Rebaptiser les ponts

Rebaptiser les ponts, une habitude historiquement ancré à Paris… mais, qui change de nature, avec le temps.

 

A plusieurs reprises, on renomma les noms des ponts parisiens. Plusieurs raisons purent amener à cette situation et rebaptiser les ponts.

 

Plusieurs « grands ponts »

Paris compta deux grands ponts. Toujours situés entre l’île de la Cité et la rive droite, le grand pont impliquait être au cœur de l’axe de communication Nord Sud de Paris.

Le premier grand pont, dans l’axe du cardo maximus de la ville romaine correspond aujourd’hui au pont Notre Dame. Il fut ensuite délogé par le second grand pont. Cet axe créé par la suite, fut au Haut Moyen Age protégé par le Grand Châtelet. Il deviendra le pont au Change.

En tout état de cause, cette dénomination de grand pont ne survécut pas au Moyen Age.

 

Le pont entre l’île de la Cite et l’île Saint Louis

Il semble anecdotique ce petit pont. Et pourtant, six versions se succédèrent entre le début du XVIIe siècle et le XXe siècle. Aujourd’hui pont Saint Louis, en lien avec le nom de l’île qu’il dessert, il fut aussi baptisé pont de la Cité au début du XIXe siècle.

On lui avait donné à ses origines le nom de Saint Landry, en référence à une église de l’île de la Cité, située à proximité.

 

L’effacement progressif de certains vestiges du Second Empire.

La IIIe République s’est construite à ses débuts en réaction et en repoussoir du Second Empire. Trop autoritaire ! Trop peu social ! C’est par ces termes qu’elle le délégitimait.

Comme Napoléon III avait fait construire de nombreux ponts, il n’est pas surprenant que la République revisita leurs noms. D’abord, elle rebaptisa le pont Napoléon III en pont National.

Ensuite, au fil de ses reconstructions, le pont de Solferino, victoire essentielle de Napoléon III en Italie fut lui aussi rebaptisé. On lui préféra dans les années 1990 celui de l’homme de l’indépendance du Sénégal et académicien : Léopold Sédar Senghor.

 

La mise en avant des victoires militaires de la Seconde Guerre Mondiale

Après la guerre, les autorités voulurent mettre en avant les faits d’armes français : Garigliano, Bir Hakeim. L’enjeu est de taille : affirmer la France parmi les vainqueurs.

Aussi, on choisit de rebaptiser des ponts qui portaient les noms des quartiers qu’ils desservaient : Auteuil, Passy.

 

Rebaptiser les ponts au XXIe siècle

Le début du XXIe siècle s’affiche comme soucieux de sauvegarder son patrimoine… tout en essayant d’apporter des marques de son temps.

Aussi, au nom du petit pont, on rajouta au début des années 2010, celui du cardinal André Lustiger. Toutefois, le nouveau nom ne remplace pas l’ancien. On le lui accole : petit pont cardinal André Lustiger.

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