L’orage du 18 septembre 1909

L’orage du 18 septembre 1909, si violent que l’eau forma un large ravin dans le long de la rue Saint Lazare.

En ce mi septembre 1909, il fait encore chaud dans la capitale. L’ambiance est toutefois électrique comme souvent en période de chaleur à Paris.

Aussi, dans la nuit du 17 au 18 septembre 1909, un orage très fort s’est déroulé à Paris.

Un puissant orange qui secoue la nuit

Dans son édition du 19 septembre 1909, le journal le Soleil relate :

« Un orage d’une extrême violence s’est abattu la nuit dernière sur la région parisienne. Une pluie diluvienne tombait d’abord vers dix heures. L’orage, un moment apaisé, reprenait à deux heures du matin pour durer jusqu’à quatre heures du matin. La grêle est tombée en abondance et les grêlons étaient d’une grosseur tout à fait anormale. »

Aussi, comme on peut le voir ici, l’orage est tombé principalement au plus fort de la nuit. De ce fait, les restaurants et les bars de la ville étaient vides. Les parisiens étaient donc au fond de leur lit. Bien sûr, cela limita les victimes

La foudre frappe dans différents endroits de la capitale

Le Soleil écrit le 19 septembre : « La foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment sur l’immeuble du Figaro, rue Drouot. Au 13 de la rue Notre Dame de Lorette, elle a déterminé un commencement d’incendie qui provoqua quelque panique parmi les locataires. Les pompiers en eurent facilement raison. »

Le Petit Parisien continue :

« Rue Julien Lacroix, elle s’abattit sur une croix en fer forgé, dominant le temple protestant ; la croix descellée s’est abattue sous heureusement blesser personne.

Rue Jacob, une pierre pesant 30 kilo se détacha de la corniche de l’Hôpital de la Charité et vint s’émietter sur le trottoir. »

Des trombes d’eau qui dévalent les rues

Sous l’effet des fortes pluies, les rues deviennent le lieu de véritables torrents. Rien n’arrête les eaux ! Le Petit Parisien rapporte alors :

« Rue Buffon, où l’on creuse actuellement des puits pour la dérivation des égouts, les eaux envahirent les chantiers, détruisirent les travaux de terrassement et ouvrirent dans la chaussée une excavation de vingt cinq mètres de longueur sur trois de largeur et cinq de profondeur. »

Mais le cataclysme provoque surtout l’effondrement du sol rue Saint Lazare

Cependant, l’orage occasionna de plus grands dégâts encore. En effet, un trou béant se forme dans la rue Saint Lazare. S’étant rendu sur place un journaliste du Soleil écrit le 19 septembre :

« L’aspect de la rue Saint Lazare est lamentable dans la partie qui s’étend devant la cour de Rome et la cour du Havre.

Trois grands trous béants occupent une étendue de trente mètres de longueur sur douze mètres de largeur. Le trottoir gauche a disparu dans un gouffre de cinq mètres environ de profondeur. »

A côté de ce trou, un kiosque et une voiture manquent de tomber dans le ravin.

« Un kiosque qui penchait lamentablement sur les bords de l’abime a du être enlevés. Les rails du tramway de Saint Augustin sont restés suspendus en plusieurs endroits sur l’excavation. C’est grâce à ces rails qu’une auto qui passait au moment même de l’accident,  a du de ne point être engloutie. »

Pour comprendre ce qu’il s’est passé, le journaliste interrogea un ingénieur sur place :

« L’abondance de pluie a fait descendre les eaux venant de la place de Clichy par la Trinité jusque l’égout collecteur qui se trouve exactement au dessus de la nouvelle gare du métropolitain du Nord Sud. Le grand collecteur a cédé sous cette formidable poussée. Les eaux, après avoir tourbillonné, ont creusé une première excavation à droite de la chaussée et sont allées se répandre à gauche, causant ainsi l’affaissement que vous voyez.

Il va falloir maintenant pour remettre la voie en état, un bon mois de travaux. Tous les services, eaux, gaz, électricité devront repasser par ici ; car la force de l’eau non rien épargnée. Cependant, les chantiers du métro n’ont point trop souffert. »

Si un nouvel orage survenait, nous aurions à redouter par suite de la descente des eaux, de nouveaux effondrements plus graves.

Des dégâts importants en banlieue également :

Un orage peut bien sûr être très localisé. Toutefois, celui-ci fut très large.

Voici, quelques illustrations des dégâts constatés par le Petit Parisien en dehors de Paris :

 « Dans la région de Montreuil, les maraîchers et horticulteurs avaient fait, mais en vain fonctionner dans la soirée, leur canon paragrêle pour dissiper les nuages menaçant. En dépit de cette précaution, quelques énormes grêlons sont tombés et ont brisé bien des châssis et haché de nombreux plants.

La foudre est tombée à Bécon les Bruyères, près de la gare aux marchandises sans faire de victimes.

A Ivry, une petite maisonnette comprenant un rez-de-chaussée élevé sur une cave et située chantier du Moulin à vent s’est subitement écroulée au plus fort de l’orage. »

Sources bibliographiques :

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