La canicule de 1859

La canicule de 1859 : plus de 15 jours de chaleur, très au dessus de la barre des 30°C, bloquant tout Paris.

 

Juillet 1859 ! Pendant plus de 15 jours, Paris suffoque sous la chaleur. Les 30°C sont largement dépassés. Cette année-là, la chaleur s’était installée progressivement dans toute la France. Revivons grâce à la presse de l’époque, cette période difficile pour les parisiens d’alors.

 

Un début année clément mais avec un épisode orageux à partir de mi-mai qui faisait craindre sur les récoltes

Sur le plan de la météo, l’année 1859 avait bien démarrée. Comme l’écrit J. EM. Dupuy de Bordeaux, dans une note reprise par la Gazette de France le 15 juin 1859, cette année avait connu « un hiver sec, un printemps hâtif ; la végétation s’était développée dans les meilleurs conditions. »

Cependant à compter de la mi-mai, le temps s’est retourné, rendant plus compliqué les activités agricoles : « Mais des orages successifs ont, depuis plus d’un mois, donné des pluies abondantes et inondé nos terres. »

Aussi, le temps du mois de juin engendra son lot d’inquiétude sur la qualité et la quantité des récoltes à venir. « L’inconstance de la température cause quelques inquiétudes pour le commerce à propos de la parfaite réussite de la récolte en terre. Chaque jour est marquée par un orage qui jette plus ou moins de perturbations sur les champs » écrit alors la Gazette de France dans son édition du 16 juin 1859.

Frappant de constater qu’à Paris, les températures maximales à Paris ne dépassèrent pas les 20°C jusqu’au 27 juin.

 

Des températures qui montent dés la fin juin pour ne plus s’arrêter d’augmenter

Le 28 juin, la température à Paris commence enfin à monter. On enregistre alors 28°C au plus fort de la journée. L’été s’installe alors.

A ce stade, le niveau reste supportable, même si d’aucuns se plaignirent alors de chaleur.

Il fit cependant, le 1er juillet, 25°C au plus chaud de la journée. De ce fait, les activités habituelles à Paris se poursuivaient (spectacles, courses, processions religieuses…).

 

16 jours de suite à plus de 30°C avec un pic à 37°C.

A partir du 7 juillet, la température s’installe au dessus des 30°C. Certains journaux commencèrent à parler de canicule.

Cette fois-ci, la chaleur commence à se faire sentir dans les activités parisiennes qui commencent à se faire au ralenti.

Les jours passent et la chaleur caniculaire s’installe en s’amplifiant. Le mercure reste alors restant largement au-dessus de 30°C. On alla jusqu’à enregistrer 37°C au plus chaud de cette période. Les parisiens trouvèrent les temps durs. On enregistra plusieurs incidents pendant ce temps.

Il fallut attendre, tout de même, le 24 juillet avec le retour de la pluie pour que les températures baissent enfin. Un début d’été très chaud. Rappelons-nous tout de même que pendant longtemps, le mois de juillet était avec les températures les plus élevée de l’été !

 

Les parisiens fuient la chaleur

Au plus chaud de la canicule de 1859, le 17 juillet, le journal Le Tintamarre écrit : « Paris tout entier tire la langue, les gens assez heureux pour avoir une cave y passent une partie de leur après midi, ceux qui n’ont pas de cave se font descendre dans leur puits ; chacun prend le frais où il se trouve et suivant ses moyens ». La chaleur était telle que tout le monde recherchait un petit instant de frais. Même si les travaux d’Hausmann étaient démarrés, Paris restait une ville très dense. Aussi, le lieu conservait pleinement la chaleur, qui ne parvenait pas à disparaître totalement la nuit.

 On raconta aussi que le 19 juillet, un habitant du faubourg Saint Antoine alla se promener sur le toit en pleine nuit pour rechercher du froid.

 

Par ces temps de chaleur, les espaces verts étaient envahis par les parisiens. Parmi eux, la promenade du bois de Boulogne était très appréciée, comme l’indique le Figaro le 2 juillet 1859 : « Rien n’est plus délicieux, pendant les grandes chaleurs de l’été, que d’aller chercher la fraîcheur au milieu de l’atmosphère embaumée du bois de Boulogne. » Ce lieu de sortie déjà mise en place depuis pas mal de temps, avait en outre été totalement aménagé alors par Adolphe Alphand, ingénieur auprès du préfet de Paris.

 

La vie quotidienne qui se met à l’arrêt, suffoquée par la chaleur

Dés le début de la canicule, les impacts sur la vie économique de Paris se firent sentir. Aussi, les ventes de Bestiaux à Sceaux furent plus longues.

En outre, la Presse rapporte le 21 juillet que la séance de bourse fut expédiée à cause de la chaleur : « On se hâte de clore les opérations entamées et on en entame pas de nouvelles. Aussi la Bourse est presque désertée. »

Malgré la richesse de vie culturelle parisienne, alors essentielle dans la vie de nombreux parisiens, la chaleur se fait sentir jusque dans les salles de théâtre. Cette situation avait démarrée dés juin, comme l’indique la Presse dans son numéro du 11 juillet : « Les chaleurs de l’été commencent à exercer leur influence habituelle sur les recettes des théâtres. On en jugera la baisse qui s’est produite pendant le mois de juin. ». Une salle sortait du lot : le théâtre de la Porte Saint Martin. La structure des lieux lui permettait de maintenir une température à 10°C en dessous des autres. Evidemment, cela accentua le succès de ses représentations.

 

Incidents mais aussi délices de cette période.

Avec la chaleur, Paris rencontra également plusieurs incidents et désagrément.

Des chevaux en furie

Tout d’abord, la circulation dans Paris pouvait être mouvementée. En effet, dans son édition du 1er juillet 1859, le journal La Presse rapporte : « L’imprudence des cochers, qui pendant les grandes chaleurs, ont l’habitude de s’endormir sur leur siège, a causé déjà bien des accidents ; l’un d’entre eux vient d’être victime lui-même de ce défaut de surveillance. Une voiture de place stationnait hier sur le boulevard Montmartre, et le cocher, accablé par la chaleur s’était endormi sur son siège. »

Le cheval qui n’était plus tenu, partit alors en furie sur le boulevard. Il fallut l’intervention de policier pour rattraper la voiture. De son côté, surpris, le cocher avait été expulsé de la voiture. Dans sa chute, il avait été écrasé par les deux roues. Il s’en sorti avec un bras fracturé et avait du être transporté à l’Hôpital de la Charité.

 

Les noyades

Par ailleurs, la Seine attirait les baigneurs. On y rapporta également son lot de noyade.

« Les grandes chaleurs de l’été commencent à se faire sentir, et avec elles le retour des accidents périodiques. Un infirmier militaire se baignait hier vers six heures du soir, dans la Seine, près de Passy, lorsqu’il fut entraîné tout à coup par le courant » signale le Constitutionnel dans son numéro du 6 juillet 1859. Le corps du malheureux fut repêché un peu plus loin et apporté à un hôpital du quartier du Gros Caillou.

 

Les incendies

Des départs de feu furent aussi constatés.

Le 12 juillet, le Moniteur Universel publie : « Le nommé X…, demeurant rue Richer, n°2,  était sorti dans la matinée pour vaquer à ses travaux habituels, laissant, sans y prendre garde, des allumettes dans le tiroir d’une table exposée aux rayons du soleil. La chaleur ne tarda pas à les enflammer, et le feu se communiqua au bois de la table. »

 

 

Voici l’histoire de cet été très chaud de 1859. Ironie du sort, à la fin du mois d’août, les parisiens purent voir des aurores boréales. Elles étaient l’annonce d’un bouleversement de l’activité solaire. La température chuta brutalement. Avec ses perturbations sur le champ magnétique, ce changement se traduisit par une année 1860 particulièrement froide. L’été fut même particulièrement mauvais. Mais ça c’est une autre histoire

 

Sources bibliographiques :

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