La nourriture des générales lors de la crue de 1910

La nourriture des générales lors de la crue de 1910 : grande quantité de vivres et milliers de bouts de pain.

 

Face à la crue de 1910, l’heure est à la charité. Ce sont d’ailleurs des femmes issues de milieu aisées qui réagirent vite en proposant des repas. C’est ainsi que présente le Matin du 30 janvier, l’accueil des sinistrés

 

A la Maison Fouche avec l’Amirale de la Jonchère

« Et maintenant, c’est rue Croix Nivert, 80, là-bas, au quinzième, dans la maison Fouche. Sur les tables, des vivres en piles ; le pain doré s’architecture, pyramidal, et les marmites fument. Mme l’amirale de la Jonchère porte à bras tendu un grand plat oblong qui vient d’être vidé dans les assiettes de toute une assistance assise, sous l’éclat rayonnant des lampes, à la file des bancs. Mme la générale Feldman coupe, coupe encore des trognons de pain, et tout en travaillant elle veut bien nous dire qu’hier on ira bien jusqu’au 800. Et elle s’affaire sans plus tarder à d’autres soins, car au seuil le flot grossit de ceux qui viennent chercher leur part. »

 

« Mme la générale Hervé »

Non loin, c’est la rue Mademoiselle. Une foule se presse sur le trottoir. Les femmes élèvent leurs bambins dans leurs bras ; les hommes, bien qu’ils soient impatients d’entrer, leur font place, cèdent gentiment leur tour. Mme la générale Hervé, qui partage son temps entre les pauvres du quartier et les inondés qu’elle va voir dans leurs rues envahies, nous dit son bonheur d’avoir pu assurer mille repas complets. Elle oublie de parler d’elle ; elle demande d’ailleurs que l’on commette cette injustice de ne point la nommer. Plutôt elle admire le cœur des malheureux pour les plus malheureux, nous conte le dévouement d’un commerçant de Javel qui passe sa journée à acheter du pain et à le porter en barque, sur les points les plus éprouvés ; nous dit l’histoire touchante de ce petit charcutier qui apporte de la saucisse à pleins bras et s’en va en disant : « ce n’est qu’un petit cadeau que je veux vous faire » ; nous émeut enfin au récit de cette pauvre ménagère qui apporte cinq francs et s’excuse en ajoutant : « Ca portera peut-être bonheur à mon enfant ».

 

Sources bibliographiques :

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