Le théâtre de l’hôtel de Bourgogne

Le théâtre de l’hôtel de Bourgogne, une des toutes premières salles parisiennes, remontant au milieu du XVIe siècle

 

En 1548, les hôtels de Bourgogne, Artois, Flandres et Etampes sont vendus par François 1er. L’Hôtel de Bourgogne, avec la célèbre Tour Jean sans Peur était la demeure parisienne des grands ducs de Bourgogne au cours du XVe siècle.

Aussi, à cette date, l’Hôtel de Bourgogne est reconverti en théâtre et accueille alors les Confrères de la Passion.

 

Les Confrères de la passion, héritiers des mystères qui se reconvertirent avec succès

Jusqu’en 1548, les Confrères de la Passion présentaient dans l’Hôtel de Flandres des mystères et autres moralités, ces formes caractéristiques du théâtre médiéval.  Ils profitèrent de la vente du terrain de l’Hôtel de Bourgogne pour acquérir leur propre salle.

Au début, les confrères souhaitèrent reprendre leurs mystères. Toutefois, le Parlement de Paris s’y opposa et ils durent se renouveler. Ils durent alors se concentrer sur les pièces profanes, tout en constatant la conservation de leurs privilèges sur ce répertoire.

Pour faire face, les Confrères de la Passion déroulaient des pièces de farce. Toutefois, ils continuèrent à affronter le Parlement en s’emparant des pièces religieuses. De ce fait, ils n’attirèrent que des spectateurs intéressés par ces pièces grossières.

 

A cette date, l’Hôtel de Bourgogne est la seconde salle de Paris, après le théâtre du Petit Bourbon. Elle mesurait alors autour de 35 mètres de long.

Ce théâtre avait pour particularité à Paris d’être le seul à avoir une mise en scène. En effet, les autres troupes étaient nomades et de fait pas attachées à une salle. Aussi, elles se devaient de limiter leur matériel.

 

Cependant, au fur et à mesure que le XVIe siècle avance, l’Hôtel de Bourgogne se dégrade, n’attirant qu’un public turbulent.

Les confrères de la Passion cédèrent par bail leur salle en 1578 à diverses troupes, tout en continuant à jouer. En effet, ils durent à cette date, accepter la concurrences des comédiens venus de l’extérieur de Paris et qui voulaient depuis longtemps se produire dans la ville.

 

Un théâtre populaire mais qui pouvait attirer le roi

En 1599, les autorités parisiennes affirmèrent le monopôle de l’Hôtel de Bourgogne. Les différentes troupes, quelque soit leur origine, ne devaient se produire que dans cette salle.

A cette époque, on ne jouait pas alors à heure fixe, dans cette salle. Les comédiens, en effet, attendaient que la foule des spectateurs soit suffisamment nombreuse pour démarrer. Ils commençaient par des petits tours, semblable à ceux des foires. Ensuite, les farces amusaient la salle.

Il arrivait également que la famille royale se joigne aux spectateurs. Ainsi, le 26 janvier 1607, Henri IV et Marie de Médicis assistèrent en compagnie de la cour à une farce. Elle mettait en scène un couple qui se disputait. La femme, en effet, s’était mise à la recherche de son époux qui passait trop de temps à la taverne. Elle voulait en particulier se plaindre de la disparition dans l’alcool de tout l’argent péniblement gagné. De son côté, le mari expliqua qu’il n’y avait de meilleur usage que de dépenser son argent en faisant bonne chair, autrement il serait confisqué par les impôts.

 

Le XVIIe siècle, ou le combat permanent des Confrères de la Passion avec les autres troupes

Cependant, le début du XVIIe siècle est encore marqué par des luttes entre les Confrères de la Passion et des troupes de comédiens autour de leur coexistence sur la scène de l’Hôtel de Bourgogne.

A partir de 1630, les combats se déplacent pour se situer entre les Confrères de la Passion et les Comédiens du roi, qui tentent de prendre le contrôle de l’Hôtel de Bourgogne.

Toutefois, l’aventure des Confrères de la Passion prend fin en 1677. A cette date, la confrérie est dissoute. Ses biens sont transférés à l’Hôpital général.

 

La salle de la Comédie italienne

En 1680, Louis XIV décide de fusionner la troupe des anciens Confrères avec celle du Théâtre du Marais : il lance alors la Comédie Française qui s’installa dans l’Hôtel Guénégaud, rue des Archives.

Le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne est alors attribué à la Comédie Italienne. Toutefois, les comédiens italiens furent chassés en 1697, après s’être moqués de Madame de Maintenon. La troupe trouva ensuite une protection avec le Régent en 1716.

Ils se mirent alors à rivaliser avec l’Opéra Comique, naissant dans les Foires, jusqu’à leur départ en 1783. Ils investirent la Salle Favart.

L’Hôtel de Bourgogne servit un temps de Halle aux grains. Il fut ensuite rasé en 1885 pour permettre le passage des rues Etienne Marcel et Turbigo. Seule la Tour Jean sans Peur subsiste de nos jours.

 

Sources bibliographiques :

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