L’île de la Cité sous l’eau lors de la crue de 1910

L’île de la Cité sous l’eau lors de la crue de 1910 : le fleuve envahit les rues et nombre de ses monuments.

 

Janvier 1910 ! Nombre de quartiers sont inondés ! La crue de 1910 fait alors ses ravages. Aux premières loges, l’île de la Cité se retrouve sous l’eau.

Pour nous rendre compte de la situation, nous vous proposons de parcourir la presse lors de ces jours terribles.

 

 

Les premières inondations dans les rues

Bien sûr, avec la montée de la Seine démarrant le 18 janvier, les caves furent en premières touchées par l’inondation. Mais la cote du fleuve ne cessait de grimper.

 

Ainsi, la Petite République annonce le 26 janvier : « La Cité envahie ».

 

Le journaliste poursuit : « La majeure partie des vieilles rues de la Cité, presque toutes en contre bas de la Seine au niveau actuel, sont depuis hier submergées. Rue des Ursins et rue des Chantres, il y a 1m50 d’eau. »

 

Il faut donc trouver une parade à la va-vite.  

« On établit à la hâte des passerelles, formées de madriers et de planches pour réunir les maisons entre elles et faciliter les allées et venues des habitants. Deux barques servent à transporter les habitants. »

 

Des dégâts qui progressent dans toute l’île

Le lendemain, ainsi que le Matin l’écrit, c’est tout l’île qui est touchée.

« A la préfecture, l’électricité fait  presque complètement défaut. Le gaz est faible. On utilise des lampes et des bougies. Boulevard du Palais, au coin du tribunal de commerce, une vespasienne s’enfonce à demi dans une excavation. Aux arches du pont d’Arcole, le bois flottant s’accumule. Armés de gaffes,  du haut de la balustrade, des hommes s’efforcent de dégager les cintres où les matériaux s’enchevêtrent. Dans la  Cité, au Palais de justice, tout est au pire. Le plancher du tribunal de simple police, celui du buffet étaient sous cinquante centimètres d’eau hier matin. La Sainte Chapelle est cernée. On a dû évacuer sur la Santé et Saint Lazare les éléments du Dépôt et de la Conciergerie. La salle des gardes est barrée par le flot.

A l’Hôtel Dieu, 2m.10 d’eau dans les caves. C’est à peine si l’on peut chauffer les salles par les moyens ordinaires : on fait des feux dans les cheminées. »

 

Les barques sont de plus en plus nombreuses !

« Mais, dans la Cité, on ne peut traverser que  sur des passerelles les rues des Chantres et des Ursins. Les écuries du Bazar de l’Hôtel de Ville sont atteintes. Un magasin déversait l’eau extraite de ses caves sur la voie publique. Les sous-sols de la rue Chanoinesse furent rempies. De part et d’autre de la Morgue les ponts sont assaillis par une continuelle projection des madriers qui y apportent les tourbillons particulièrement violents sur ce point. Et c’est au milieu de cette rumeur incessante que toute la nuit dernière la Morgue, uniquement  éclairée de bougies, a dressé sous la pluie et la neige sa lugubre silhouette ».

 

« Aucune barrière ne peut être opposée à l’irruption des eaux – on redoute les pires catastrophes dans les deux îles qui furent le berceau de Paris »

Voici le tableau noir dressé le 28 janvier par le Petit Parisien

 

Le lendemain, le Petit Parisien poursuit ses lugubres nouvelles

« L’eau a envahi la rue Saint Louis en l’île, par les caves de l’hôtel Lambert. « Un affaissement s’est produit, rue du cloître Notre Dame, du côté de l’église. Les deux rues sont barrées.

Même mesure a été prise en ce qui concerne le quai de l’Archevêché où une importante masse d’eau, pesant sur la chaussée menace de faire effondrer celle-ci, qui déjà s’incurve de façon très visible.

Dans les jardins de l’Archevêché et du Chapitre, dépendant de Notre Dame, l’inondation a également fait des progrès sensibles.»

 

Enfin, les premiers signes de décrue

Il fallut attendre le Petit Parisien du 30 janvier pour que la pression relâche un peu.

« Sur le quai de l’Archevêché, le sol défoncé a laissé échapper l’eau. La rue du Cloître Notre Dame, où un éboulement s’est produit, reste fermé aux voitures.

Les rues Chanoinesse, des chantres, Massillon et une partie du quai aux fleurs, entre le pont d’Arcole et la morgue forment encore des canaux.

Cependant, on commence à ré-apercevoir la clef de voûte du pont au double et du pont Saint Miche. »l

 

Sources bibliographiques :

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