Milord l’Arsouille

Milord l’Arsouille, aristocrate ultra populaire qui incarnait, haut en couleur, le carnaval des années 1830.

 

Figure ultra célèbre du carnaval des années 1830, Milord l’Arsouille fut un personnage haut en couleurs. Il incarnait à lui seul l’aristocrate qui venait se dévergonde lors des jours gras à la Courtille. nous reprenons ici les travaux d’Alain Faure publié dans Paris, Carême prenant publié en 1978.

 

Un aristocrate anglais

Comme il y avait Docteur Jekyll et Mister Hide, voici Lors Seymour et Milord l’Arsouille. Membre de la famille de Sir Richard Wallace, président du Jockey club de Paris, Lord Seymour disposait de revenus importants. Il ne manqua pas les carnavals de Paris au début des année 1830.

Il arrivait à la Courtille dans une voiture attelée avec 6 chevaux. Grandiosement décorée, elle était conduisait  « des piqueurs sonnant la trompe » et « des courriers enrubannés ». Alors, l’aristocrate attirait une foule de masques. C’était un véritable spectacle. On raconta qu’il lança sur la troupe des pièces d’or frites dans le l’huile bouillante.

Rapidement, le surnom de Milord l’Arsouille fut donné à tout riche venant faire des excentricités à la Courtille. On peut s’imaginer de l’écho que cela trouvait sur les parisiens d’alors.

 

Retour sur un surnom

L’arsouille était un mot de la langue verte parisienne d’alors. Il signifiait vaurien. De son côté, Milord renvoyait à la richesse et l’aristocratie. Une riche vaurien alors. Ce surnom montre alors le paradoxe de ce carnaval parisien au début du XIXe siècle : il rassemble la grande aristocratie et sa richesse avec les besogneux parisiens et leur aussi grande pauvreté.

Toutefois, comme nous le rappelle Alain Faure, ce rapprochement n’est qu’un jeu. Il s’agissait d’un amusement né au XVIIIe siècle, où la noblesse jouait aux pauvres.

 

Un personnage très populaire et littéraire

Tout aristocrate qu’il était, Milord l’Arsouille fascinait les parisiens. Il incarnait les extravagances et les truculences de ce carnaval. D’ailleurs c’était dans les années 1830 que le carnaval de Paris fut des plus déjantés et des plus forts. Les promenades des masques se calmèrent ensuite pour progressivement disparaître. D’une certaine manière Milord l’Arsouille était comme le Carnaval : un moment de fête pour oublier les difficultés de l’existence.

Cette popularité se retrouva dans une  abondante littérature. On peut citer notamment le personnage de Rodolphe dans les Mystères de Paris par Eugène Sue.

Léon Beauvallet lui consacra un long livre.

 

Une descente de la Courtille avec Milord l’Arsouille

Arrêtons nous un instant sur la manière dont Léon Beauvallais décrit la descente de la Courtille en 1836.

« Tout Paris y était. » La rue était envahie de « duchesses en domino », d' »impures court-vêtues », de « courtisanes en poissardes et des bourgeoises en paysanne ». « C’était la bacchanale annuelle. »

Le lieu était un spectacle. D’ailleurs, toutes les fenêtres pour voir se louaient un mois à l’avance. Ainsi, les voitures arrivaient à la barrière pour déverser des masques.  Très populaire, nombres d’ouvriers n’hésitaient pas à dépenser leur salaire annuel pour cette fête.

Milord l’Arsouille déambulait et fêtait la fin des jours gras. Il buvait, buvait, buvait… Cette année  là, il laissa partir sa voiture pour continuer à faire la fête. Dans une auberge, il mangea longuement et alla ensuite s’affaler sur un divan.

Il finit par rentrer à son hôtel après avoir  demandé son chemin à un chiffonnier. Contre 20 francs, il se fit porter dans sa hotte… D’ailleurs,  il le porta jusqu’à son lit. Là, la fête se termina autour de verres de rhum.

 

 

Sources bibliographiques :

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