Accueil des familles sinistrées de la crue de 1910

Accueil des familles sinistrées de la crue de 1910 : très fort afflux de réfugiés boulevard de Ménilmontant.

 

Dans ses colonnes du 30 janvier, le Matin fait le tour dans les différents quartiers de Paris touchés par l’inondation. Le journaliste insiste sur les aides pour nourrir tout d’abord les pauvres sinistrés ayant du quitter en urgence leurs logements. Puis il fallait leur trouver un asile pour la nuit.

Tout près du cimetière du Père Lachaise, dans le onzième arrondissement, on logea des familles chassées de leurs maisons

 

« Les bambins au berceau »

« C’est enfin au moment où déjà l’on se couche que nous arrivons, 63, boulevard de Ménilmontant, dans l’immeuble de la Maison sociale, mis à la disposition de la Croix Rouge par Mme la baronne Piérard. Dans le vestibule, Mlle de Pessaro fait des matelas, à genoux sur le sol, devant les fourreaux de toile qu’elle emplit de crin. Mme Tiercelin monte les literies dans les dortoirs. »

 

Des familles perdues

« Des femmes longent les murs, entrent dans les salles où l’on se serre autour du poêle, prenant un air de feu, vont regarder les bambins dans les berceaux. L’un tête son biberon qu’il étreint à deux mains. Il ne saura jamais rien du malheur qui fait pleurer sa maman à son chevet. Des gens du quartier sont venus pour aider à l’installation. Ils ont travaillé sans repos, tout un jour, et refusé un pourboire qu’on leur offrait.

Une dame erre dans les escaliers. On l’interroge. Elle avoue chercher son petit, en nourrice dans la famille Rousseau à Alfortville. Elle n’a plus de nouvelles depuis huit jours. Elle sanglote et dit son nom : « Mme Broucas, 271, boulevard Voltaire ». Mme Christofle s’est prodiguée pour qu’on puisse loger le plus possible de malheureux. Mais elle demande des lits. Elle a encore de la place. Tous ces pauvres gens ont des souliers racornis. « Des chaussures ? Qui enverra des chaussures ? »

 

Une foule qui n’en finit plus

« … Et dans la rue, presque sous la fenêtre, des hospitalisés, un cercle se forme aussitôt autour d’un homme qui tient un feuillet blanc et dont la voix chevrote d’une émotion qui ne s’étudie plus, qui est vraie dans sa facticité. Un chant s’élève dans la nuit. C’est une mélopée attristée… C’est Paris, le Paris des romances et des refrains éternels. C’est Paris qui chante « la complainte de l’inondation ».

 

Sources bibliographiques :

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