Vue de la porte Saint Honoré par Israël Silvestre

Vue de la porte Saint Honoré par Israël Silvestre : quand nature et paix font face à la ville très trépidante

Que d’histoires se sont déroulées devant la porte Saint Honoré ! Ici qu’est venue une certaine Jeanne d’Arc pour tenter de reprendre Paris aux anglais et aux bourguignons au cours du XVe siècle. C’est là aussi que des soldats à la solde d’Henri IV cherchèrent à entrer dans la ville aux mains des ligueurs déguisés en paysans apportant des charrettes de farine.

Cependant au temps d’Israël Silvestre, dans la première moitié du XVIIe siècle, l’ancienne porte médiévale n’existait plus, comme nous pouvons le découvrir sur ce dessin !

Une porte moderne

Alors même qu’Israël Silvestre avait largement documenté la transformation de la porte médiévale de Saint Denis à l’arc de triomphe que nous connaissons aujourd’hui,  il s’attarde ici, au début de la rue Saint Honoré, sur un édifice déjà classique.

Il semble bien fier cet édifice, avec ces deux niveaux et son toit richement décoré. La porte fut réalisée lors de l’agrandissement de la ville sous Louis XIII avec la prolongation de l’enceinte du côté Ouest, au-delà du jardin des Tuileries, proche du croisement entre la rue Royale et la rue Saint Honoré.

Aussi, cette porte ne présente aucune trace du style médiéval… en dehors du pont levis qui permet de traverser l’égout, entourant la ville.

Un trait d’union entre la ville et la nature

Ainsi que le rappelle Israël Silvestre, c’est un lieu particulier. Ici, on est au passage entre la ville et la campagne… les maisons et la nature. Rappelons-nous que Paris était au Grand Siècle beaucoup moins étendue que de nos jours. La campagne était toute proche.

Ainsi, Silvestre prend du temps à reproduire sur son dessin de nombreux arbres et des arbustes, tant sur la gauche qu’à droite.

Il rajoute également le texte en dessous de son croquis : « Venant à cette porte on a cet avantage qui ne se trouve pas aisément autre part ; C’est d’y voir tout d’un coup la ville et le village, les traits de la nature et les effets de l’art ».

Ainsi, l’art représenté par l’architecture classique côtoie la nature et les champs.

Des protections en perte de vitesse en lien avec la paix régnant sur le royaume.

Au-delà du côté champêtre, c’est le calme qui est mis en avant. En effet, étonnante composition que celle-ci pour une installation défensive.

La nature a même envahi le mur d’enceinte, encore bien récent avec ses multiples herbes et un arbre qui pousse dessus.

Ensuite, au début du pont au-dessus de l’égout, seul une petite porte ferme les lieux… On peut constater que le village situé à l’extérieur semble bien paisible. Nous sommes alors sous la paix de Louis XIV, victorieux des Habsbourg, d’Espagne et d’Empire. Le roi Soleil peut alors même s’offrir le luxe, ayant repoussé les frontières de son royaume de faire tomber les protections de sa capitale.

Les personnages d’Israël Silvestre

Comme toujours chez Israël Silvestre, nous pouvons prendre un peu de temps avec les personnages de premier plan. Ils soulignent les différents aspects évoqués ci-dessus. Deux pêcheurs à la ligne, qui semblent bien loin de l’eau tout de même, prennent le temps de se reposer, à côté d’un chien tout calme. C’est le calme de la nature… le calme de la paix également, loin des agitations de la ville.

Sources bibliographiques :

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