La marche des prussiens vers Paris en septembre 1870

La marche des prussiens vers Paris en septembre 1870 : un sauve qui peut général et un repli vers la capitale

 

Voici une page particulièrement noire de notre histoire : la guerre de 1870 !

Lancée par Napoléon III autour de l’été 1870, habilement manœuvré par Bismark, cette guerre aboutit à une grande défaite à Sedan, le 1er septembre. A l’issue du combat, Napoléon III est arrêté par les prussiens.

Cette défaite du Second Empire se traduit rapidement par une reprise du pouvoir par des républicains à Paris. La Troisième République est proclamée à l’Hôtel de Ville, le 4 septembre.

Toutefois, le nouveau gouvernement ne souhaite pas reconnaître la défaite.

Commence alors un nouveau chapitre de cette guerre impitoyable, alors même que les prussiens avaient globalement atteint leurs objectifs : coaliser l’ensemble des états allemands autour de leur autorité et vaincre les français.

Ainsi, voulant battre fermement les français et les amener à signer un armistice, l’armée prussienne entame une nouvelle marche : direction Paris.

 

L’alerte du mouvement

A Paris, avec la République, un nouveau gouvernement de défense nationale est installé. Il est placé sous l’autorité du général Trochu, également gouverneur de Paris. C’est lui qui lance l’alerte dans les jours qui suivent la proclamation, constatant que les prussiens ne quittent pas le territoire, mais sont plutôt dans une démarche de poursuite d’invasion.

Aussi, très rapidement, dès le 6 septembre, on lance le début de l’organisation de la défense de Paris. En effet, c’est protégé par les murailles et les forts de la ville, que le nouveau gouvernement compte affronter l’assaillant.

Il fait rapatrier le plus rapidement possible les forces armées encore disponibles et lance la constitution de gardes nationaux, mobilisant les citoyens en capacité de se battre.

 

Un véritable assaut

Profitant des mouvements de troupes françaises vers la défense de la capitale, les prussiens avancent rapidement en venant de l’Est.

Pour cela, ils font arriver de nouvelles forces qui traversent l’Alsace, où le siège de Strasbourg se poursuit.

Des éclaireurs, les uhlans, présentés dans les journaux comme de véritables mercenaires, avancent avant la troupe, rentrant quelques fois au contact avec certains soldats, mais aussi reconnaissant le terrain.

Un véritable déferlement de soldats, comme s’il n’en arrêtait pas s’abat sur la France. Force est de constater que la Prusse était très bien organisée tant en nombre de soldats qu’en munitions.

 

Quelques grandes prises et des villes vite investies

Reims est rapidement occupée. En effet, le jour même de la proclamation de la République, alors que les troupes françaises avaient rejoint Soissons, Reims voit arriver des prussiens devant ses portes. Ces hussards négocient rapidement avec le maire la possibilité de rentrer pacifiquement dans la ville.

Un incident arrive rapidement, lorsqu’un habitant tire sur un soldat avançant dans une des rues. Cette situation fit montée la pression, avec des fortes menaces de représailles, tout en installant un régime dur de confiscation, notamment des munitions et de nourritures.

 

Après Reims, les troupes prussiennes avancent dans l’Aube, l’Aisne, avec toujours un même but : Paris.

C’est ainsi que les prussiens se présentent devant Laon et sa grande forteresse. Mais ici également, les soldats ne peuvent pas garder longtemps la place. Cette avancée est toutefois ponctuée par des actions individuelles françaises de la dernière chance, davantage sur l’honneur que véritablement agissant sur le cours des événements. En effet, au moment où les prussiens entraient dans la citadelle, une violente déflagration se produisit. C’était un des officiers restés à l’intérieur qui avaient fait sauter les restes de poudre.

 

Des destructions d’infrastructure

C’est le sauve qui peut. Pour tenter de freiner l’avancée des prussiens, les français cherchent à détruire des points de passage. Ainsi, de nombreux ponts sont alors détruits, avec pour objectif que les rivières redeviennent des obstacles pour les soldats.

Mais les français ne sont pas les seuls à détruire. De leur côté, les prussiens cherchent à détruire tous les moyens de communication vers l’Est. Leur enjeu est de limiter les contacts avec les villes assiégées et restant aux mains des français : Strasbourg, Metz…

Les voies ferrées sont également détruites progressivement par les prussiens, visant à limiter toute possibilité de transport de troupes et de marchandises.

Cette approche, ainsi que la grande vitesse de déplacement, leur donnent un avantage sur la compréhension de ce qui se passe. Ainsi, les journaux prussiens sont les mieux informés de ce qui se passe, permettant à l’assaillant d’orienter ses messages. Les français sont réduits à utiliser des dépêches de journaux étrangers, plus neutre, ainsi que les témoignages qui arrivent au compte-goutte. Les soldats français ayant réussi à s’échapper apportent des nouvelles. Il arriva également qu’on recouru à des gestes de derniers recours pour faire passer l’information : à Metz, le général Bazaine fit partir un ballon sans occupant, portant au vent son message, espérant de le voir tomber du bon côté.

En tout état de cause, le gouvernement de défense nationale installé à Paris, ne peut que compter comme information de l’avancée des prussiens par les télégrammes envoyés par les préfets des régions de l’Est de la France et qui ne sont pas encore envahie.

 

L’arrivée des prussiens devant Paris

Dès le 12 septembre, les prussiens sont à Provins. Après les éclaireurs, les troupes se renforcent et de vastes camps sont installés rapidement.

Deux jours plus tard, ils menacent Melun, ainsi que les alentours de la Marne. Ainsi, ils sont entre Créteil et Neuilly sur Marne, soit dans un territoire desservi aujourd’hui par le RER, le 15 septembre

Sur le côté Nord, ils occupent alors Soissons. On signale des éclaireurs à proximité de Saint Denis.

Le 16 septembre, une escarmouche a lieu à Maisons Alfort entre un détachement d’artillerie à pied et des soldats d’infanterie prussiens.

Des combats eurent lieu rapidement à Créteil, ainsi qu’à Ivry.

Dans les heures qui suivirent, il fut clair que les prussiens visaient Versailles comme point d’appui et ensuite entourer Paris en profitant des hauteurs (Saint Cloud, Meudon…) où ils pouvaient menacer la capitale de leurs machines de siège.

Le siège, le mot est lancé ! Il démarre alors.

 

Sources bibliographiques :

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