Le Chocolat Perron

Le Chocolat Perron : chocolatier de la rue Vivienne au cœur de la promesse industrielle et de la consommation

 

Au 14 de la rue Vivienne, tout près du début du passage du même nom, un chocolatier était installé au début de la seconde moitié du XIXe siècle : le Chocolat Perron.

A cette période, comme nous l’avons remarqué à plusieurs reprises dans ce blog, dès que nous cherchons à établir des histoires de magasins, en démarrant par les nouveautés, les chocolatiers ne sont jamais loin. Les parisiens appréciaient les friandises et les publicités étaient nombreuses. Aussi, nous vous proposons de découvrir cette histoire d’un chocolatier de la rue Vivienne.

 

Les axes de publicité

Ainsi que vous avez pu le lire en introduction, le Chocolat Perron abreuvait les journaux de publicité. Plusieurs axes sont proposés et reviennent :

Le chocolat est un aliment sain : « C’est bien aujourd’hui qu’on peut dire avec les savants auteurs du Dictionnaire des sciences médicales : « Le cacao est très nourrissant, bien prépaie, Il fortifie l’estomac, ranime les esprits, contribue à réparer d’une manière très prompte lis forces abattues. C’est pourquoi il est d’une grande utilité à ceux qui se sont, épuisés par les excès, qui sont cri bon train de convalescence ou qui se livrent à des travaux ou à des exercices violes. » Vert Vert du 17 mai 1853

Le chocolat Perron est aussi bon marché : « Nous ajouterons : Grâces à la paix, à la science, ce qui coûtait 4 francs il y a trente ans, revient aujourd’hui, mieux fabriqué, à moins de 2 francs. C’est ainsi que nous avons pris des mesures pour que les chocolats Perron soient vendus, 14, rue Vivienne, et par toute la France, 2 francs et 3 francs le demi-kilo. » Vert Vert du 17 mai 1853

Tout en étant récompensé à l’international, au moment de l’Exposition universelle de Londres : « N. B. La France a seule obtenu des récompenses à l’Exposition universelle de Londres, pour la préparation du cacao. Le chocolat Perron a été honoré de la médaille de prix. » Vert Vert du 17 mai 1853

En conclusion, c’est le meilleur chocolat : « Le meilleur en qualité & le meilleur marché en prix. C’est un aliment précieux pour l’hygiène et vivement recommandé aux personnes faibles, à celles affectées de digestions pénibles, aux enfants et aux vieillards. — L’onctuosité de ce chocolat le distingue essentiellement des autres produits de même nature et explique la préférence qu’il obtient de toutes les personnes soigneuses de leur santé. » Vert Vert du 21 mai 1858

« Le meilleur chocolat est le chocolat Perron. » Le Figaro du 9 février 1860

 

Une enseigne appréciée

En tout état de cause, les Chocolats Perron connaissaient le succès, ou le revendiquaient. Les récompenses qu’ils avaient ne devaient pas être fortuites, leur capacité à poursuivre leur vaste communication devait être à mettre en relation avec des réussites commerciales.

« LES CHOCOLATINES qui viennent d’obtenir un éclatant succès de préférence pour les Bonbons d’Etrennes de cette année, ramèneront bien souvent nos femmes et nos enfants chez PERRON, cette maison bien-aimée du public. C’est avec plaisir que nous la recommandons de nouveau, car si ses chocolatines sont une friandise à la fois saine et délicate, dont l’usage charme sans nuire jamais, ses chocolats pour la tasse sont non moins précieux pour, l’usage quotidien. On sait que c’est encore chez PERRON qu’on trouve la chocolatière la plus convenable et la plus utile pour la bonne préparation du chocolat, et qu’elle y est donnée pour rien aux acheteurs de 6 kilos. Adresser les demandes RUE VIVIENNE, 14 » Le Figaro du 14 janvier 1855

 

Des prix à la baisse

En cette période, on voulait le meilleur et le moins cher. Finalement, en ce début du XXIe siècle où on revendique la lisibilité, la simplicité et la transparence des offres commerciales, on ne peut que comprendre cette réalité également revendiquée à la moitié du XIXe siècle. Avec les possibilités industrielles, les prix baissent et les qualités montent. Avec le Chocolat Perron, nous sommes dans ce produit alimentaire au cœur de la promesse de la révolution industrielle, encore à l’œuvre aujourd’hui.

« Par suite de la Baisse des cacaos, l’ancien prix de 2 fr. Le 1/2 kilo est rétabli pour le CHOCOLAT PERRON – Il sera ainsi le meilleur en qualité et le meilleur marché en prix. Dans le but de faciliter la comparaison du Chocolat Perron AVEC TOUS AUTRES, on recevra franco dans toute la France un paquet de 250 gr. en envoyant B timbres-poste à 20 c. L’acheteur pourra ainsi, en dehors de toute influence, apprécier, juger et adopter. Si son opinion ratifie la décision des jurys de TOUTES les grandes Expositions universelles, le Chocolat Perron aura sa préférence exclusive, et dans toutes les villes de France. Il le trouvera au même prix qu’à Paris, 14, rue Vivienne. » Journal des Villes et des Campagnes du 10 avril 1858

 

Des produits variés et déclinés à la folie

Signe de réussite commerciale, le Chocolat Perron innove en diversifiant sa gamme. Le bonheur de déguster du chocolat n’est plus suffisant. Il importe d’apporter aux clients des nouvelles saveurs : le thé est en bon exemple, tout en proposant d’autres formes de dégustations.

« Thé d’amateur mélange Perron

Composé des meilleurs Thés noirs et verts, il offre par leur réunion toutes les propriétés hygiéniques que l’on recherche dans l’usage du Thé : 8 fr. le demi-kilo.

Extrait concentré de vanille : Parfum augmenté, emploi facile, économie du prix. — Flacons de 1 fr. 50 c. à 5 francs. Délicates Friandises, composées de fruits et chocolat. Boites à 2 fr. 50 et 5 fr.

 

Dragées parisiennes variées de forme et de parfum, agréables et faciles à manger. — boites élégantes pour baptêmes, de 1 fr. 75 à 3 francs la boite.

Chocolatière nouvelle donnée gratis aux acheteurs du chocolat Perron. Pour un achat de 6 mil., une Chocolatière de deux tasses ; pour 12 mil., une de quatre tasses » Vert Vert du 21 mai 1858

 

Outre la diversification dans les bonbons, les emballages sont également précieux. Une belle boite de chocolat plait, notamment lorsqu’il s’agit de cadeau. Regarder la diversité de ces boites, comme déclinée à la folie.

« La Maison du Chocolat Perron, rue Vivienne, 14, à Paris offre à ses acheteurs un grand choix de Paniers, Coffrets, Boîtes à thé, Cabas en bois clair avec peinture artistique. Boites Japonaises longues et carrées, Malles anglaises en cuir, Ballots écossais avec courroies, objets de fantaisie les plus nouveaux et les plus distingués, marqués en chiffres connus, à très bon marché, mais elle ne fait pas de ses articles une spéculation, elle les tient pour être agréable à ses acheteurs dans le seul but d’augmenter la vente de ses chocolatines.

Elle garnit de Chocolatines, aux prix de vente, 5 francs le demi-kilo, les objets qui lui sont confiés. » Le Constitutionnel du 15 décembre 1868

 

Sources bibliographiques :

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