La pénurie d’eau liée à la canicule de 1898

La pénurie d’eau liée à la canicule de 1898 : Paris consomme plus d’eau que ses capacités d’approvisionnement

 

En août 1898, Paris a chaud. La ville souffre de chaleur. Aussi, les parisiens qui étaient restées en ville cherchent par tous les moyens comment se rafraichir. Ils utilisent alors beaucoup d’eau comme on peut se douter. Toutefois, rapidement, Paris connait un début de pénurie d’eau.

A l’aide des journaux de l’époque, revenons sur cette crise, certes passagère, mais qui fit couler pas mal d’encre.

 

Le pic de chaleur à partir du 15 août

Alors que l’été avait été jusque là plutôt frais, la température commence à monter fortement le 15 août. Rapidement, la barre des 30°C est franchie. La chaleur devient vite insurmontable apportant son lot de victime et de difficultés.

Du 15 au 23 août, le mercure afficha largement au dessus des 30°C.

 

Forte hausse de la consommation d’eau

Ces températures élevées impactèrent alors rapidement l’approvisionnement en eau de Paris.

 Le 21 août 1898, La Croix écrit : « La consommation de l’eau de source a augmenté dans une proportion considérable depuis la période de chaleur ; elle dépasse en ce moment la quantité fournie chaque jour par les aqueducs. Par suite, les réservoirs sont en baisse, et, si cette situation se prolongeait, on serait obligé de recourir à l’emploi de l’eau de rivière. »

 Le journaliste recommanda de limiter la consommation de l’eau dans les immeubles et de « fermer pendant toute la durée des chaleurs, le robinet qui précède leur compteur. »

Il ne fut pas beaucoup entendu. En effet, la situation s’empira ensuite

 

Risque d’utilisation d’eau de moins bonne qualité ?

Le 22 août 1898, le Rappel indique : « L’étiage des réservoirs de la ville est si bas, que si la chaleur continue avec consommation d’eau identique à celle des jours passés, mercredi ou jeudi, l’eau microbienne de la Seine remplacera, dans certains arrondissements l’eau de source. »

 

En gros, si la situation se poursuit, alors les parisiens devront boire de l’eau de bien mauvaise qualité : celle de la Seine !

 

Les rumeurs de mise à disposition d’eau sale

Des bruits rapportent que d’ailleurs les parisiens consommeraient d’ors et déjà de l’eau le 22 août.

La Gazette de France écrit : « Donc l’administration nous trompe. Elle nous vend très chère de  l’eau dangereuse pour la santé publique, alors qu’elle nous fait croire qu’elle nous livre de l’eau saine et bonne. »

Le journal poursuit un peu plus loin : « D’ailleurs qu’on ne l’oublie pas, Paris est vide. S’il y a pénurie, c’est à l’imprévoyance de la compagnie qu’il faut l’attribuer.»

D’autres accusèrent le régime de la situation.

 

Un réel risque

Ces rumeurs étant très forte, les autorités précisèrent le 23 août que si de l’eau de rivière était donnée à la consommation, elle serait prélevée dans la Marne, plus pure que la Seine.

En outre, cette eau serait filtrée par un bassin filtre au préalable. Ainsi, les autorités, citées par La Lanterne du 23 août, indiquèrent que ces eaux seraient « bonnes et légères ». Elles rajoutèrent que si de l’eau de la Seine devait être prélevée, les parisiens seraient « prévenus par voie d’affiche »

 

Point de situation sur les sources d’approvisionnement d’eau avant la fin de la canicule.

Juste avant la fin du pic de chaleur d’août 1898, l’approvisionnement en eau était composé des sources suivantes :

  • Source de la Dhuis : 18 000 mètre cubes
  • Source de l’Avre : 88 000 mètre cubes
  • Source de la Vanne : 109 000 mètre cubes.

On y rajouta 22 000 mètres cubes en provenance de la Marne. Au total, on fournissait à Paris 237 000 mètres cubes contre une consommation de 269 000 mètres cubes.

Par ailleurs, cette situation inquiétait également quant à la capacité de lutter contre des incendies.

A noter toutefois que les autorités prévoyaient de donner de l’eau de la Seine aux 5e, 6e et 7e arrondissements. La baisse de la température arriva juste avant que cela ne fut engagé.

 

En tout état de cause, dés lors que le risque retomba, certains journaux évoquèrent l’Exposition Universelle de 1900 qui s’approchait. Risquerait-on la pénurie d’eau lorsque le monde entier sera à Paris pour l’exposition ? Une situation bien difficile pour nombre de commentateurs alors.

 

Sources bibliographiques :

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