La fontaine du Buc

La fontaine du Buc alimentait un abreuvoir et un lavoir de la colline de Montmartre d’une eau douce et propre

Tout comme la fontaine de Saint Denis voisine, la fontaine du Buc était une source  naturelle d’où ressortait l’eau de pluie tombée sur la butte Montmartre. En effet, de la même manière qu’à Belleville, la géologie de la colline avec une couche imperméable permettait de faire ressortir de l’eau totalement pure et filtrée.

Entre les sentiers des brouillards et la rue de l’abreuvoir

Elle se trouvait en bas d’un chemin de Montmartre, appelé tout d’abord des Fontaines, puis de la Croix du Buc et enfin des brouillards. Ce dernier nom rappelait un moulin à vent situé là. Le sentier a pris de nos jours le nom de rue Girardon.

Au début du XIXe siècle, cette fontaine alimentait un abreuvoir, auprès duquel des bêtes pouvaient se reposer. Pour les personnes qui les guidaient, cette pause avait probablement un charme  fou, offrant  une vue bucolique sur les environs.

La description de Gérard de Nerval

Les romantiques ne se laissèrent pas trompés. Ainsi, Gérard de Nerval dédia à la fontaine quelques lignes de sa Bohème Galante, dans le chapitre dédié à Montmartre.

« Ce qui me séduisait dans ce pittoresque espace abrité par les grands arbres du château des Brouillards, c’était… le voisinage de l’abreuvoir, qui le soir s’anime du spectacle de chevaux et de chiens que l’on y baigne, et d’une fontaine construite dans le goût antique, où les laveuses causent et chantent comme dans un des premiers chapitres de Werther. Avec un bas relief consacré à Diane et peut être deux figures de naïades sculptées en demi bosse, on obtiendrait, à l’angle des vieux tilleuls qui se penchent sur le monument, un admirable lieu de retraite, silencieux, à ses heures et qui rappellerait certains points de la campagne romaine… »

Au début du XIXe siècle, la fontaine disposait d’une margelle datant de Saint Louis. On pouvait y voir une abbesse tenant sa crosse à la main. Elle fut ensuite déplacée pour servir d’autel dans un calvaire tout près de l’église Saint Pierre.

Les vertus curatives de la fontaine

Au milieu du XIXe siècle, Paris est touchée par une épidémie de choléra. On raconte qu’en 1849, l’eau de la fontaine du Buc servit à soigner un malade.

« Ceux là me croiront sans peine, brun ou blond, rousse ou châtaine, qui dans leur bel âge, ont bu de l’eau de la fontaine du Bû ».

Fin d’une source

L’exploitation de plâtre dans la colline de Belleville eut raison de l’eau alimentant la fontaine. En effet, les eaux se réfugièrent dans les trous au sein de la colline et ne ressortirent plus à la fontaine du Buc à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Seul le souvenir de la rue de l’abreuvoir voisine rappelle cette histoire lointaine.

Sources bibliographiques :

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