Les sculpteurs, peintres et imagiers

Les sculpteurs, peintres et imagiers, petite communauté née de la fabrication des statuettes dorées et peintes, qui connut les bouleversements de la Renaissance et du Grand Siècle

 

Un métier à proximité des clercs et nobles au Moyen Age

Au Moyen Age, les peintres et sculpteurs faisaient partie d’un seul métier.

On les retrouve dans le Livre des Métiers d’Etienne Boileau de la fin du XIIe siècle en tant que « imagiers, paintres, tailleurs de crucifix ». Ils fabriquaient statuettes, triptyques, bas relief, recouvert avec de l’or et de la peinture.

C’est en cherchant à magnifier les statues que l’art des peintres et des sculpteurs se développa à Paris.

Cette communauté était organisée par des statuts communs :

  • La taille des statues se faisaient sur os, ivoire, bois, corne et toute autre matière.
  • Les objets devaient être sculptés dans un seul morceau, pour éviter les joints, à l’exception des crucifix.
  • 10 ans d’apprentissage,
  • Les peintres doraient sur argent et non sur étain.

 

Lors de la publication des statuts de 1391, les peintres et les sculpteurs sont toujours ensemble.

Pour les objets, certains bois étaient très fortement recommandés : hêtre ou noyer, ni trop vert, ni trop vieux. Ils devaient être polis pour être peint. Les fentes étaient bouchées à la colle et le bois passé au four pour sécher.

Les sculpteurs utilisaient le bois également pour les tabernacles, qu’ils enrichissaient de verrines, mais aussi des retables d’autel. Ces mêmes ouvriers travaillaient aussi la pierre pour les statues et les tombes : le bloc était imprimé à l’huile et au blanc de plomb, puis recouvert d’or et de peinture.

Les murs des chapelles étaient peints. En cas de restauration, les murs étaient entièrement grattés et repeints totalement.

La confrérie de la communauté était confiée au patronage de Saint Luc.

 

En 1431, les peintres sont exemptés d’impôt et à cette date, être peintre du roi ou peintre de métier était placé avec les mêmes avantages. La communauté se retrouve dans la même compagnie en 1467 que les verriers et les brodeurs.

Les statuts sont confirmés en 1548 et en 1582. Ils rappellent à chaque fois « l’excellence des arts de peinture et sculpture, honneur de l’Eglise et des seigneurs, gloire de Paris et du royaume de France, si dignes des franchises et libertés accordées par les rois. »

 

La tentative d’indépendance des enlumineurs au début du XVIIe siècle

A cette date, les arts sont en plein essor, sous l’influence de la Renaissance italienne. Toutefois, ces avantages attiraient les envieux. Aussi, les peintres durent user de toutes leur influence pour éviter l’érection des enlumineurs en communauté en 1608.

En effet, la technique de peintre enlumineur attirait des pauvres gentilshommes, travaillant avec des couvents. Ces derniers pouvaient aussi enseigner cet art aux enfants des nobles. Contrairement aux peintres qui utilisaient l’huile, les enlumineurs travaillaient la gomme. Ces derniers faisaient en enluminures des petits portraits.

 

Presque un divorce entre les peintres et les sculpteurs

En 1613, les peintres demandèrent la séparation avec les sculpteurs. Toutefois un arrangement fut trouvé et le divorce ne fut pas prononcé : les maîtres décidèrent que les deux spécialités auraient un nombre égal de jurés. Ces derniers seraient présents ensemble lors de la présentation des chefs d’oeuvre par les candidats à la maîtrise.

 

La reprise en main du métier par le roi et la création de l’Académie royale

Sous l’influence des grands maîtres de l’Italie, les pratiques évoluèrent. Les grands maîtres commençaient à faire venir des modèles et très progressivement, les autres les copièrent en se regroupant. D’abord dans des caves, puis dans une salle d’hôtel et enfin dans une galerie d’un collège de l’université. 

Ces réunions autour de modèles étaient très régulières et certains artistes assidus produisirent des œuvres très reconnues. On peut citer parmi eux Le Brun 

Ensuite, en 1648, l’Académie Royale fut fondée. Cette institution fixa les heures d’ouverture, sous le conseil de 12 anciens. Comme on peut s’en douter, les maîtres imagiers s’opposèrent et furent déboutés par le Parlement dans leurs revendications. Cette situation abouti à la fusion  des deux communautés en 1652.

En 1654, de nouveaux statuts furent donnés : 

  • organisation des cours, 
  • élection des professeurs, 
  • pension annuelle et dispense des impôts ordinaires, 
  • interdiction de donner un cours à l’extérieur, 

A partir de 1663, il est indiqué que l’Académie Royale était placée sous la protection d’un grand personnage. Le 25 juillet de chaque année était organisée une assemblée générale avec une grande exposition : les salons de peintures  sont nés. 

 

La confrérie était alors confiée à saint Luc et saint Jean. Elle s’était établie dans l’île de la Cité dans l’église Saint Symphorien.

 

Quand une profession se fait doubler par des étrangers à Paris

En 1691, les peintres se firent devancer dans l’achat de la charge de jurés. Aussi, ce fut à des particuliers, étrangers à Paris, qu’ils durent racheter ces droits pour 24 000 livres pour les offices de jurés et 20 000 livres pour celles des auditeurs de comptes. 

A cette occasion, ils ouvrirent une école de dessin avec modèle naturel, sous le nom d’Académie de Saint Luc.

 

Sources bibliographiques :

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