Giorgio de Chirico à Paris

Giorgio de Chirico à Paris : 3 années intenses avant la grande Guerre, à enrichir une orthographe surréaliste

 

L’exposition du Musée de l’Orangerie « Giorgio de Chirico, la peinture métaphysique », du 16 septembre au 14 décembre 2020, nous donne l’occasion de découvrir [revenir sur] sur cet artiste, et notamment ses années parisiennes

 

Retour sur le début du parcours d’un peintre surréaliste

Né en 1888, Giorgio de Chirico était originaire de Grèce. Toutefois, il ne faut pas réduire ce peintre, comme nous le verrons à sa nationalité.

Déjà, son père, ingénieur construisant des voies de chemin de fer, avait vu le jour sur les rives du Bosphore, avant de se former à Florence.

A Athènes, au début du siècle, il apprend l’italien, le français et l’allemand. Cette formation polyglotte lui sera bien utile, par la suite, vivant en Allemagne, en France et en Italie… Mais à ce moment-là, son père le destine à une carrière dans le chemin de fer.

Seulement, voilà, en 1905, le père disparait. Sa femme décide alors de rejoindre Munich. En effet, elle y avait trouvé une formation pour son prodige, le frère de Giorgio, Alberto. Ce dernier, musicien virtuose est au centre des attentions. Qu’à cela ne tienne ! Giorgio peut s’inscrire à l’Académie des Beaux-Arts et s’éloigner du parcours d’ingénieur

En Bavière, l’héritage du philosophe Nietzsche le passionne et l’inspire. Sur cette base, il construit son univers, épris du romantisme allemand et loin du postimpressionnisme. A cette date, il réalise quelques tableaux inspirés de la mythologie.

Après Munich, la famille déménage, en 1910, pour Florence. Chirico y poursuit pendant quelques mois son parcours. Mais il quitte précipitamment l’Italie en 1911, souhaitant éviter de se retrouver au combat en Libye. Le déserteur rejoint alors Paris. C’est le début des aventures qui nous intéressent ici. Nous sommes alors dans la nuit du 14 juillet.

 

Différents lieux d’ateliers

Comme nous allons le voir, Chirico ne resta pas très longtemps dans la capitale. Mais, et c’est le moins qu’on puisse dire, il eût la bougeotte.

A Paris, il vécut tout d’abord en famille. Continuant sur sa voie du surréalisme, il se présente au Salon d’Automne de 1912, tout comme au Salon des Indépendants.

En 1913, quittant le cocon familial, il installe son atelier tout près de Saint Germain des Près, avant de rejoindre ensuite la rue Mazarine.

Ce dernier local lui sert également pour exposer ses œuvres, dans une exposition personnelle. Il recommence sur la même voie, ensuite dans un atelier, rue Notre Dame des Champs.

Enfin, il rejoint Montparnasse. L’Ecole de Paris y est naissante et c’est un lieu à la mode pour les artistes. Il pose ses pinceaux, rue Champagne Première.

En mai 1914, il se résout à quitter à Paris. L’armée italienne offre un répit pour les déserteurs et il compte bien en profiter. S’ouvre pour lui, ainsi que son frère, une nouvelle page à Florence.

 

Des rencontres clef pour Chirico

Paris, pour Chirico, ce fut des rencontres. Bien sûr, avec les peintres de Montparnasse, parmi lesquels il était reconnu. Mais à Paris, il fut suivi de très près par des personnages d’influence.

Ainsi, pour commencer, il croisa la voie de Guillaume Apollinaire. Ce dernier animait alors les Soirées du poète, ainsi qu’une revue mensuelle, les Soirées de Paris. Chirico rejoignit ce sérail, tout en ce liant avec Apollinaire.

L’homme de lettre n’était pas seulement poète mais aussi en quelque sorte critique d’art. A ce titre, il conseillait un galeriste parisien, à l’influence naissante, Paul Guillaume.

Le marchand d’art ne cessera plus de suivre, Chirico par la suite, même en étant dans des pays distincts. Paul Guillaume, ne manquera pas de rajouter dans ses collections des tableaux de notre peintre grec.

Chirico consacra également un tableau à Apollinaire, que nous reprenons en illustration du présent article. On raconta d’ailleurs que cette œuvre était prémonitoire, avec la mise en avant de sa tempe où le poète recevra une balle mortelle pendant la guerre.

 

L’enrichissement de l’orthographe du peintre

Drôle de mot pour une peinture : l’orthographe. Mais il s’applique bien à l’œuvre de Chirico. Dans cette approche surréaliste, Chirico mêle des images et motifs pour en donner un sens.

A Paris, Chirico poursuit l’enrichissement de son univers… pardon son orthographe. Là, c’était Rimbaud qui l’inspira. Il développa la juxtaposition des messages. Le Retour du poète ! Le plaisir du poète, le Chant d’amour… voici quelques titres des tableaux de cette période. On pouvait y voir des représentations de place, mais aussi souvent des trains à vapeur traversant la toile.

En 1914, il commença à représenter des mannequins, comme une vision absente de l’homme. Chirico renforcera ensuite, à Ferrare, cette approche, en privilégiant des œuvres de plus petite taille.

 

Sources bibliographiques :

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