Les plans de Paris de Nicolas de Fer

Les plans de Paris de Nicolas de Fer au XVIIe siècle représentent l’évolution de la cité de César à Louis XIV

 

En dehors de sa grande histoire sur la police parisienne, le Traité de la Police de Nicolas Delamare contient un autre trésor : les plans de Paris de Nicolas de Fer. 

Avec le regard du Blog de Paris Libris, mais aussi, en reprenant différents travaux, découvrons les plans de Paris de Nicolas de Fer ! Ils retracent une histoire de la ville de Paris telle qu’elle circulait au grand siècle. 

 

Nicolas de Fer, géographe du roi Louis XIV

Né en 1647, Nicolas de Fer était le fils d’un marchand d’estampes et de cartes parisien, Antoine de Fer. A partir de 12 ans, il commence son apprentissage en tant que graveur. 

C’est à partir de 1687, qu’il reprend le commerce familial. 

Ce faisant, Nicolas de Fer réalise de nombreux atlas. Le royaume de France est au fait de sa puissance, avec de nombreuses conquêtes. Aussi, Louis XIV fait réaliser des cartes de son royaume et de ses territoires. Dans ce domaine, Nicolas de Fer y prend un rôle essentiel. 

On connaît plus de 600 cartes et plans réalisés par Nicolas de Fer. Tous les territoires l’intéressent : du plus proche que Paris, au plus lointain comme l’Amérique et les Antilles.

 

La publication des plans de Paris dans le Traité de Police de Nicolas Delamare

1707 marque pour Nicolas Delamare une première date clef pour la réalisation de son grand traité de police. En effet, ces travaux démarrés en 1667 font l’objet cette année-là d’une première publication. 

Dés ce premier tome, des plans de Paris sont intégrés dans l’ouvrage : les plans de Paris de Nicolas de Fer. Il s’agit alors, avec 8 planches de montrer l’évolution de Paris au cours de son histoire. C’est aussi pour nous l’occasion de découvrir les contours historiques qu’on mettait alors en avant, au moment où le règne de Louis XIV touchait à sa fin. 

 

Les 8 plans de Paris de Nicolas de Fer

NB : Dans ces représentations, ce sont davantage les connaissances et les affirmation en cours au début du XVIIIe siècle, qui sont mis en avant dans ces cartes. Aussi, l’enjeu de cette présentation est de revenir sur celles-ci, plus que sur les contours de la ville au cour de son histoire tels que nous les connaissons aujourd’hui.

 

Lutèce ou le premier plan de la ville de Paris

Dans cette première carte, Nicolas de Fer souhaita représenter Lutèce, tel que mise en avant dans les ouvrages de César, Strabon, l’empereur Julien et d’Ammian Marcellin.

Dans cette représentation, la ville de Lutèce se concentre dans l’île de la Cité. Deux routes viennent du sud, se rejoignant au niveau du petit pont. Au nord, la route se sépare vite en deux. 

Dans cette carte, on peut voir à l’est la Bièvre. L’île Saint Louis serait encore découpée en deux, avec à ses côtés l’île Louviers.

 

Lutèce ou le second plan de la ville de Paris

Cette carte visait à montrer Paris lorsqu’elle fut conquise par les francs. 

On peut constater dans cette carte que la ville se serait développée au nord et davantage de routes l’alimentent.

Tout autour, des murs protègent l’ensemble.  On peut y distinguer l’emplacement de ce qui deviendront, le grand Châtelet, le petit Châtelet et le Palais.

En outre, les bois aux alentours auraient commencé à être défrichés. 

Enfin, les bourgs de Sainte Geneviève et de Saint Germains de prés se dégagent.

 

Le troisième plan de Paris, sous Louis VII le Jeune

Nicolas de Fer représente ici le Paris du XIIe siècle. Dans cette carte, les forêts ont disparu. Elles ont d’ailleurs été remplacés par les cultures. 

Certes, le contour des murailles n’a pas bougé, mais des faubourgs se développent : à l’ouest, au nord. 

On commencerait à distinguer une première grande résidence au futur emplacement du Louvre. 

Les bourgs de Saint Germain des prés et de Sainte Geneviève se développent et sont complétés par ceux de Saint Martin des champs au nord, Saint Antoine des champs à l’est et Saint Victor au sud est. 

 

Le quatrième plan de Paris sous Philippe Auguste

Sous Philippe Auguste au début du XIIe siècle, Paris s’est encore agrandie. La muraille est plus grande, intégrant dans Paris les faubourgs, au nord comme au sud. 

Selon Nicolas le Fer, des grands jardins se dégageraient au prolongement du Louvre. On peut y voir la cathédrale Notre Dame, alors que dans le plan précédent, seul un espace dans l’île de la Cité ressortait. 

Le réseau de route commence à se densifier. 

 

Le cinquième plan de Paris sous Charles V

Le développement de la ville se poursuit ici au XIVe siècle . Sur la rive droite, au nord, la muraille s’est encore élargi. De la sorte, il semble que toute la ville est protégée par les remparts. A l’extérieur, ce n’est que culture et champs. 

On peut constater que l’intérieur de la ville se densifie et s’organise autour d’un dédale de rues. A noter que ce serait la rive gauche, l’Université qui serait la plus dense. 

Nicolas de Fer met aussi en avant la densification des parcelles des champs au nord de Paris.

A noter que le jardin du Louvre aurait disparu, recouvert de champs.

 

Le sixième plan de Paris de Charles VII à Henri II

Dans cette représentation du Paris des XVe et XVIe siècle, Nicolas de Fer met en avant l’urbanisation au delà des murailles de Charles V. Cela se manifeste par des constructions sur ce qui est alors la rue du faubourg Saint Honoré, du faubourg Saint Denis, du faubourg Saint Martin, du faubourg du Temple et du faubourg Saint Antoine. 

Côté rive gauche, les bourgs de Saint Germain des prés et de Saint Victor s’étendent jusqu’à la muraille.

Un nouveau jardin aurait été construit en face du Louvre.

 

Le septième plan de Paris d’Henri III et Louis XIII

Nicolas de Fer montre un Paris du début du XVIIe siècle avec des murailles plus grandes, notamment sur le côté Ouest. L’île Saint Louis est alors urbanisée après avoir été le fruit du regroupement de deux îlots. 

L’espace urbain se densifie encore, avec peu d’espace libre non construit. 

 

Le huitième plan de Paris sous Louis XIV

Nous voici au terme des plans de Paris réalisés par Nicolas de Fer. Il aboutit à une ville au 20 quartiers très denses. Les murailles ont été remplacées par des promenades plantées d’arbres. 

Le dédale de rue est encore plus marqué. 

Sur le côté sud ouest, la ville s’est très développée, jusqu’aux Invalides qui sont alors construits. 

Les parcelles au nord de Paris sont encore plus découpées, annonçant leur prochaine urbanisation

 

Sources bibliographiques : 

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