promettre de le garder en grimacier « en chef ». Alors, il put intervenir lors des entractes.

Toutefois, en 1776, tous durent partir suite à une décision de police.

Ensuite, en 1780, un autre directeur, Beauvisage, réouvrit la baraque. Il fit jouer des pièces de tragédie, « où on riait ».

 

Le théâtre d’Audinot

Audinot fut le troisième à se lancer sur le Boulevard du Temple. Après avoir quitté une société de théâtre italien, il voulut tout d’abord ouvrir sa salle à la foire Saint Germain. Puis, il se rabattit sur le Boulevard du Temple, reprenant le premier emplacement de Nicolet. Sur place, il reconstruisit une petite salle, ornée de colonnes et avec une voûte gothique : l’Ambigu Comique. Il mit tout d’abord en scène des marionnettes, qu’il remplaça par la suite par une troupe d’enfants.

En 1771, il fit jouer une pièce qui rencontra le succès mais aussi le scandale. L’archevêque écrivit au lieutenant de police, dénonçant l’usage de vêtements, rappelant trop ceux du clergé. La police laissa faire. Toutefois, les administrateurs de l’Opéra prirent ombrage de cette réussite et obtinrent qu’on ne puisse jouer dans les lieux des spectacles de danse. Pour se sortir d’affaire, Audinot dut accepter de verser à l’Opéra 12 000 livres par an.

Audinot eut ensuite l’occasion de se produire devant le roi mais fit davantage attention à sa programmation.

Sources bibliographiques :

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