Les basses eaux de la Seine

Les basses eaux de la Seine : lorsque le fleuve atteint son niveau le plus bas et devient critique pour Paris

 

Le passage de la Seine fut bien sûr marquée par des grandes crues, qui marquèrent les esprits. Mais pendant longtemps, le phénomène inverse était aussi un problème. 

En effet, lorsque le tirant d’eau devenait plus faible, la navigation, pourtant essentielle pour la ville, devenait plus difficile. Le phénomène était particulièrement marqué dans le bras de la Monnaie, entre l’île de la Cité et la rive gauche. Cette raison poussa notamment à installer l’écluse de la Monnaie. 

 

Le point 0 du pont de la Tournelle

Pour surveiller le niveau du fleuve, on institua au XVIIIe siècle, une échelle au niveau du pont de la Tournelle. D’après l’ingénieur Egault au début du XIXe siècle, le niveau 0 de l’échelle fut placé à la hauteur des basses eaux de 1719. 

Au cours du XVIIIe siècle, la hauteur des eaux de la Seine flirta à plusieurs reprises au niveau du point 0 : 1741 (0,13m), 1742 (0,08m), 1743 (0,14m), 1755 (0,03m), 1765 (0,03m), 1766 (0,05m), 1767 (0,27m) et 1778 (0,08m). 

Ainsi, pendant ce siècle, la Seine connut 8 périodes de très basses eaux. 

 

Les basses eaux au XIXe siècle

Le XIXe siècle fut davantage marqué. On compta au pont de la Tournelle 12 épisodes de cette nature au cours de la première moitié du siècle. 

A partir de 1849, le suivi du niveau du fleuve est déplacé un peu plus en aval : au niveau de l’écluse de la Monnaie, située légèrement en avant du Pont Neuf. Le phénomène continue de s’accélérer avec 12 épisodes pour une durée de 26 ans. 

 

Les sécheresses

Aussi, ce siècle connut davantage de sécheresses, mais avec des périodes différentes. 

Entre 1800 et 1826, les périodes de sécheresse arrivent tous les trois ans environ. Ensuite, Entre 1827 et 1856, le phénomène de basses eaux se produit une fois tous les 10 ans. Enfin, entre 1857 et 1856, la Seine rejoignit tous les ans, le point 0.  

Cette situation aboutit à 288 jours pour la première période (1800 – 1826), 67 jours pour la seconde (1827 – 1856) et 896 jours pour la dernière (1857 – 1865). A noter qu’au cours du XVIIIe siècle, entre 1732 et 1799, on ne comptabilisa que 40 jours de sécheresse.

 

Un phénomène amplifié par les écluses d’amont

A Paris, le niveau des eaux est davantage légèrement amplifié lors des périodes de sécheresse par les rétentions d’eau en amont. En effet, à partir de 1832, le cours de l’Yonne croise davantage d’écluses.

Cette situation se poursuit à partir de 1858 avec les écluses situées en amont de Montereau Fault Yonne sur le parcours de la Seine. 

 

Les causes des sécheresses

Belgrand dans son étude sur la circulation de l’eau sur la Seine revient sur ce phénomène, expliquant que l’importance de la sécheresse ne dépend pas uniquement de la quantité d’eau de pluie. 

En effet, il relate que d’autres facteurs entrent également en ligne de compte

  • la présence d’une sécheresse auparavant
  • la saturation en eau d’un sol : un sol sec peut absorber entièrement une grande pluie,
  • la saison : en été, les pluies ne vont que très peu alimenter les rivières.

Ainsi, la répartition des pluies joue un rôle plus fort que sa quantité dans la survenance d’une sécheresse.

 

Sources bibliographiques

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