Les joutes de la rue Saint Antoine

Les joutes, moments forts de la vie chevaleresque, se tenaient dans la rue la plus large du Paris Médiéval  : rue Saint Antoine

Miniature tournoi joutes rue saint Antoine 1389
Miniature des joutes faites à Paris en août 1389 lors de l’entrée de la reine Isabelle de Bavière – Crédits : BNF

L’art de la joute

La joute permettait aux chevaliers de montrer leur aisance a cheval, pour l´honneur de dames qu’ils voulaient servir et éblouir.

Pour cela, le chevalier sélectionnait de très bons chevaux : de moyenne taille avec un poil beau et rare, de bons pieds avec un appui juste à la main, patients au partir et s’arrêtant sans difficulté

Ensuite, il veillait à avoir une lance dont la taille devait être proportionnel avec la sienne. Un grand chevalier ne pouvait pas avoir de petites lances…

Avant de partir, le chevalier devait faire attention à sa posture, bien ajuster les étrillers et les rênes et enfoncer son chapeau. Une fois en selle, il prenait sa lance de sorte a pouvoir la manier avec grâce et facilité. Puis, il la plaçait sur le plat de la cuisse droite en faisant attention que le coude ne soit pas trop pres du corps ou de la bride, la pointe  un peu penchée vers l’oreille gauche.

Une fois prêt, il se rendait vers le début de la carrière, relevait la lance un peu au dessus de la cuisse et faisait une volte en main droite pour faire demi tour.

tour, il s’élançait en faisant attention à la grâce de sa lance, sa descente progressive et la vigueur de l’arrêt. Bien évidemment, la taille de la carriere dépendait de la vitesse et la force du cheval.

Pendant la course, le corps devait rester droit avec les jambes fermes et sans qu’aucune grimace n’apparaisse sur le visage. 

Au cours de la course, le chevalier avait le choix avec plusieurs types de mouvement avec sa lance :

  • Lorsqu’il commençait à courir, le chevalier devait lever la lance avec vigueur en ne bougeant que le bras. Puis dés qu’une dizaine de pas avaient été réalisées, il commençait à la baisser en ramenant le poing proche de la cuirasse).
  • La lance est relevée lors du début de la course puis lorsque le chevalier ramenait son poing à la cuirasse, en maintenant la pointe vers le haut.
  • Au lieu de soulever la lance, le chevalier éloignait le tronçon sans toutefois bouger le poing et laisser retomber la pointe qui avait été mise à la verticale au préalable.
  • Pendant que le cheval faisait demi-tour, le chevalier laissait tomber son poing le long de sa cuisse, la pointe toujours penchée sur l’oreille gauche du cheval. Dés que la tête était dans l’axe de la carrière, le poing devait se déplacer en demi cercle sans que l’axe de la lance ne change.

 

Les combattants devaient partir ensemble pour se rencontrer au milieu de la carrière et cherchaient à viser l’épaule du côté gauche ou la tête.

Quand les chevaliers ne se combattaient pas en face à face, une figure d’homme était positionnée en lien et place de l’adversaire. Un écu était positionné dans la zone à viser.

Enfin, les chevaliers pouvaient s’affronter à l’épée en lieu et place de la lance.

 

Histoires de joutes qui se sont déroulées rue Saint Antoine

Les joutes étaient organisées à l’occasion de fêtes, comme par exemple lors d’entrées royales pour les rois (suite au sacre à Reims) mais aussi pour les reines de France.

Tournoi donné à Paris à l’entrée de la reine Marie d’Angleterre, seconde femme de Louis XII

Après la mort d’Anne de Bretagne, morte en janvier 1514, le roi Louis XII se remarie en octobre avec une fille du roi d’Angleterre : Marie. Pour célébrer l’entrée royale de la nouvelle reine dans Paris, des joutes furent organisées en novembre 1514.

Louis XII étant cinquantenaire, il avait confié l’organisation de ces joutes en son nom au duc de Valois et de Bretagne, futur François 1er. Tous les princes, nobles et gentilhomme du royaume furent conviés à participer aux  cinq emprises proposés. A chacune de ces emprises correspondait un écu : l’écu d’argent, écu d’or, écu noir, écu tanné, écu gris présentés sur les cinq piliers de l’arc triomphal aux armes du roi et de la reine.

Ce tournoi dura sept jours.

Sous les trompettes entrèrent pour participer le duc de Valois et de Bretagne, le duc d’Alençon, le duc de Bourbon, le duc de Guise de Lorraine, le comte de Saint Pol, l’infant d’Aragon… tous armés, portant sur leur armures drap d’or, de velours, d’argent, dont les écuyers portaient les lances.

Les cinq emprises furent organisées de la manière suivante :

  • Première : Toucher le premier l’écu d’argent en lice à cheval en harnais de guerre
  • Seconde : Toucher l’écu d’or avec une courte lance de fer
  • Troisième : Toucher l’écu noir à pied, à coup de lance et coup d’épée
  • Quatrième : Toucher l’écu tanné à pied à un jet de lance
  • Cinquième : Défendre un bastillon contre tout venant et chercher à toucher l’écu gris.

 

Tournoi donné à Paris à l’entrée du roi Henri II et de Catherine de Médicis

Après son avènement en mars 1547, Henri II entra solennellement en compagnie de son épouse, Catherine de Médicis en juin 1549.

A cet occasion, des joutes furent organisées :

  • Les tenants  : François de Lorraine, duc d’Aumale, les maréchaux de France ( Robert de la Mark, Jacques d’Albon) , le grand écuyer de France Claude Gouffier et Philippe de Marsilly.
  • Les assaillants : Le roi, le duc de Vendôme, et autres princes de sang, le fils du connétable Montmorency, les seigneurs de Creuecoeur, Canaples, le comte de Montgommery, les seigneurs de Sentopont, Pienne et de Rochefort.

 

Tournoi donné à Paris pour les mariages d’Elisabeth de France à Philippe II d’Espagne et Marguerite de France au duc de Savoie

En juin 1559, trois jours de tournoi sont organisés pour célébrer deux mariages princiers, suite à la signature du traité de Cateau Cambrésis mettant fin à la guerre avec l’Espagne.

Le roi de France, Henri II fait grande impression le premier jour. Toutefois, le second jour, malgré avoir été prié de se retirer le roi participe tout de même et lors d’une joute face à Montgommery, il est très gravement blessé à l’œil.

Du fait de la blessure du roi, les festivités sont achevées. Henri II mourut le 10 juillet, une dizaine de jour plus tard a l´hôtel des Tournelles

En savoir plus sur l’hôtel des Tournelles

 

Depuis lors, les tournois sont interdits en France.

Il est à noter que sous Philippe Auguste au XIIe siècle, il avait déjà été déconseillé à ce que les rois participent à ce genre de manifestation. En effet, en cas d’accident et de mort du roi, il y avait un risque à ce que le royaume passe sous la coupe d’un prince étranger. Toutefois, les successeurs de Philippe Auguste participèrent tout de même à ces manifestations

 

Visiter la rue Saint Antoine :

75004 Paris

M° Saint Paul (L1)

Bus : Lignes 69 ou 76 arrêt Birague

 

Sources bibliographiques :

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