Les armuriers et les haubergiers

Les armuriers et les haubergiers, ces petits métiers médiévaux qui réalisaient les protections des chevaliers, tout en subissant la concurrence de Lombardie et du Saint Empire.

 

Paris compta deux séries de métiers de l’armement : 

Il s’agit ici de revenir sur ces derniers. Une spécialité : produire des armes destinées à protéger le corps des soldats

 

La fabrication d’armes défensive, une spécialité médiévale

Bien sûr, ils connurent leur principal fait d’arme pendant le Moyen Age, où les combattants se recouvraient d’une véritable protection en fer. Ensuite, à la Renaissance, les armures devinrent progressivement des objets de luxe, avant d’être reléguées dans les musées.

 

Ainsi, on trouve les haubergiers dans le Livre des Métiers d’Etienne Boileau. Ces ouvriers fabriquaient les fameuses cottes de maille, appelées également hauberts (dont ils tiraient leur nom). Exemptés d’impôts et de guet, ils vivaient auprès des grands nobles. 

De leurs côtés, les heaumiers, qui réalisaient les casques, s’étaient séparés des fèvres, pour intégrer les armuriers. 

En 1292, Paris, comptait 22 armuriers et 4 haubergiers. 

 

Les armuriers, petit métier, face à la concurrence lombarde et allemande

En 1296, le prévôt de Paris, Jean de Saint Léonard, donna des statuts aux armuriers. Il insiste principalement sur la confection de ces armures et en particulier de leur doublure. Cottes, cuissards, gamboisons, bassinets, gantelets, collerettes… voici une petite liste des productions de cette communauté. A l’intérieur, ces armures étaient doublées en toile ou en coton, et bien fourrées. 

Quatre jurés contrôlaient le métier. 12 sols étaient exigées pour la maîtrise. 

 

En 1364, le prévôt de Paris, Jehan Bernier complète les règlements : la qualité de la doublure est renforcée et les armures luxueuses pour les tournois sont précisées. En effet, ces tournois étaient occasion pour parader. Aussi, les blasons devaient dans une bonne étoffe. 

Toutefois, au plus fort moment de la vie chevaleresque, Paris n’était qu’une petite place de fabrication d’armure. En effet, les chevaliers se fournissaient de pièces venues du Saint Empire ou de Lombardie. Aussi, un procès eut lieu en 1416 entre les armuriers et les marchands d’armures. En effet, les premiers cherchaient à protéger leur monopôle et les seconds indiquaient qu’ils n’étaient pas assez nombreux pour répondre à la demande.  La ville comptait alors 10 heaumiers et 8 armuriers. Aussi, les autorités rendirent une décision favorable aux marchands, les dispensant du contrôle par les jurés armuriers

 

Les armuriers eurent de nouveaux statuts en 1562. L’apprentissage fut fixé à 5 ans et les maîtres interdits de tenir deux ateliers. Quatre jurés contrôlaient la profession, en veillant particulièrement que le travail soit fait en privilégiant un compagnon parisien.

 

Les haubergiers, artisans de cottes de mailles

Les haubergiers disposèrent de statuts en 1407 et 1571. 

Le rôle de la cotte de mailles exigeant une production de qualité : seuls les maîtres pouvaient tourner et espacer les mailles.  Les meilleurs venaient de Lombardie. Toutefois, les haubergiers se plaignirent de la concurrence des marchands qui les commercialisaient sans savoir les réparer. Aussi, les jurés contrôlaient toutes les pièces et s’assuraient que les maîtres vendeurs indiquaient bien la nature de la cotte de maille vendue, en fer ou en acier.

Ces recommandations sont renouvelées en 1571, tout en relevant le nombre de jurés à 4 et installant l’apprentissage à 5 ans, complété par un compagnonnage de même durée. 

Avec l’arrivée de la Renaissance, les haubergiers ne disposent plus assez d’activité. Aussi, ils la complètent avec la fabrication de chaînes et perdent progressivement leur corporation.

 

La confrérie des armuriers était dédiée à Saint Georges et accueillait aussi les haubergiers bien qu’ils ne faisaient pas partie de la même communauté. Elle était installée à Saint Jacques de la Boucherie.

 

Les brigandiers, petit métier de la deuxième partie du XVe siècle

En 1452, apparaît une nouvelle spécialité : les brigandiniers. Ils se mirent à produire les brigandines, nouvelles armures, qui habillaient les milices de Charles VII et Louis XI.

Ils avaient leur confrérie propre, dédiée à Notre Dame et deux jurés. Chaque maître prêtait serment devant le grand écuyer.

 

Progressivement ces métiers disparurent, les derniers maîtres installés en haut de la rue Saint Denis, dans la rue de Heaumerie.

 

Sources bibliographiques :

Bonjour,

Quel plaisir de partager avec vous ces belles histoires de Paris !

Suivez nous avec notre Lettre mensuelle en remplissant les champs suivants ou sur notre page Facebook 

Vous pouvez retrouver les derniers numéros à partir de ce lien

 

Vous inscrire à la lettre d'Histoires de Paris

* champs obligatoires

J'ai lu et accepté la politique de confidentialité *
Idée de sortie
 
 


%d blogueurs aiment cette page :

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies, servant à mesurer l'audience de notre site, vous offrir des contenus personnalisés et des publicités adaptées. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer