La manufacture de porcelaine du Gros Caillou

La manufacture de porcelaine du Gros Caillou : petite fabrique, transformée plus tard en école d’application.

 

Le Gros Caillou vous connaissez ? Comme vous vous l’imaginer pour un article publiée sur ce blog, il ne s’agit pas d’une référence à la Nouvelle Calédonie, dont le surnom est le Caillou, même si nous sommes sensibles aux influences venues d’ailleurs.

En réalité, c’est un quartier de Paris, situé sur la rive gauche, le long de la Seine, entre la Tour Eiffel et les Invalides, entre les ponts de l’Alma et Alexandre III.

Au XVIIIe siècle, Paris continue son expansion et s’agrandit également sur cet axe. Sous le règne de Louis XV, une attention est portée non loin avec l’Ecole Militaire et l’aménagement du Champ de Mars.

Là, comme nous allons le voir, sans que nous puissions la placer précisément dans une rue, on exploita une manufacture de porcelaine à la veille de la Révolution.

 

Une petite manufacture mais avec peu de trace finalement.

Vous qui espérez une histoire longue, vous risquez d’être déçus. Les sources sont peu nombreuses, en tout cas pour le lecteur du Dictionnaire de l’aménagement et de la décoration d’Henry Havard que je suis.  En effet, selon notre auteur, la manufacture fut fondée en 1773. Deux fabricants l’exploitaient : MM. Advenir et Lamarre.

Havard remonte à leur trace grâce à la fameuse tentative de la manufacture royale de Sèvres de limiter la concurrence des fabricants parisiens. En effet, en cette période, plusieurs entrepreneurs se lancèrent dans la production de porcelaine, profitant des moyens des riches acheteurs de la Cour de France, tout en ayant une spécificité de production leur donnant des libertés par rapport aux privilèges.

Cependant, le directeur de Sèvres admonesta dans une missive en 1783 les fabricants qu’ils accusaient de concurrence son monopôle. La manufacture du Gros Caillou en faisait partie.

 

Une école d’application orientée sur la chimie

Dans les affiches de Strasbourg du 28 décembre 1872, nous avons trouvé un article bien intéressant :

« Les agents supérieurs des manufactures sont choisis parmi les élèves les plus distingues de l’Ecole polytechnique ; ils passent deux ans à l’Ecole d’application de la manufacture du Gros-Caillou à Paris, où ils font à la fois des études critiques et pratiques, où ils apprennent, sous la direction de professeurs chinent, à résoudre les plus difficiles problèmes de la chimie moderne et en même temps à fabriquer des cigares. Ce laboratoire du Gros-Caillou a été dirigé pendant quelque temps par Gay Lussac, le compagnon de voyage d’Alexandre de Humboldt, le collaborateur de Thénard et d’Arago. »

Dans le quartier du Gros Caillou, probablement sur les vestiges de notre manufacture, une école de chimie s’était lancée. Fabriquer de la porcelaine nécessite des bonnes connaissances dans l’usage de la terre, des cuissons, de son décor… la chimie est en bonne place.

Une histoire courte peut tout de même avoir des rebondissements !

 

Sources bibliographiques :

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