Lazzari et les Variétés amusantes

Lazzari et les Variétés amusantes : une des plus grands Arlequins du Temple lors des années révolutionnaires.

Dans ses Enigmes des rues de Paris, Edouard Fournier revient sur l’histoire d’une salle du boulevard du Temple, située en face de la rue Charlot.

Elle fut le théâtre d’un des noms du boulevard pendant toutes les années révolutionnaires.

Ouverture d’une nouvelle salle un peu excentrée sur le boulevard du Temple

En 1774, le Boulevard du Temple est à la mode. Là, les parisiens viennent admirer les spectacles du moment. De fait, chaque jour, les lieux voyaient arriver un nouveau spectacle. Ainsi, un certain monsieur Tessier se fit construire à proximité de la rue Charlot une petite salle. Sur le boulevard, le théâtre était orné d’une façade affichant six colonnes cannelées, couronnées par un bas relief mettant en avant un amour sur un char.

A l’intérieur, on trouvait alors trois rangs de loges, décorées d’arabesques dorées sur un fond gris perle. Sur le plafond, les visiteurs admiraient Hercule filant aux pieds d’Omphale. Enfin, de chaque côté de l’avant scène, deux statues de plâtre représentaient la danse et la musique.

Bref ! Un lieu dédié à l’art lyrique. En effet, là, Tessier comptait donner une première scène à des étudiants qu’il destinait à l’Opéra. Ils furent nombreux. Ainsi, quatre vingt élèves s’y produisirent. La salle s’appelait le Théâtre des Élevés de l’Opéra.

Une salle maudite ?

Cependant, en 1780, Tessier n’était plus directeur de cette salle qu’il avait fondée. Un certain Parisot, avocat dans ses premières heures, puis acteur, en avait repris la gestion. Mais l’homme ne connut pas beaucoup de succès. Aussi, un ordre du roi lui demanda de fermer boutique, ne pouvant payer les entrepreneurs des décors et les comédiens.

Un industriel repris le lieu pour y tenir des Jeux Pyriques… Mais la salle vivota. En 1790, les Beaujolais, chassés du Palais royal s’y installèrent. Ils durent partir à leur tour…

Que de changements ! C’est enfin en 1792 que les Variétés amusantes de Lazzari s’y installèrent.

On racontait alors que la salle avait été maudite. Selon Favier, l’emplacement était trop éloigné et isolée, alors même que de magnifiques spectacles étaient donnés dans la belle partie du Boulevard du Temple.

Les grandes heures de Lazzari

Lazzari était un mime, dont les contemporains admiraient la légèreté et l’adresse. Ils le connaissaient d’ailleurs pour ses représentations d’Arlequin. On le voyait sur scène se produire, habillé de cinq ou six manières différentes dans la même pièce.

Pour plaire en ces temps révolutionnaires, Lazzari n’hésitait pas à exalter son public avec des sans cullotides, parmi ses représentations plus classiques avec les personnages de la comédie italienne. Il produisait aussi des spectacles écrits par un des auteurs à la mode du moment : Nicolaïe dit Clairville. Il réalisa aussi la pièce de Rousseau en 1794 A bas la calotte et les déprêtrisés et de Rézicourt Les vrais sans culottes.

Fin d’une belle aventure quand les temps changèrent

Jusqu’en 1796, Lazzari vivait plutôt bien. Toutefois, il donna cette année là, une grande Pantomine la Baleine avalée par Arlequin, pour laquelle il avait fait pas mal d’investissement. Le succès ne fut pas au rendez-vous. Les pièces révolutionnaires n’apportèrent pas leur lot d’entrée. Le temps avait alors changé. Lazzari ne perçut pas le changer.

Ensuite, il continuait ses grandes pertes, et donna la mort en 1798

La malédiction était donc vérifiée. La salle ne rouvrit pas et fut transformé en un café. Sur la façade, le nom des Variétés amusantes, ainsi que le nom du directeur resta

Une salle dit du petit Lazzari fut tenue un temps, profitant du grand nom de l’Arlequin, des temps révolutionnaire.

Mais en 1855, la salle fut fermée en 1855 et le nom disparut totalement.

Sources bibliographiques

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