Le fossé des ours du Jardin des plantes sous l’eau

Le fossé des ours du Jardin des plantes sous l’eau : quand la crue de 1910 inonde le célèbre parc zoologique.

Nous sommes en janvier 1910. Une date bien connue des parisiens ! Elle renvoie à la crue centennale, celle de référence.

Située près quai Saint Bernard et du pont d’Austerlitz, la ménagerie du Jardin des plantes n’est pas loin de la Seine. Aussi, cette position devint un véritable problème dans certains enclos du parc zoologique.

De l’eau au fond de la fosse aux ours !

Dans son édition du 23 janvier, le Figaro fait part d’une nouvelle intrigante :

« L’émotion règne au Jardin des plantes. La fosse aux ours – les trois ours blancs du Groenland, les trois ours noirs d’Europe, l’ours du Tonkin, est inondée. Les animaux ont de l’eau jusqu’au ventre. Ils montent sur leurs échelles et cherchent à s’échapper. On va prendre des mesures pour les sauver. Leur mort serait une grosse perte matérielle. L’ours du Tonkin, surtout, est une espèce rare et coûteuse. »

Aussi, rapidement, la foule arrive vite, voir ce qui se passe. Elle observe alors un spectacle étonnant où les fameux ours évoluent plus ou moins gaiement. Reportage du Petit Journal du 23 janvier :

« Une nappe d’eau de dix centimètres couvre le sol de la fosse aux ours blancs. Ces pauvres bêtes, qui pas plus que Cook n’ont vu le Pôle Nord, s’accommodent très bien de ce genre de choses et barbotent à qui mieux mieux dans cette eau jaunâtre.

Martin, l’ours brun, qui a aussi les pattes dans l’eau envisage la situation avec moins de gaieté. »

L’eau venue du sol

A cette date, la Seine est encore au début de sa crue. Même si le niveau de l’eau monte très vite, elle ne coule encore en furie dans l’espace délimité par les quais.

Aussi, les ravages ne proviennent pas de la surface. Mais les infiltrations gagnent comme le signale le Petit Journal :

« Au Jardin des Plantes, les infiltrations ont inondé le sous-sol où est aménagé le calorifère de la ménagerie des reptiles du Muséum.

Bien entendu l’eau n’a pas atteint les cages où sont enfermés les pythons et autres ophidiens. »

Les secours

Les jours passent… et la Seine continue de monter. Toutefois, rien ne change pour les ours dans leur fosse… si ce n’est la hauteur d’eau de leur bain forcé.

Il fallut en effet attendre encore un peu pour le Radical puisse  écrire le 25 janvier 1910 :

« Au Jardin des Plantes, les infiltrations ont inondé à nouveau la fosse aux ours et l’administration a dû faire enlever les pauvres bêtes qui risquaient fort d’être noyées. »

La situation devenait de plus critique dans le quartier :  

« Quai de la Tournelle, à la hauteur de la rue de Bièvre, l’eau filtrait, vers cinq heures du soir entre les pavés de la chaussée. »

La Petite république du 26 janvier décrit le sauvetage :

« Des cages furent descendues dans les fosses successivement, et on obligea les ours à pénétrer dans ces cages qui furent ensuite hissées par-dessus les grilles et déposées dans la ménagerie.

Seuls les ours blancs sont restés dans leur fosse. On leur construit des radeaux sur lesquels ils attendront la fin de la crue. »

Sources bibliographiques :

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