Les cris de Paris

Les cris de Paris, signes d’une vie parisienne riche et agitée au cours des âges, revus dans les arts ensuite.

Paris a toujours été connue pour être très bruyante. Ses rues étroites y étaient sûrement pour quelque chose mais les cris étaient au cœur du fonctionnement de la vie quotidienne. 

La population parisienne était constituée de corps très spécialisés (avec de nombreuses professions distinctes) et recourait aux cris comme intermédiaire, notamment dans les périodes où peu savaient lire.

 

Cris de Paris Le ramoneur
Les cris de Paris : le ramoneur. Dessin de M. Poisson 1774

 

Les différents cris de Paris au cours des âges.

 

Dés le Moyen Age, se met en place suivant les occasions, trois types de cris distincts :

 

Cris politiques Cris de marchands Cris populaires
-Publication des décisions du prévôt de Paris à son de trompette par les jurés crieurs Annonce de la naissance et la mort d’un prince

-Les cris des marchands de vin des domaines royaux

– Le prix des marchandises,

Le crieur des trépassés qui passait dans les rues après le couvre feu «Réveillez vous, gens qui dormez, Priez Dieu pour les trépassés. »

Le matin :

-Dans la Cité, près du Palais de Justice : les marchands d’objet de toilette et domestiques

– Dans la ville, les marchands de nourritures

L’après midi :

– Courses du marché aux chevaux,

– Etalages des livres devant les églises,

– Concerts rue des Ménétriers

Le soir :

– Les vendeurs d’oublies (pâtisserie)

Les cris de joie : « Noël »Ce cri était prononcé lors de toutes les fêtes (tant religieuses que civiles)    

 

Suivant les professions, les cris étaient lancés devant les boutiques, lors de passage de marchands ambulants ou dans les marchés. Toutefois, un marchand ne pouvait pas appeler un passant tant qu’il n’avait quitté la boutique voisine. Aucune publicité n’était autorisée en dehors de ces cris.

Saint Louis posa la réglementation des cris publics : sous l’autorité de 6 maîtres, des crieurs parcouraient la ville pour annoncer les actes officiels, les prix officiels des marchandises, les maisons à vendre et à louer, les objets perdus tout comme les baptêmes et les enterrements.

Evidemment la Révolution fut une période où les cris politiques furent revus. Les jurés crieurs, avec leurs privilèges, installés par les rois de France, disparaissent. Les cris  sont alors utilisés comme ralliement par les partis (Vive Louis XVI ! A bas les Etats-Généraux ! Vive Robespierre ! A bas la Montagne !). En complément, apparaissent des cris individuels pour vendre journaux, cocardes, portraits, caricatures.

 

Ces cris ont été magnifiés progressivement dans les arts.

 

Dans la littérature :

Très tôt, les cris de Paris sont repris dans les poèmes. Parmi eux, on peut citer Guillaume de la Villeneuve, jeune noble qui décrit la journée d’un parisien déambulant dans la ville au XIIIe siècle 

Au XVe siècle, les cris de Paris sont repris par les chansonniers et les musiciens mais aussi par les auteurs satiriques.  Par exemple, Rabelais dans Pantagruel fait revivre François Villon marchandant de la moutarde.

 

 

Dans la musique :

Clément Janequin était un prêtre du XVIe siècle. Il composa une pièce polyphonique sur les cris de Paris :

1- Voulez-vous ouyr les cris de Paris ? 2- Où sont-ilz ces petitz pions ? 3- Pastez très tous chaulx, qui l’aira ? 4- Vin blanc, vin cleret, vin vermeil à six deniers. 5- Casse museaux tout chaulx. 6- Je les vendz, je les donne pour ung petit blanc. 7- Tartelettes friandes à la belle gauffre ! 8- Et est à l’enseigne du berseau 9- Qui est en la rue de la Harpe 10- Sa à boyre, ça ! 11- Aigre, vin aigre ! 12- Fault il point de saultce vert ? 13- Moustarde, moustarde fine ! 14- Harenc blanc, harenc de la nuyt ! 15- Cotrez secz, cotrez ! Souliers vieux ! 16- Arde buche ! Choulx gelez ! 17- Hault et bas rammonez les caminades ! 18- Qui veult du laict ? 19- C’est moy, c’est moy, je meurs de froit ! 20- Poys verts ! Mes belles lestues, mes beaulx cibotz 21- Guigne, doulce guigne ! 22- Faut-il point de sablon ? Voire joly ! 23- Argent m’y duit ! Argent m’y fault ! 24- Gaigne petit ! Lye ! Alumet ! Houseaux vieux ! 25- Pruneaux de Saint Julien 26- Febves de Maretz, febves ! Je fais le coqu, moy ! 27- Ma belle porée, mon beau persin, 28- Ma belle oseille, les beaulx espinards ! 29- Pèches de Corbeil ! Orenge ! Pignes vuidez ! 30- Charlotte m’amye ! Apétit nouveau petit ! 31- Amendez vous dames, amendez ! Allemande nouvelle ! 32- Navetz ! Mes beaulx balais ! Rave doulce, rave ! 33- Feure, feure Brie ! A ung tournoys le chapellet ! 34- Marons de Lyon ! Chervis ! Mes beaux pesons ! 35- Alumet, alumet, alumettes sèches ! Vin nouveau ! 36- Fault-il point de grois ? Choux, petits choux tous chaulx ! 37- Fault-il point de boys ? Choulx gelez ! 38- Et qui aura le moule de gros boys ? 39- Eschaudez chaux ! Sèche bourrée ! 40- Serceau, beaux serceau ! Arde chandelle ! Palourde ! 41- A Paris sur petit pont geline de feurre ! 42- Si vous en voulez plus ouyr, allez les donc querre !

 

 

Dans  les dessins :

On retrouve le cris de Paris dans de nombreuses estampes du XVIIIe siècle :

 

 

Dans  les jeux :

Plusieurs jeux s’inspirèrent des cris de Paris : une loterie, une variante du jeu de l’oie…

 

Sources bibliographiques :

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