La pompe de la Samaritaine

La pompe de la Samaritaine, un machine édifiée sur le pont neuf pour apporter de l’eau de la Seine au Louvre.

La pompe de la Samaritaine
Vue de la Samaritaine sur le pont Neuf en 1750

Une pompe pour prélever de l’eau de la Seine pour alimenter les résidences royales.

Sous Henri IV, l’approvisionnement de l’eau dans Paris fut revu. En effet, les aqueduc du Pré-Saint-Gervais et de Belleville ne permettait pas d’apporter de l’eau à toutes les fontaines de la ville, en raison d’une part de leur vétusté mais surtout aux prélèvements réalisés par les communautés religieuses et les hôtels des puissants. La solution utilisée précédemment de réduire le nombre de fontaines avait atteint ses limites…

Le flamand Jean Lintlaër proposa qu’on construise un pompe pour prélever de l’eau de la Seine pour alimenter le Louvre et le Palais des Tuileries. L’endroit retenu fut la seconde arche du Pont Neuf du côté de la rive droite.

Malgré l’autorisation par Henri IV, le prévôt des marchands s’opposa à ce projet en 1603 : il craignait que cette pompe, bouchant une arche du pont, gène la navigation sur la Seine. Aussitôt, le roi s’adressa à son ministre Sully selon les termes suivants : « sur ce que j’ai entendu que le prévôt des marchands et eschevins de ma bonne ville de Paris font quelque résistance à Lintlaër, Flamand, de poser le moulin servant à son artifice: sur ce qu’ils prétendent que cela empêcheroit la navigation, je vous prie les envoyer quérir et leur parler de ma part, leur remontrant en cela ce qui est de mes droits; car, à ce que j’entends, ils les veulent usurper, attendu que ledit pont est fait de mes deniers et non des leurs« 

La construction arriva à son terme en 1608.

L’eau de la Seine put alors alimenté les bassins, jets et fontaines des jardins des Tuileries.

Une pompe ornée avec des figures représentant le Christ et la Samaritaine

La façade du côté du Pont neuf fut ornée d’une décoration qui donna à l’ensemble son nom : on pouvait y admirer un groupe de statues en bronze doré, représentant Jésus Christ et la Samaritaine devant le puis de Jacob. Entre les deux, on pouvait voir une nappe d’eau dorée dans une coquille au sein d’un bassin doré.

L’inscription  » FONS HORTORUM PUTEUS AQUARUM VIVENTIUM » surplombait la scène.

A chaque heure, un carillon sonnait a proximité d’un cadran et d’une horloge.

Le fonctionnement de la pompe

Bâtiment royal, la pompe de la Samaritaine était confiée à un gouverneur qui pouvait vivre dans les appartements en hauteur.

Il avait pour charge de s’assurer du bon fonctionnement de la machine.

Le mécanisme reposait sur le dispositif suivant : la rivière faisait tourner une roue qui ainsi apportait la force à la pompe pour faire remonter de l’eau dans le réservoir situé au dessus.

Le bâtiment était situé en aval du pont. En effet, le passage rétréci par les piles fait gonfler la rivière et lui donne plus de force. En outre, un coffre de charpente avait été établi pour rétrécir le passage de l’eau. Le courant était ménagée grâce à une vanne actionnable par un cric. Egalement, la roue pouvait être montée ou descendue suivant le niveau de la rivière.

Quatre corps de pompes étaient entièrement immergés dans l’eau.

Lorsque la Seine avait un débit dans sa moyenne, la roue pouvait tourner au rythme de 28 tours en 10 minutes : ainsi la pompe pouvait générer une force de de 72 pieds de hauteur (soit un peu plus de 20 mètres) et une vitesse de l’eau qui remontait de 5 cm par seconde.

 

Plusieurs restaurations au XVIIIe siècle et une destruction en 1813.

 Le carillon et un jaquemart qui accompagnait l’horloge et sonnait les heures s’endommagèrent vite et n’existaient déjà plus sous Louis XIV.

La pompe fut renouvelée en 1715 et la bâtiment reconstruit en 1772.

Toutefois, à nouveau en très mauvais état, elle fut détruite en 1813.

La destruction de cette pompe ne fut pas sans tristesse. On peut noter par exemple le drame rédigé par M. Cadot « Destruction du palais de la Samaritaine et son apothéose. Mélodrame hydraulique, mythologique, séraphique et lyrique en un acte et en vers libre ».

Après que la Samaritaine chantait pour l’amusement des passants et entourées des fontaines de la ville et sous le regard bienveillant du Pont Neuf, de la Seine, elle apprend que le Palais a souhaité la détruire. Le nouveau canal de l’Ourq est accusé mais c’est le Louvre qui appuie cette demande.

Sources bibliographiques :

  • Histoire de Paris et de ses monuments, par Dulaure. Nouvelle édition, refondue et complétée jusqu’à nos jours, par L. Batissier 1846
  • Architecture hydraulique, ou L’art de conduire, d’élever et de ménager les eaux pour les différens besoins de la vie. Tome 2  par M. Belidor 1782-1790
  • Destruction du palais de la Samaritaine, et son apothéose : mélodrame hydraulique, mythologique, séraphique et lyrique, en 1 acte et en vers libres, mêlé de danses et de vaudevilles, par M. Cadot

Crédits image : BNF – Gallica

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