La fondation du Collège de la Sorbonne

La fondation du Collège de la Sorbonne en 1256 : l’œuvre de Robert de Sorbon, chanoine et proche de Louis IX.

 

Avant le XIIIe siècle, l’éducation publique se cantonnait au cloître de Notre Dame de Paris à l’intérieur de la ville, mais aussi dans les abbayes de Saint Victor et Sainte Geneviève.

Toutefois, avec le développement de la ville, les écoliers venaient en nombre à Paris. La vieille école fut alors « débordée », comme le rapporte Alfred Franklin, notre guide de 1875 dans l’histoire du Collège de la Sorbonne.

Les maîtres particuliers des trois écoles historiques étaient alors très renommés. En outre, l’arrivée des ordres mendiants, les Jacobins et les Cordeliers, attiraient aussi les étudiants.

Ces étudiants, souvent turbulents, se massaient dans les rues de l’île de la Cité. Les propriétaires fonciers en profitaient pour louer des appartements à prix d’or. Le problème de leur logement devenait criant.

C’est ainsi qu’un chapelain de Louis IX, Robert de Sorbon, se lança dans l’installation d’une maison destinée à accueillir des étudiants.

Plusieurs motifs furent prêtés à ce prêtre pour son initiative. Tout d’abord, on expliqua qu’il avait voulu aider l’école du cloître de Notre Dame, face à la montée en puissance de la formation par le clergé régulier. Ensuite, il aurait voulu aider les étudiants pauvres qui rencontraient des difficultés pour atteindre le grade de lecteurs.

 

Qui était Robert de Sorbon ?

Né le 9 octobre 1201, Robert de Sorbon avait une origine alimentant de nombreux débats. Certaines dirent qu’il venait d’un petit village à côté de Sens. D’autres placent le village de Sorbon à proximité d’Arras.  Toutefois, Alfred Franklin reprend une hypothèse plus largement partagée : à côté de Rethel, dans le diocèse de Reims.

Chanoine de Cambrai, Robert de Sorbon est introduit auprès de Saint Louis par le comte d’Artois, frère du roi.

Afin de fonder son institution, le chanoine s’adressa au roi. Ce dernier, dans un acte de février 1256, lui concéda une maison et des écuries, situées dans la rue de Coupegueule, près des thermes romains.

Pour l’aider dans son aventure, Robert de Sorbon obtint l’appui de plusieurs notables  de la cour : Guillaume de Chartres, chapelain du roi, Robert de Douai, médecin de la reine, ainsi que les cardinaux Geoffroi de Bar et Guillaume de Brai.

 

L’agrandissement

Deux ans après la fondation du collège, Louis IX voulut donner deux maisons dont il disposait aux frères de la Sainte Croix. Robert de Sorbon proposa alors d’échanger ces maisons avec d’autres dont il était propriétaire rue de la Bretonnerie, dans le Marais.

Ainsi, le collège put absorber des maisons voisines et s’agrandir.

L’agrandissement se poursuivit quatre ans plus tard. Le roi donna alors plusieurs maisons, en échange de propriétaire de Robert de Sorbon cette fois rue Saint Jacques notamment.

 

La reconnaissance par l’Eglise

En 1259, le pape Alexandre IV déclara le collège de Robert de Sorbon utile à la religion et aux lettres. Aussi, il recommanda la générosité aux prélats, abbés et fidèles.

Ensuite, en avril 1268, Clément IV posa les rapports entre le collège et l’Eglise. Ainsi, Robert de Sorbon y est reconnu officiellement comme proviseur. Le pape demanda cependant que son successeur soit autorisé par l’archidiacre et le chancelier de l’Eglise de Paris mais aussi des doyens des facultés de droit, de médecine, du recteur de l’Université et des procureurs des quatre nations.

En parallèle, les agrandissements se poursuivaient avec le don de maisons.

 

La distinction avec le collège de Calvi

Robert de Sorbon acheta une grande propriété derrière, visant à accueillir une partie de l’école du cloître de Notre Dame. Cette partie devint plus tard le collège de Calvi puis du Plessis.

En effet, Sorbon destinait le collège de Calvi pour l’accueil des étudiants suivant les cours élémentaires. A la Sorbonne, il fallait être titulaire du grade de bachelier, soutenir une thèse et obtenir la majorité des suffrages dans trois scrutins.

 

L’organisation

A la Sorbonne, on distinguait deux catégories : les hospites ou les hôtes, et les associés ou les Socii.

Les hospites profitaient de tous les enseignements du collège. Toutefois, ils n’avaient aucun rôle dans son administration. Ainsi, ils pouvaient accéder à la bibliothèque, sans jamais en détenir la clef. Dés qu’ils étaient devenus docteur, ils devaient quitter les lieux.

Les socii avaient en charge la gestion des lieux. Quoi que soit leur grade, ils étaient tous égaux entre eux. Dés l’origine, ils étaient 36, avec chacun sa chambre.

L’établissement était dirigé par le proviseur. Ensuite, on désignait par les sociétaires un prieur qui intervenait pour une année. En outre, quatre seniores étaient choisis entre les sociétaires les plus âgés pour régler les affaires les plus difficiles. On comptait ensuite le procureur, le bibliothécaire, les professeurs…

 

Mort de Robert de Sorbon

En 1274, Robert de Sorbon meurt, après avoir guidé pendant vingt ans son institution. Il avait vu l’organisation de l’Université de Paris évoluer avec l’installation de la faculté de droit au clos Bruneau, celle des arts, rue du Fouarre. La Sorbonne quant à elle était devenue le chef lieu de la faculté de théologie.

 

En 1270, Robert de Sorbon avait désigné son institution comme l’héritier de tous ses biens en immeuble.

Pour prendre le relais, les sociétaires élurent Guillaume de Montmorency, chanoine de Notre Dame.

 

Sources bibliographiques :

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