Sainte Chapelle du Palais

La Sainte Chapelle, l’écrin gothique destiné à recueillir les reliques de la passion achetées par Saint Louis au cœur du Palais de la Cité

 

Les reliques de la passion

Au Moyen Age, les reliques des saints avaient un rôle très important dans la pratique religieuse (notamment lors de grandes processions). Elles étaient une sorte de fragment d’éternité avec des pouvoirs.

Les reliques les plus prestigieuses étaient celles du Christ. Dans un premier temps, les fragments de la vraie croix étaient très recherchés. Puis, empereurs et rois ont souhaité disposer d’épines issues de la couronne d’épines du Christ, car celle ci était le signe de sa royauté.

En 1239, Saint Louis achète la couronne d’épines. Elle était conservée précédemment à Constantinople. Toutefois, l’empereur byzantin, ruiné, la met en gage auprès des vénitiens. C’est auprès de ces derniers que Saint Louis va l’obtenir

Etant un symbole de royauté, le roi a souhaité déposé cette relique au sein du Palais (et non à Saint Denis comme pour l’épine que les rois de France possédaient préalablement)

C’est dans une grande ferveur que Saint Louis va au devant de la couronne d’épines qui rejoint alors la France. Il la récupère personnellement à Villeneuve sur Yonne près de Sens au cour d’une cérémonie organisée par l’archevêque de Sens.

Cet office de Sens met alors en avant la France où Dieu doit se trouver à son aise et qui doit avoir un rôle spécifique dans l’histoire du salut.

La couronne d’épine est transférée ensuite à Paris en arrivant par le faubourg Saint Antoine puis à Notre Dame,  le temps que la Sainte Chapelle soit construite.

La cérémonie de translation dans la Sainte Chapelle a lieu, en 1248 deux mois avant le départ de Saint Louis en croisade

En complément de la couronne d’épines, d’autres reliques de la passion du Christ étaient conservées à la Sainte Chapelle : des fragments de la croix, la sainte lance, la sainte éponge…

Couronne d'épine - relique de la passion. Gavigan
Couronne d’épines – relique de la passion. Gavigan

 

Edification de la Sainte Chapelle

La Sainte Chapelle est construite en plein cœur du Palais dans l’île de la cité entre 1246 et 1248. Elle contient deux niveaux :

  • Chapelle basse pour les domestiques (avec de nombreuses tombes),
  • Chapelle haute pour le roi et la cour.

De style gothique, la chapelle haute a une seule nef. Le dallage d’époque était sans motif pour permettre aux vitraux de se refléter dans le sol.

Au cour du règne d’ Henri II, un jubé fut rajouté pour séparer la nef du chœur. Ce dernier contenait alors des stables en boiserie.

 

Les vitraux :

La chapelle haute contient quinze fenêtres représentant l’ancien et le nouveau testament (en s’inspirant fortement représentations présentent dans les bibles moralisées que les rois se transmettaient alors). Ces vitraux font une large part autour de l’arche d’alliance pour faire un parallèle avec arrivée de la couronne d’épine à Paris. Comme Moise et Aaron, Saint Louis et son frère Robert d’Artois portent la relique arrivant dans Paris.

Aujourd’hui, seule la moitié des vitraux sont d’origine. En effet, au début du XIv siècle, la partie inférieure sur une hauteur de 3 metres a été remplacé par du plâtre. D’autres ont été détruits à la Révolution.

 

La rosace occidentale représente l’apocalypse. Elle vise à donner au détenteur de la relique de la Sainte Couronne un rôle essentiel dans l’histoire du Salut : Selon la légende, à la fin des temps, un empereur déposera sa couronne au pied de la croix, marquant le retour du Christ sur terre. Ainsi, Saint Louis indique que c’est le roi de France qui jouera ce rôle lorsque le Christ viendra à Paris pour rechercher sa couronne.

 


 

Cérémonies importantes à la Sainte Chapelle

Saint Louis organisa, de sa propre initiative, une fête pour la couronne d’épines le 11 août en vue de présenter la relique au peuple.

A partir de ce moment et jusqu’à Louis XV, à la mort des rois, reines et enfants de France, un service solennel avec tenture et catafalque était donné à la Sainte Chapelle.

Les souverains étrangers en visite à Paris se rendaient à la Sainte Chapelle pour voir les saintes reliques.

Enfin, les personnes dites “possédées du diable” venaient en cérémonie en espérant la guérison à la Sainte Chapelle.

 

La Révolution puis la restauration de la Sainte Chapelle au XIXe siècle

A la Révolution, la Sainte Chapelle est saisie et affectée ensuite à de nombreux usages  : magasins de farine, club, archives…

Son état s’étant fortement dégradée,  elle fait l’objet d’une restauration à partir de 1837  par Violet le Duc et Duban : les vitraux, dont une partie avait été remplacée par du verre blanc sont réparés, la flèche est reconstruite…

 

 

Visiter la Sainte Chapelle :

4, boulevard du Palais – 75001 Paris

M°: ligne 4, station Cité
Bus : lignes 21, 27, 38, 85, 96

 

En savoir plus : http://sainte-chapelle.monuments-nationaux.fr/

 

Sources bibliographiques :

Emission de Canal Académie avec André Vauchez autour des reliques à la Sainte Chapelle

Pottet Eugène. La Sainte Chapelle de Paris; Asselin et Houzeau (Paris). 1912

Christe Yves. Les Bibles moralisées et les vitraux de la Sainte Chapelle : le vitrail de l’Exode. In: Bulletin Monumental. Tome 157 N°4, année 1999. pp. 329-346.

 

Inscrivez vous à notre newsletter (fréquence mensuelle maximum)

Les champs avec une * sont obligatoires
X
- Entrez votre position -
- or -
%d blogueurs aiment cette page :

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer