Le gibet de Montfaucon

Le gibet de Montfaucon construit au XIVe siècle pour pendre et exhiber ensuite les corps des condamnés à mort

 

En 1840, un voyageur venu de Rouen se rend à Paris. Il en profite pour visiter le quartier de Montfaucon. Comme d’aucun pourrait écrire ses impressions de voyages en Italie, dans le Sud de la France ou dans tout autre région historique, il couche sur le papier ce qu’il a découvert la bas.

 

 

Une gigantesque plateforme destinées à être vue et accueillir plus de 60 suppliciés à la fois.

Situé en hauteur, le gibet de Montfaucon était visible à gauche sur le chemin menant à Pantin, en venant de Paris.

Construit au XVe siècle, à la demande d’Enguerrand de Marigny, ministre de Philippe le Bel, il s’organisait autour d’une plateforme de maçonnerie de 14 mètres de longueur, sur 10 mètres de large et 6 de hauteur.

Au dessus de la plateforme, on avait dressé 16 piliers de pierres de taille ayant chacun une élévation de 15 mètres. Ils étaient reliés entre eux au niveau de leur milieu et en leur sommet à l’aide d’une grande charpente. C’était cette dernière qui portait les chaînes de fer.

Cette hauteur permettait à tous passant de voir, non seulement la colonnade mais aussi les condamnés. Le dispositif permettait d’accueillir 60 corps, offerts au vent, aux corbeaux et aux caprices de la météo. Le bruit des chaînes et des os qui s’entrechoquaient rendaient l’atmosphère des lieux totalement sinistre.

Il arrivait cependant que la taille ne suffise pas. On dressa pour cela des gibets plus petits pour ce cas de figure.

Sous le gibet, on avait creusé un vaste souterrain. C’était le lieu final de destination des corps des suppliciés.

Pour rejoindre la plateforme, un large rampe était installée. Une forte porte et une enceinte solides empêchaient l’accès au gibet. Ainsi, impossible de venir enlever un corps et espérer lui donner une autre sépulture.

 

Montfaucon et son usage pour la sorcellerie.

On craignait aussi au Moyen Age, que des sorciers viennent se saisir d’un cadavre et ne l’utilise pour réaliser un sortilège.

Cela arrivait tout de même. En effet, un moine aurait été mandaté par le duc d’Orléans en 1407 pour faire venir le diable dans les lieux. Dévêtu, il aurait réussi à venir deux démons, Hermus et Astramon. Chacun vinrent transformer un anneau, une épée et une dague. Pour que l’effet puisse fonctionner, il était nécessaire de poser les objets dans la bouche d’un homme mort. Pour cette raison, le moine se serait rendu à Montfaucon pour leur obéir.

Ensuite, il les aurait apportés au duc d’Orléans, en joignant un morceau d’os du condamné. Ainsi armé, le prince disposait d’un don pour séduire toutes les femmes.

 

 

Le chemin du supplicié

Avant de rejoindre le gibet, les condamnés à mort étaient conduits à travers la rue Saint Denis. Ils s’arrêtaient devant la porte du couvent des Filles Dieu. On leur présentait alors un crucifix et de l’eau bénite. Les religieuses leurs donnaient également du pain consacré, ainsi qu’un verre de vin : le dernier morceau du patient.

Un peu plus tard, sur le chemin, les condamnés pouvaient se confesser. Au pied d’une croix, située non loin du gibet de Montfaucon, des moines des Cordeliers recevaient leur demande de pardon.

 

La destruction du gibet de Montfaucon après 1789

Le gibet demeura debout jusqu’à la Révolution. Il était alors dans un état de grand délabrement. En effet, on disait que tous les puissants qui l’avaient fait restaurer, avaient terminé leur jour au bout de ses chaînes. Ce fut le cas pour son fondateur, Enguerrand de Marigny, mais aussi pour d’autres qui le suivirent.

 

Sources bibliographiques :

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