Vue des Feuillants par Israël Silvestre

Vue des Feuillants par Israël Silvestre : la façade grandiose pour un monastère fondé à la fin du XVIe siècle

Les promeneurs connaisseurs du jardin des Tuileries connaissent bien ce nom : les feuillants. C’est ainsi que s’appelle l’allée du jardin longeant la rue de Rivoli au nord du domaine.

Plus rares sont ceux qui connaissent son origine. Israël Silvestre nous donne avec sa vue des Feuillants l’occasion de l’évoquer

Un ancien monastère

Cette partie de Paris est plus récente. En effet, à la fin du XVIe siècle, sous le règne d’Henri III, la ville commence à déborder de l’enceinte médiévale. Cette pression d’une population voulant être proche de son souverain installé au Louvre et aux Tuileries est accompagnée par l’agrandissement sous Louis XIII de la ville avec la prolongation du mur d’enceinte sur un tracé ressemblant à la rue Royale et le boulevard des Capucines et des Italiens actuels pour rejoindre l’ancienne muraille. C’est donc un nouveau quartier qui apparaît.

En 1587, Henri III fonde à disposition de l’ordre religieux cistercien réformé les Feuillants un monastère, sur la rue Saint Honoré. Pour cela, il achète l’hôtel des Carneaux pour loger ces religieux venus de Toulouse.

Henri III passe commande à son architecte Baptiste Androuet du Cerceau pour réaliser l’église. Cependant, les guerres de religion nécessitèrent de reporter les travaux. C’est ainsi que seulement en 1609, la nef consacrée à Saint Bernard de Clairvaux fut finalisée. Il faut dire que rapidement, les rois Bourbons reprirent l’œuvre de leur prédécesseur. Henri IV accorda sa protection aux religieux dés 1597. Par la suite, Louis XIII finança la façade grandiose, finalisée en 1624.

Une façade grandiose

C’est effectivement cette façade qu’Israël Silvestre représente avec beaucoup de soin. Avec son style classique, mis en mouvement par ses colonnes ioniques, ses deux chasses grandioses accueillant les statues de saints et sa grande porte.

La grande fenêtre sur la hauteur permettait de faire entrer la lumière venue de l’ouest… ce d’autant que le parvis est bien dégagé comme nous pouvons le voir dans ce croquis.

La composition du dessin

Comme souvent, Silvestre joue avec les lignes de perspectives pour accentuer les lieux. La première, que nous venons de décrire met en valeur la façade de l’église en la nef ensuite. On peut voir sur le fond les autres bâtiments du monastère. Comme de nombreuses installations monastiques à Paris, les Feuillants étaient très grand, avec ses grandes maisons, protégées de la rue par des murs d’enceinte élevés.

Les personnages d’Israël Silvestre

Comme souvent au XVIIe siècle, les places marquent la vie de la ville. On y croisait une foule de gens. Silvestre la représente dans sa diversité. On peut ainsi y voir un homme blessé passant entre le carrosse sur la gauche et un groupe de trois personnes.

Sur la droite, des militaires se reposent, comme si l’activité surtout dû à des personnalités de la noblesse ou de la haute bourgeoisie apportait une certaine quiétude au lieu.

Sources bibliographiques :

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