Les fêtes de la Raison

Les fêtes de la Raison furent les rites installés dans les églises après le renversement du culte catholique.

 

A la Révolution, la religion catholique est rejetée. A cette époque, les biens de l’Eglise sont confisqués et pour beaucoup vendus et détruits.

Cependant, l’arrêt du culte ne signifie pas autour la cessation de toute fête mystique. La fête de l’Etre suprême souhaitée par Robespierre en pleine Terreur le démontre bien.

Dans cet esprit, de nombreuses fêtes de la Raison se déroulèrent à Paris, lors de la pleine puissance des Jacobins. Découvrons-les grâce aux écrits de Louis Sébastien Mercier dans le Nouveau Paris !

 

Le choix de la Raison

Aussi la divinité choisie était la Raison. Pour l’incarner, on choisissait une fille parmi les sans culottes. Elle était montée au dessus du maître autel des églises qui restaient debout.

Tout autour, des canonniers l’accompagnaient, sans quitter leurs pipes.

L’ambiance était très forte avec de nombreux cris venant de toute l’assistance, mais aussi des tambours.

Devant l’autel, des danseurs, souvent en grande partie dévêtus, bougeaient dans de nombreuses directions.

 

Parmi les femmes choisies pour représenter la Raison, les parisiens retinrent souvent la femme du libraire Momoro, orateur du club des Cordeliers, mais aussi la chanteuse Maillard, l’actrice Candeille.

 

Le décor des églises revu

Les chapelles collatérales du chœur étaient masquées avec de grandes tapisseries. Souvent des participants aux fêtes de la Raison se cachaient derrière en laissant passer de nombreux bruits.

 

A Saint Eustache, les fêtes de la Raison ressemblait à un grand cabaret. Ainsi, on avait décoré le chœur avec un paysage de chaumières et de bouquets d’arbres. Au loin, des bosquets mystérieux se dévoilaient.

Au centre du chœur, des tables étaient dressées, « surchargées de bouteilles, de saucissons, d’andouilles, de pâtés et d’autres viandes. »

Dans ce contexte, les fêtes de la Raison attiraient des grandes foules de parisiens. Tous les âges étaient représentés.

 

A Saint Gervais, l’ambiance était un peu différente. Ici, point de banquet. Mais le marché des alentours était entré dans l’église. « Toute l’église sentait le hareng » comme le décrit Mercier. En outre, « des marchands de tisanes tintaient leurs gobelets pour apaiser la soif du mets salé ». « Il avait des bals de la Vierge. »

Souvent les « prêtres et prêtresses de la Raison » revenaient du « spectacle des échafauds ». C’était sur des chars qu’ils avançaient dans les rues.

 

Les mascarades de Marat

Pour distinguer le révolutionnaire Marat, on « lui érigea des temples, des mausolées et des arcs de triomphe ». Ainsi, au Carrousel, « on bâtit à sa gloire une espèce de pyramide dans l’intérieur de laquelle on plaça son buste, sa baignoire, son cornet et sa lampe de cuisine. »

 

Sources bibliographiques :

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