La fête du village des Batignolles

La fête du village des Batignolles : des grandes festivités qui s’étalaient sur 15 jours  derrière l’église !

 

Autrefois les Batignolles n’étaient qu’un petit hameau, au-delà de la barrière de Clichy, sur la route menant à Clichy la Garenne.

En 1830, Charles X décide de le séparer de Clichy et constituer une véritable commune. C’est à cette époque que l’église Sainte Marie des Batignolles est édifiée.

Derrière le bâtiment, on laisse ouverte une grande place, plantée dans son pourtour de marronniers. Là, en complément de la promenade, on organise tous les ans la fête du village.

 

Une fête s’étalant sur deux semaines après le 15 août

Quoi de plus réjouissant que d’organiser une grande fête lors des beaux jours. Ainsi, le journal des débats politiques et littéraires du 22 août 1830 annonce :

 « La fête patronale de Batignolles Monceau aura lieu les dimanches 22 et 29 août et jours intermédiaires. Le lundi 23, à trois heures, grand assaut d’armes précédés d’un concert exécutés par les artistes du Cirque Olympique au bénéfice des trois journées. »

 

La fête se développe rapidement et attire vite beaucoup de monde. Dans les colonnes du Constitutionnel du 15 août 1833, il est possible de lire :

« La fête patronale des Batignolles Monceau, qui commencera le 18 de ce mois et se prolongera jusqu’au 26 sera, s’il faut en croire le programme, une des plus brillantes des environs de Paris. Tout est disposé pour en varier les divertissements et pour y attirer la population de la capitale.

 

Des nombreuses animations

Comme on peut le voir, la fête s’étalant sur de nombreux jours, attiraient de nombreux forains et des saltimbanques. Les parisiens adoraient le cirque et pouvaient alors y voir des spectacles.

Outre ces événements, on organisait également un concours de musique militaires.

 

Apportant leurs lots d’anecdotes

Des feux d’artifices étaient également tirés. Une année, en 1847, on manque l’incident, ainsi que le détaille le Siècle du 19 août

« Hier, la fête des Batignolles a été troublée par un incident qui aurait pu avoir des suites encore plus fâcheuses. On sait que des individus chargés de faire partir les pièces d’artifices qu’on appelle bombes, sont armés de longues mèches, à l’aide desquelles ils mettent le feu à la fusée dont la boite est fixée en terre. Un de ces hommes, dont la mèche tirait à sa fin, avait vainement essayé à plusieurs reprises d’allumer des bombes. Voyant l’inutilité de ses efforts, il s’approcha pour connaître ce qui empêchait la fusée de prendre feu ; mais, à ce moment même, la bombe partit et le frappa au milieu de la poitrine. Le malheureux artificier, violemment renversé, n’a pas pu se relever ; trois gardes municipaux l’ont emporté chez lui. »

 

Les conseillers municipaux voulant eux aussi s’élever dans les airs

En 1851, un ballon fut installé sur la place des fêtes des Batignolles. Cependant, ainsi que nous le rapporte la Presse du 23 août, arguant du financement de l’opération par la commune, des conseillers municipaux firent pression pour eux aussi être du voyage.

 « On sait que c’est à l’occasion de la fête des Batignolles qu’a eu lieu l’ascension de ce ballon nommé la Ville de Batignolles. M. Godard avait d’autant plus contribué à donner de l’éclat à la fête de cette commune, qu’il y est né, y a été élevé et porte aux Batignollais une affection de compatriote ; aussi avait-il borné ses exigences au paiement d’une modique somme tout au plus suffisante pour couvrir ses frais.

Mais voila qu’au moment de partir, en présence du corps municipal et d’une grande foule de curieux, quelques uns de ces messieurs adjoints au maire et conseillers, eurent la fantaisie de partir avec M. Godard. Celui-ci leur exposa l’impossibilité de ce départ ; il y avait deux voyageurs, M. Leclerc et Mme Beaumont qui avait payé leur voyage et la nacelle était trop petite.

Mais MM. Les conseillers avaient la prétention de requérir comme un droit leur admission dans la nacelle et l’un d’eux eût même sérieusement l’idée d’envoyer chercher un huissier pour faire sommation à M. Godard. Enfin, après de nombreux pourparler et pour satisfaire tout le monde l’aéronaute a consenti a donner aux plus aventureux le plaisir d’une ascension captive.

Le ballon, donc, maintenu à une longue corde s’est par trop fois élevé à une hauteur de 200 pieds environ, emportant chaque fois deux par deux les conseillers qui voulaient à toute force leur commande à vol d’oiseau. »

 

Une fête avec son lot de rixes et de larcins aussi

En raison du développement de la commune, située sur le chemin du train, alors en cours de développement, la fête attirait beaucoup de monde. Pas surprenant de découvrir traces de nombreux larcins.

Ainsi, en 1835, le Constitutionnel du 30 aout évoque des dégâts sur les barrières des trains

 « La fête de Batignolles Monceaux a été fréquentée cette année par un nombre considérable de curieux. M. le maire s’empresse d’en exprimer sa satisfaction ; mais, comme il est impossible à l’administration la plus diligente d’exercer une police individuelle sur plus de 30 000 personnes circulant et réunie sur un même point, plusieurs poteaux et piquets indicatifs de la ligne de chemin de fer, ont été ébranlé à côté de l’emplacement de la fête. M. le maire invite le public à bien vouloir s’abstenir de toucher à ces signes, notamment aux jalons principaux, qui sont pavoisés de flammes tricolores.

 

En 1839, c’est un cambriolage dans le presbytère qui est déploré, comme l’explique le Siècle du 15 août

« Dimanche dernier, jour de la fête des Batignolles, des voleurs se sont introduits, à l’aide d’escalade et nuitamment dans le jardin de M. le curé de cette commune. Ils ont pénétré dans un petit cabinet qui est au bout de son jardin et ont pris un poignard qui s’y trouvait ; ils ont coupé le cuir d’un grand fauteuil et en ont emporté le crin. En se retirant, ils ont fait main basse sur les lapins du portier. »

 

En 1844, c’est un curieux vol qui est signalé. Un domestique coupait avec des longs ciseaux les châles et les robes des dames qui venaient profiter des divertissements.

Le nommé Jean Félix X, âgé de vingt neuf ans, domestique de M. le marquis de L…. a été arrêté avant-hier sur le champ de foire de Batignolles, au moment où il coupait, à l’aide de longs ciseaux, les châles et les robes des dames qui affluaient à la fête de cette commune. On ne s’explique pas une pareille action, et l’inculpé n’a pu dire lui-même quel démon l’avait poussé à commettre pareil délit ».

 

L’année suivante, une véritable rixe de quartier se déroula devant les yeux ébahis des visiteurs. Le Siècle du 28 août 1845 publia alors :

 « Une querelle de compagnonnage étant survenu hier sur le champ de la foire de la commune des Batignolles entre des garçons maréchaux ferrants, appartenant à deux devoirs différents appelés l’un Les enfants de Salomon et l’autres les Gamins, une rixe violente a eu lieu. Par les soins de M. le commissaire de police des Batignolles, cinq des principaux acteurs de cette scène violente ont été arrêtés et envoyés au dépôt de la préfecture de police.

 

Sources bibliographiques :

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