Les passementiers et boutonniers

Les passementiers, une profession textile se battant pour la production à la main. Contre celle des machines!

 

Une production à l’origine réalisées par des petits métiers

Au Moyen Age, la production de passements, ces objets délicats de fils servant à décorer les vêtements et l’intérieur des maisons, était réalisé par 4 professions différentes : 

  • les laceurs, fabricants de lacets, rubans et cordons
  • les crépiniers, qui se chargeaient outre les crépines des coiffes, taies d’oreillers, rideaux, 
  • les dorelotiers, producteurs de tissus de soie et de rubans brodés
  • les tisserandes de soie.

Ces métiers attestés à cette période ne disposaient pas véritablement de statuts alors (en dehors des laceurs).

 

Les passementiers, communauté s’étant créé au XVIe avec la séparation des ouvriers d’or et de soie.

Au milieu du XVIe siècle, les ouvriers d’or et de soie se séparèrent :

  • ceux qui travaillent à la main, pour broder les étoffes, les glands, les galons, et les boutons
  • ceux qui tissent au métier pour réaliser des étoffes. 

Les premiers formeront les passementiers et les seconds les tissutiers rubanniers.

 

C’est le prévôt Martin de Bragelonne qui propose les statuts des passementiers en 1559

Ces statuts avaient deux enjeux principaux : 

  • Définir le monopôle des productions : les passements, crépines, ceintures, glands et cordons furent leur spécialités.
  • Appliquer les dispositions liées à l’utilisation de métaux précieux : interdiction d’utiliser du fil d’or ailleurs que sur de la soie, ne jamais mélanger l’or faux avec des imitations…

 

Pour cela, on décida alors des conditions suivantes : 

  • 5 ans d’apprentissage, avec enregistrement au Châtelet
  • 4 jurés, 
  • Avantage pour les fils de maître mais qui pouvait aussi être donné aux compagnons épousant une fille de maîtres.

Le métier devint juré en 1558.

La confrérie des passementiers était dédiée à Saint Louis et était installée dans une chapelle de Saint Martin des champs. Quatre maîtres la dirigeaient et étaient élus pour 2 ans.

 

Les passementiers, où la lutte pour la suprématie du fait main, qui au début gagne…

Sous Charles IX, on précisa l’utilisation des moules destinés à produire les boutons et des glands : on devait privilégier le cuir, le carton et le drap et y appliquer une grande quantité de fil d’or.

 

Cette période du XVIe siècle marque aussi la nécessité pour les passementiers de défendre leurs privilèges

  • ils durent lutter contre l’apparition de boutons en métal ou en os, venant les concurrencer
  • les tissutiers, aidés par les merciers, cherchèrent également à pouvoir produire des passements

A chaque fois, les passementiers furent confortés par les décisions de justice.

 

Avec les confirmations des statuts par Henri IV et Louis XIII, on précise davantage encore le mode de production des passements.

Ainsi, on décrit alors l’usage des aiguilles, des dés, des croches et du fuseau pour la production des passements. Il faut dire que ce métier était jaloux de son refus d’utiliser un métier et cherchait pour cela à marquer sa supériorité sur les tissutiers. 

 

La profession dut s’acquitter des taxes suivantes au début du XVIIIe siècle :

  • 4 000 livres pour l’union des offices de jurés 
  • 6 000 livres en 1745 pour celles des inspecteurs des jurés.

 

… et ensuite s’écrouler face aux boutons de métal d’une part et de l’industrie de la dentelle ensuite.

Le XVIIIe siècle est marqué par l’avènement de l’industrie de la dentelle. Aussi, leur production se spécialisa autour des boutons. Ils devinrent même les boutonniers, en perdant leur désignation de passementiers.

Ils cherchèrent alors à lutter en justice contre les orfèvres et les fondeurs qui proposaient des boutons de métal. Mais leur temps était passé et ne gagnèrent pas, malgré quelques tentatives des autorités.

Enfin, en 1784, ils retrouvèrent les tissutiers rubanniers qu’ils avaient quittés puis combattus depuis 200 ans.

 

Sources bibliographiques : 

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