Trucs pour se défendre face aux apaches

Trucs pour se défendre face aux apaches : importance et comment se préparer en cas de mauvaises rencontres !

 

Lors des grandes années de la Belle Epoque, Paris porte une attention très forte sur son insécurité. Des jeunes se rendent coupables de vols, violences et autres formes de délinquances. Ce sont les apaches !

Face à eux, la police a les plus grandes peines du monde à lutter. Pas parce qu’elle n’arrive pas à les arrêter, mais parce que selon les journaux, ces très jeunes délinquants font rapidement l’objet de remise en liberté.

Aussi, cette même presse en arrive à encourager les parisiens à apprendre à se défendre eux-mêmes. C’est l’objet d’un article complet de la Vie au Grand Air du 8 décembre 1909.

 

« Comment se défendre contre les mauvais ” trucs ” des apaches. Il faut d’abord les connaître et tenir prêts certains principes de boxe et de lutte libre que M. J. Joseph Renaud va indiquer » 

C’est une affaire de trucs. Alors découvrons-les ensemble !

 

La grande ingéniosité des apaches !

Alors tout d’abord, précisons-le tout de suite ! Nous n’allons pas vous donner un cours de défense combat ou autre activité sportive. Tout simplement parce que « les procédés que les apaches emploient pour « dégringoler » leurs victimes sont souvent dénoués d’intérêt sportif mais ils sont toujours d’une ingéniosité considérable ».

Donnons-en, tout de suite, « la preuve de leur excellence réside en ce fait que quoiqu’en petit nombre et se renouvelant rarement, ils prennent pourtant infailliblement contre un promeneur ordinaire et même contre un sportsman non prévenu. »

« En général, il suffit de les connaître pour ne pas les craindre, car ils sont remarquables non pas en eux-mêmes, mais par la préparation, comme on dit en escrime, qui les précède.

Ainsi le coup de tête est un procédé que chacun connaît et dont chacun s’imagine peut-être ne pas pouvoir être victime ; certes, quant on le prévoit, rien de plus simple, mais certains le dissimulent avec un art dont le signataire de ces lignes, malgré son entraînement aux sports de défense, fut une fois la victime — rien que pour un instant, d’ailleurs.

Il importe infiniment de savoir se garer du coup de tête qui dans presque tous les cas, est le « fond » des attaques d’apaches. »

 

Le secret de l’ingéniosité des apaches repose donc sur le véritable effet de surprise. Une question ouverte leur donne l’occasion de démarrer une discussion sans véritablement se méfier :

« ‘Voudriez-vous m’indiquer’ … ou ‘Vous n’auriez pas un peu de feu ?’ demande l’individu. Méfiez-vous, car… »

 

Quand la méfiance est la première protection !

« Méfiez-vous du gars, souvent assez bien vêtu, qui, la nuit, dans un coin désert, s’avance vers vous pour vous demander un renseignement ou du feu… Vous me direz que sous aucun prétexte, vous ne répondriez à la question d’un individu louche ; peut-être que si. Il vous la fait avec une politesse exquise, il s’avance timidement vers vous, la mine très humble et la main la casquette ou au chapeau. Brusquement, sans attendre votre réponse, il vous frappe d’un coup de chapeau en pleine figure, et en même temps vous passe un coup de tête dans le ventre, avec ramassement de jambes, presque certainement vous tombez. »

 

La méfiance est donc primordiale face aux apaches. En évitant le contact, on évite le mauvais coup.

« La meilleure défensive consiste à ne vous laisser approcher sous aucun prétexte, si l’heure où les lieux sont favorables aune attaque. Si l’individu avance, reculez en le prévenant qu’un pas de plus lui vaudra une balle dans le ventre : s’il insiste et que vous ayez un révolver, tirez en effet dans la direction du bas ventre (les balles montent toujours). »

 

Les gestes de bonne défense

Mais certaines fois, le contact est difficile à éviter. Alors, dans ce cas seulement, voici quelques conseils !

« Si vous êtes un peu entraîné à la défense, quoique surpris, il est probable que vous pourrez rompre et qu’ainsi, vous ne recevrez pas en plein le coup et il vous sera alors facile de saisir sous votre bras la tête de l’agresseur en vous retournant à demi vers la droite ou la gauche. Appuyez solidement, tout en serrant de toutes vos forces l’os de l’avant-bras sous sa gorge, en vous penchant un peu dans la direction de votre coude ; cette sorte de torsion immobilise l’adversaire en le déséquilibrant un peu et en augmentant la strangulation. En même temps, de votre main restée libre, « bourrez » lui la figure de coups de poing ; ces coups, qui viennent de bas en haut (uppercuts en boxe anglaise), ont une force considérable, en quelques secondes, si vous êtes bien entraîné à cet ensemble de mouvements, votre agresseur sera sans connaissance. Il est excellent de placer votre pied sur le sien : cela l’empêchera de se dégager vers la gauche et vous permettra au besoin de le jeter à terre. »

 

« Vous pouvez encore, si la tête a un peu glissé le long de votre corps, le saisir sans vous retourner ; la strangulation et la torsion sont alors plus faciles et plus puissantes, mais les coups de poing sont plus difficiles à donner. Ils ont néanmoins plus de force qu’on ne supposerait. Au lieu de les frapper dans le visage en passant derrière sur votre corps, on peut les délivrer avantageusement sur le rein, il faut frapper en massue. »

 

« Ne pas essayer de frapper la nuque, cela ne servirait qu’à permettre à l’adversaire de se dégager.

Le coup de tête dans la figure est, à mon avis, beaucoup plus dangereux que le précédent ; s’il est exécuté de près et avec vitesse il est quasi-infaillible.

 

On a bien indiqué de se baisser au moment où l’agresseur exécute, celui-ci se fracassant alors le visage contre votre crâne, mais cette défensive demande une présence d’esprit et une vitesse bien exceptionnelles ; je conseillerais plutôt un rejet du corps en arrière, en frappant un uppercut du poing qui se trouve en avant, ou encore, si vous avez quelques notions de lutte libre, esquivez l’attaque en arrière et immédiatement passez un croc en jambes à l’adversaire en le tirant violemment du même côté. »

 

Nous ne vous décrirons pas la technique du Jiu-Jistu, avec la possibilité d’aborder le bras de votre assaillant, vous avez compris l’esprit de cet article. Il vaut tout de même mieux être aguerri à la défense si vous allez au contact. Peut-être finalement que les sports de défense combat vous apporteront satisfaction.

En tout état de cause, pour la presse du début du XXe siècle, c’était le plus sage moyen : compter sur soi-même pour faire face aux apaches !

 

Sources bibliographiques :

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