La première édition de l’histoire du diocèse de Paris de Jean Lebeuf

La première édition de l’histoire du diocèse de Paris de Jean Lebeuf : 1er essai pour établir un récit large sur ce périmètre

 

Pour revenir sur cette première édition, nous proposons ici une synthèse de la présentation faite par Jean Lebeuf lui-même pour introduire cette œuvre.

 

L’ambition de Jean Lebeuf : Réaliser une histoire complète de la ville et du diocèse de Paris

 

Un souhait de proposer une histoire générale et la plus complète possible

Dans sa préface, Jean Lebeuf revient sur l’origine et l’ambition de son projet. Son idée s’appuya sur la curiosité que lui avait inspirée la lecture, 16 ans avant la publication du premier tome, de la description de certaines paroisses parisiennes faites par un avocat au Parlement. Ce dernier, qu’il ne cite pas, s’était attardé de notices sur certains villages du diocèse. Il voulut alors proposer une histoire générale.

En s’attardant sur le diocèse de Paris, il fit le pari que d’autres s’emparerait de l’exemple pour proposer des études similaires sur d’autres diocèses. Ainsi, il voulait lancer une étude complète pour la France.

 

Une histoire se voulant plus détaillée et ambitionnant l’exactitude

Il fit également le constat que les livres qui existaient ne donnaient pas suffisamment de détail. Il remis notamment en cause les Pouillés, les registres des bénéfices ecclésiastiques. Il reprochait au livre d’Adrien de Valois d’être trop concis, avec trop d’approximations. Par ailleurs, il expliqua que les titres des lieux des environs de Paris étaient restitués avec des fautes dans les histoires réalisées par Du Bois mais aussi Lobineau et Félibien.

Pour ce faire, il s’est plongé dans la topographie, visita toutes les paroisses de la campagne parisienne. Pour chacune d’entre elles, il voulut étudier leur situation et exposition, l’origine de leur nom, ainsi que la vie spirituelle du lieu : saint patron, jours de fête, présences de reliques…

 

Une histoire des églises de campagne en complément de celles de la ville

Ainsi, il parcourut avec beaucoup d’attention des textes anciens, datant du XIIe siècle. Egalement, il proposa de s’intéresser sur l’histoire des anciennes églises paroissiales sur tout le diocèse, ainsi que les démembrements effectués ensuite.

Il réalisa également des écrits sur les abbayes et couvents sur ces territoires, tout en oubliant pas les petites chapelles perdues dans les champs.

Sur ces terrains de campagne, il essaya de lister les différents seigneurs qui y régnaient. De ce fait, il identifiait les seigneurs locaux, tout en évoquant les chapitres, abbayes, prieurés, communautés religieuses et collèges qui pouvaient y avoir du bien.

 

Dans certains cas, il s’arrêta sur les histoires anciennes de châteaux, tout en voulant s’attarder un peu sur quelques grandes batailles. Les ressources naturelles l’intéressaient aussi : eaux minérales, fontaines pétrifiantes, carrières, souterrains…

 

Plusieurs sources intéressèrent Jean Lebeuf. Ainsi, il étudia les ressources de la Bibliothèque royale, mais aussi au sein des différents lieux.

 

Le découpage de son œuvre s’appuya sur la division ecclésiastique. Il justifia son choix en expliquant qu’elle était antérieure à la Prévôté et la Vicomté de Paris.

 

Les vertus des terres franciliennes

Pour finir sa préface, Jean Lebeuf, cita un écrivain « De recuperatione Terrae Sanctae » à destination d’Edouard III, qui avait des prétentions à la Couronne de France. Cet auteur conseilla son prince de « fixer leur résidence aux environs de Paris; de faire en sorte que leurs enfants y naissent et y soient nourris; parce que ces lieux, dit-il, sont sous une constellation plus heureuse que tous les autres. ». « 

« qu’on l’avoit vu jusqu’alors, que ceux qui y sont engendrez et nez sont d’une meilleure complexion que les hommes des autres pays ».

 

 

Les sources de Jean Lebeuf

Pour réaliser son histoire, Jean Lebeuf a étudié de nombreuses sources.

Tout d’abord, les cartulaires. Frappant de lire la longue litanie des cartulaires utilisée par Jean Lebeuf. Pour rappel, le cartulaire était le recueil des chartes successives d’un établissement religieux. Très précieux pour retracer l’histoire de cette institution, il permettait de trouver les actes de fondations mais aussi, les dons et autres actes.

Sur ce plan, Jean Lebeuf étudia les cartulaires de l’évêché mais également des grandes abbayes et des chapitres.

 

Il étudia également des nécrologies. Sur cette base, il put identifier les personnalités inhumées dans les différentes églises de Paris et de son diocèse.

 

Dans certains cas il étudia des histoires manuscrites mais aussi les registres.

 

Concernant les ouvrages historiques, Jean Lebeuf s’inspira des écrits de Duchêne, Mabillon, Labbé, le Cointe, du Bois… Il utilisa également les récits dans grandes chroniques, les histoires des grandes maisons, ainsi que les vies des principaux saints.

 

La structure de la première édition :

 

Volume Contenu
1er Concernant les églises de cette ville et de ses faubourgs, distribuées les unes selon l’antiquité de leur fondation et les autres dont elles ont dépendu ou dépendent encore : 1e partie
2e Concernant les églises de cette ville et de ses faubourgs, distribuées les unes selon l’antiquité de leur fondation et les autres dont elles ont dépendu ou dépendent encore : 2e partie ; accompagnée d’une description des rues de Paris
3e Banlieue ecclésiastique : Saint Denis et doyenné du Montmorency
4e Suite des paroisses du doyenné du Montmorency
5e Fin des paroisses du doyenné du Montmorency et début du doyenné de Chelles
6e Suite du doyenné de Chelles
7e Doyenné de Châteaufort
8e Suite du doyenné de Châteaufort
9e Suite du doyenné de Châteaufort
10e Doyenné de Montlhéry
11e Suite du doyenné de Montlhéry
12e Suite du doyenné de Montlhéry
13e Doyenné du vieux Corbeil
14e Doyenné de Lagny
15e Suite du doyenné de Lagny

 

Dans le premier volume, Jean Lebeuf reprend une carte d’une partie du diocèse de Paris, réalisé par Robert de Vaugondy.

 

Les limites de cette première édition :

Jean Lebeuf admit lui-même à la fin de son œuvre plusieurs limites. Il invita son exécuteur testamentaire, l’abbé Carlier de reprendre le flambeau en complétant et corrigeant ses erreurs.

 

Tout d’abord, la première limite de cette édition est l’absence de table analytique. De ce fait, difficile de se déplacer à l’intérieur. Cette situation se retrouve notamment dans l’existence de note sur une église ou une terre placée en commentaire dans une autre.

Enfin, il prit la peine également de répondre à quelques critiques qu’il avait reçues. En effet, il justifia son choix d’être parti de la structure du diocèse plutôt que des fiefs, villes et villages. Sur ce point, il indiqua que cette subdivision ne bougea que très peu au cours des temps, ce qui n’est pas le cas de l’autre approche.

Par ailleurs, il observa que dans de nombreux cas, les personnes interrogées sur le terrain pouvaient avoir des connaissances en fort décalage avec ce qu’il avait trouvé dans les textes.

 

Sources bibliographiques

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