Les étés caniculaires

Les étés caniculaires : périodes dures et intenses, mal vécues par les parisiens continuant leurs activités.

 

Au cours de son histoire, Paris connut bien sûr plusieurs étés caniculaires. Sans chercher à recenser toutes les canicules parisiennes, revenons sur quelques pics de chaleurs, à partir de brèves de presse. Nous pourrons y voir qu’à chaque fois, les parisiens vécurent avec beaucoup de peine ces périodes, plus ou moins courte et plus ou moins intense.

 

Août 1803 : des chaleurs longues sur le mois d’août

Avec une moyenne de 20°C sur la totalité du mois, Août 1803 fut un mois particulièrement chaud en ce début du XIXe siècle.

Les contemporains s’en plaignirent. On pouvait lire en effet dans le numéro du 14 août du Courrier des spectacles que « les chaleurs continues ont tellement appauvri le bassin de la Seine, que les eaux de cette rivière sont en ce moment à 10 centimètres au dessous des basses eaux de 1719 ».

Toutefois, la fête estivale continue. Paris affiche alors au programme de nombreux spectacles. La Clef du cabinet des souverains rapporte, en effet, le 18 août 1803 : « On entend partout  que des plaintes contre l’excessive chaleur que nous éprouvons, et le glacier, lui-même pour qui elle est une source d’abondance, s’est plaint de n’avoir plus de moyens pour suffire à la consommation plus que triplée des rafraichissements. »

 

Juillet 1859 : 37°C pour le 16 juillet

En 1859, la première quinzaine de juillet est marquée par de grande chaleur. Ainsi, le 16 juillet 1859, le Moniteur rapporte que « des chaleurs extraordinaires se font du reste, sentir dans toute la France. » Le journaliste continue : « A Paris, les thermomètres ont marqué, à l’ombre et au nord, 37 degrés à quatre heures. Les plus hautes températures observées à Paris sont celle de l’été 1753 et de 1793. Il y eut 38 degrés à l’ombre ». Cette année-là, les parisiens subissent une forte chaleur après une longue période de deux mois avec une température froide et de nombreuses inondations.

 

Septembre 1898 : des chaleurs très tardives

1898 comme 1899 furent deux années avec des pics de chaleur en septembre. Bien que dans le climat parisien, septembre est souvent un moment où la température baisse plus vite, il ressort qu’en 1898, les parisiens affrontèrent autour du 10 septembre, des températures caniculaires. Cet épisode troubla bien sûr, la vie quotidienne.

Ainsi, la Petite République du 11 septembre 1898 écrit : « Les grandes manœuvres ont commencé malgré la chaleur torride que nous subissons avec peine depuis quelques jours. Et les douloureux accidents que nous avons enregistrés, il y a une quinzaine de jours se reproduisirent de nouveau ». Le journaliste poursuit : « il fait actuellement 31 degrés à l’ombre et on oblige les pauvres soldats à faire des grandes marches sur des routes poussiéreuses, où dardent les accablants rayons d’un soleil brulant. »

Cette année-là, avec les préparatifs de l’Exposition Universelle de 1900, on s’inquiétait aussi de la disponibilité de l’eau à Paris. Ainsi, dans son édition du 10 septembre 1898, la Cocarde rapporte : «  Voilà que les chaleurs reprenant, la question de l’eau préoccupe les parisiens. Nous espérons qu’on ne sera pas obligé de recourir une fois encore à la mesure qui consiste à priver d’eau de source quelques arrondissements de Paris ; mais en tout cas, il est du devoir de la municipalité d’étudier les moyens de remédier à cet état de choses par l’adduction à Paris de nouvelles eaux de sources. »

 

Août 1932 : « un été tropical »

Voici comment le désigna l’Echos d’Alger dans son édition du 20 août 1932 : un « été tropical ».

Le journaliste relate alors que le 19 août 1932, il faisait à Paris « 35°C à l’ombre ».

Il décrit alors : « La vague de chaleur qui s’est abattue sur Paris et sur la plus grande partie de la France, en est, parait-il à ses débuts. La même température écrasante persiste sur toute la région parisienne et va même on le prévoit s’accentuer ». Le tableau décrit dans le journal qui publie en Algérie se montre bien ennuyé par cette hausse de température.

A partir de 32°C, le journaliste parle même de fournaise : « On voyait sur les boulevards les passants chercher le long des immeubles un illusoire filet d’ombre. Les hommes portaient délibérément leur veston sur le bras, les femmes arboraient les robes les plus légères qui puissent se réaliser. »

Le lendemain, la chaleur se traduisit également par quelques cas d’insolations. A noter aussi que certains baigneurs dans la Seine alors se noyèrent aussi. Certains journaux n’hésitèrent pas à donner quelques conseils face aux fortes chaleurs. Ainsi reprenant le communiqué du ministère de la Santé, le journal Ere nouvelle du 28 août 1932, publie des conseils pour s’occuper en enfants en bas âge : « Les nourrissons sont en danger de mort pendant les chaleurs. » « Durant les chaleurs, les affections du tube digestif subissent une recrudescence marquée. Or, ce sont elles qui provoquent le décès de plus du tiers des nourrissons. »

 

Sources bibliographiques :

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