La crue de 1658

La crue de 1658, la plus grande inondation qui fut enregistrée à Paris, surprit au plein coeur de l’hiver… après successions de neiges, pluies et gelées

 

Origine d’une crue exceptionnelle

Nous sommes fin décembre 1657. Plus précisément le 20 décembre. Les fêtes de Noël approchent et un hiver dure commence : neiges, pluies, gelées se succèdent… jusqu’à mi février. 

Tout d’un coup, le 18 février, les glaces se mettent à fondre et occasionnent de nombreux dégâts partout en France.  Une crue de la Seine démarre alors pour atteindre le record de 8 mètres 81 à l’étiage, le 28 février 1658.

 

A ce niveau, c’est une très grande partie de la ville d’alors qui est inondée : à commencer par les grandes rues : Saint Martin, Saint Denis, Saint Antoine… Comme on se doute pendant cette période, bateaux étaient nécessaires pour circuler entre les maisons, dans lesquelles on rentrait par les fenêtres. 

 

Le témoignage d’un religieux lors de la crue de 1658

Un chanoine de l’abbaye de Saint Victor, le père de Thoulouse raconte : “le  vendredi après dîner, les religieux se promenaient à pied sec dans les prés. Après les vêpres, la Seine dégorgea par le canal de la rivière de la Bièvre, dont un bras arrose nos prés, et, le lendemain, samedi 23 à 7 heures du matin, les eaux se trouvèrent au haut des degrés par où on accède au pré, sous la bibliothèque. Il fallut employer la matinée à vider la chapelle Notre Dame, et tous les lieux en contrebas où l’eau vint dans l’après midi. Le cellerier, s’en allant, le samedi à la halle, marchait dans l’eau à la barrière des Sergents (située au bas de la montagne Sainte Geneviève) à la place Maubert, et eut beaucoup de peine à gagner la rue des Noyers. Le 27 février, les eaux furent, dans les endroits les plus bas, 5 pouces (0m13) plus haut qu’elles n’avaient paru pendant les années 1649 et 1651.

 

De nombreux quartiers de la ville touchés

Bien évidemment, l’eau remonta largement dans la place de Grève, un des points les plus bas de la ville alors, jusqu’à l’église du Saint Esprit. Elle toucha dans la rue Saint Antoine, l’église du petit Saint Antoine. 

Du côté de l’Arsenal, on constata jusqu’à 2 mètres 30 d’eau dans le cloître des Célestins, l’eau y atteignant la hauteur du dernier marche pied du maître autel de leur église. En souvenir, on plaça une marque dans le marbre de la muraille du cloître. 

Egalement, les Halles étaient inondées, jusqu’au niveau de Saint Eustache

A l’ouest de la ville, la rue Saint Honoré fut largement inondée, atteignant l’hôpital des Quinze Vingt. Au delà de la porte, le faubourg était très inondé : entre 2m 60 et 3m30 dans plusieurs quartiers du Roule. 

 

La rive gauche fut aussi très durement touchée : faubourgs Saint Marcel, Saint Victor, le quartier Saint Bernard. Les rues de l’Université entre Saint Julien le pauvre, la rue du Bac étaient sous l’eau, jusqu’au niveau des Jacobins. 

 

La catastrophe de la crue de 1658

Au delà du désastre, cette crue de 1658 fut aussi le moment d’une grande catastrophe : Dans la nuit du 1er mars, entre 1 et 2 heures du matin, deux arches du pont Marie, reliant l‘île Saint Louis à la rive droite, se rompirent.

22 maisons furent emportées. 20 personnes trouvèrent la mort. 

 

Le choix entre deux canaux

Au lendemain, Pierre Petit, intendant général des fortifications, proposa un canal de décharge de l’eau apportant le surplus de l’Arsenal à Saint Ouen, en  passant par la plaine Saint Denis. Toutefois un conseiller du Parlement lui répondit alors : “Dans notre infortune, nous pouvons avouer que notre salut n’est pas dans nos mains. Ces inondations aussi fréquentes que funestes sont des effets de la colère du Ciel. Élevons notre esprit au dessus de nos yeux, et considérons que, regardant  toujours la terre pour y trouver un canal, c’est dans le Ciel que le plus efficace se trouve. Le canal dans le Ciel est tout formé, c’est sainte Geneviève qui est le canal divin par lequel Dieu fait découler toutes ses grâces.”

En effet, pendant de nombreux siècles, c’était sainte Geneviève que les parisiens appelaient à l’aide quand ils avaient à souffrir des inondations de la Seine. 

 

Sources bibliographiques

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