La fin du collège Harcourt

La fin du collège Harcourt emporté par la Révolution et le choix de l’Etat de prendre en charge l’instruction

 

Les derniers proviseurs et le faste d’une grande institution plus que centenaire

En 1762, un nouveau proviseur est élu par les boursiers. Il s’agit de Nicolas Louvel, qui resta jusqu’en 1780. L’année de son inauguration fut faste pour le collège d’Harcourt. En effet, trois étudiants reçurent des prix du concours général.

Ce proviseur connut toutefois la nécessité de lutter contre les tentatives du Parlement de rentrer dans le fonctionnement de l’Université. En effet, la juridiction décida d’installer un concours d’agrégation pour les chaires de professeur de l’Université. Louvel fut alors un des chefs qui se battit le plus contre cette mesure. Cependant, il dut se résigner à plier devant le roi.

Alors, le concours d’agrégation désigna 60 agrégés répartis en trois classes : la philosophie, les belles lettres et la grammaire. Le juré était lui composé de professeurs émérites, de principaux de collèges et les professeurs en exercice.  Pour pouvoir être candidat, il fallait avoir 22 ans et disposer d’une maîtrise en art.  Les épreuves  se tenaient en avril et en octobre.

A noter toutefois que l’Université restait encore bien autonome

Sous la direction de Louvel, le collège d’Harcourt accueillit comme pensionnaire Talleyrand. Il y arriva en 1762 à l’âge de 8 ans. Cependant, ces années ne furent pas une grande réussite et ne compta pas parmi les lauréats de lieux.

 

Pierre Duval succéda à Louvel en 1780. Il y resta jusqu’en 1791.

Cette période d’activité du collège était encore marquée par le faste. Ainsi, les bourses étaient nombreuses. L’institution donnait, à ses pensionnaires, pain, bois, chandelle et services en abondance. Il y avait alors 52 bourses. Bien sûr, avec le faste, vient les revendications des pensionnaires.

Entre 1791 et 1793, le collège est dirigé par Daireaux. Ce proviseur vécut les dernières heures de l’institution. Sous les premières années de la Révolution, l’Université fonctionna tout de même. Elle continuait à organiser le concours général.

 

La fermeture, prise par le mouvement révolutionnaire : vers une éducation d’Etat

C’est en effet, sur décision de Robespierre que le collège ferma. La Convention nationale avait proclamée en juillet 1793 la liberté de l’enseignement. Les chaires de la Sorbonne furent supprimées. Les biens des collèges furent mis en vent.

Avant la décision de Robespierre, un premier projet fut porté par Talleyrand en septembre 1791. Il proposa de confier l’instruction à l’Etat, en distinguant les écoles primaires, celles de district et les écoles spéciales. En 1792, Condorcet proposa 5 degrés d’instruction. Enfin, Michel Lepelletier prépara le plan mis en œuvre par Robespierre en l’ouvrant à tous les enfants de 5 à 12 ans.

 

Les bâtiments servirent ensuite de prison,  puis de caserne. Peu après 1796 il servit de lieu de réunion pour l’Académie de législation. Il faudra attendre 1812 et le décret de Napoléon pour que le lieu revienne de nouveau à l’enseignement.  Le Lycée Saint Louis nait alors.

 

Sources bibliographiques :

 

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