Les origines de la butte Saint Roch

Les origines de la butte Saint Roch : les dépôts successifs des débris des constructions des fortifications.

 

Difficile de s’imaginer que sur l’emplacement de l’avenue de l’Opéra et dans le quartier entre le marché Saint Honoré, il y avait un relief : on l’appela la butte Saint Roch. C’est lors des travaux d’Haussmann que le niveau fut abaissé, pour laisser place au quartier que nous connaissons actuellement.

Toutefois, quelles étaient les origines de cette butte ? Proposition de réponse avec Edouard Fournier, historien de Paris de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Un mystère résolu lors des travaux d’Haussmann

Quelles étaient les origines de la butte Saint Roch ? Déjà dans son Paris Démoli publié beaucoup plus tôt, Edouard Fournier avait proposé plusieurs sources possibles pour l’édification de cette butte. Un tumulus gaulois ? L’accumulation de boues ? Qui croire ?

Puisque les ouvriers étaient sur place pour terrasser le quartier, autant en profiter pour analyser plus en détail les compositions de la butte, en allant jusqu’au tuf.

Les études firent rapidement ressortir le caractère artificiel de cette butte. En effet, on y avait trouvé une grande quantité de terres, de gravois et d’immondices. Ils étaient étalés horizontalement ainsi que le décrit Fournier.

Dans la terre, on retrouva nombre d’objets : monnaie, ustensiles…

 

A la base, un effet des crues de la Seine

Avant la formation de Paris, cette grande partie de la rive droite était un véritable marécage. Ainsi, il arrivait que lors de grands mouvements de la Seine, des alluvions étaient apportés dans la zone et s’y accumulaient.

Cependant, depuis les romains et sous les mérovingiens, il y avait déjà une route qui passait à proximité de ce premier monticule. C’était la route menant à Argenteuil et à l’ouest de Paris.

 

La proximité des nouvelles fortifications

Puis au temps de Philippe Auguste, on commença à construire un premier château fort : c’est le Louvre. En réalité, cet espace avait déjà été utilisé comme camp fortifié au préalable. Cependant, il fallait bien mettre quelque part les terres déplacées pour les fossés.

Ce même roi fit agrandir également le mur d’enceinte de la ville, repoussant les limites de Paris non loin. Ainsi, à proximité de la butte, se dressa alors la porte Saint Honoré. Pour protéger la ville, on creusa un large fossé.

Le monticule fut une nouvelle fois utilisé lors du XIVe siècle lorsqu’en pleine guerre de 100 ans, pour accueillir les remblais de maisons détruites pour renforcer le mur d’enceinte. C’était Etienne Marcel qui était à la manœuvre. Prévôt des marchands, il voulut profiter de l’incarcération de Jean II et protéger le Louvre. Opposé au régent, le dauphin Charles, il souhaitait limiter la possibilité de se dernier de s’appuyer sur la forteresse royale.

 

A noter que ce n’était pas qu’un seul monticule homogène qui se forma, mais deux. La première vers le sud était la plus grande.

 

Sources bibliographiques :

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