Les balanciers

Les balanciers, ou une profession essentielle pour le commerce en garantissant des balances et des poids sûrs.

 

Un métier constitué au XIVe siècle après avoir fait partie des orfèvre ou des batteurs.

Selon René de Lespinasse, on pense que les premiers balanciers faisaient partie de la profession des orfèvres ou de celle des batteurs. 

En 1292, selon la Taille de Paris, la ville en comptait deux. 

 

Les premiers statuts organisant cette profession datent de 1325. Donnés par le prévôt Hugues de Crusy, ils comportent trois articles : 

  • Article 1er : nul ne peut exercer ce métier, s’il n’est pas maître. Ce dernier devait s’acquitter de 5 sous pour lui et 2 sous pour son apprenti ou son ouvrier. Ces sommes étaient attribuée à 2/3 pour le roi et 1/3 pour la corporation. Le travail de nuit et au petit matin était totalement proscrit.
  • Article 2e : Nul ne pouvait faire une production de mauvaise qualité ou fausse sous peine d’une amende de 7 sous (5 pour le roi et 2 pour la corporation). Le produit contrefait était saisi pour être détruit.
  • Article 3e : Il était interdit de travailler les jours de fêtes, les samedis, ainsi qu’après le premier coup de vèpres sonnés à Saint Magloire ou dans la paroisse auprès de laquelle les balanciers demeuraient. Une exception : la production de poids et de balance pour le roi : les balanciers pouvaient alors travailler de nuit comme de jour

 

Au XVe siècle.

Les balanciers se retrouvèrent dans la bannière parisienne des « fondeurs, chauderonniers, épingliers et graveurs de sceaux ». 

Malgré la protection de la corporation et de l’importance pour le commerce parisien de contrôler la taille des poids et des balances, les autorités de la ville durent interdire plus fortement la production par des acteurs n’étant pas du métier en 1494. 

Il est alors rappelé que pour être balancier il fallait avoir fait un apprentissage, réalisé un chef d’oeuvre et reçu des jurés la marque particulière pour signer les produits. 

Les jurés se chargeaient de la visite des ateliers d’une part et de l’entrée des marchandises dans Paris d’autre part. 

 

Au cours des XVI et XVIIIe siècles, les balanciers furent protégés par les pouvoirs publics pour garantir la précision des balances

Les règlements  furent rappelés en 1510, 1519. On interdit alors la vente de balances sans les poids les accompagnant. En effet, les autorités visaient les merciers et les fondeurs qui vendaient des poids sans aucun contrôle. 

Pour renforcer l’importance de ce contrôle, on rappela dans l’acte en 1519 les noms des 10 maîtres balanciers. 

 

En 1640, une ordonnance de police exigea que les maîtres balanciers détiennent les poids du marc et des balances précisément étalonnées pour peser les monnaies. Ces dernières étaient taxées au prix de 4 livres et 4 sous. 

 

En 1691, on comptait 6 maîtres. Ce chiffre progressa à 10 en 1717 (on reçu des maîtres sans qualité mais qui achetaient leur office) et 15 en 1766. 

 

La confrérie dédiée à Saint Michel, était installée dans l’église des Saints Innocents. 

 

La réforme de la profession des balanciers dans la seconde partie du XVIIIe siècle

En 1776, dans le cadre de la réorganisation générale des métiers parisiens, les balanciers sont incorporés au sein de la profession des chaudronniers et des potiers d’étain.

Les statuts furent enregistrés à la Cour des Monnaies où étaient reçus les nouveaux maîtres qui prêtaient serment et où on étalonnait les poids de cuivre. C’était à cet endroit, qu’on prenait les poids matrices, référence pour découper des petites feuilles de laiton servant dans les trébuchets et les balances des bijoutiers. 

 

Deux jurés étaient installés pour deux ans dans cette Cour. Ils attribuaient à chacun des nouveaux maîtres un poinçon composé de la première lettre de leur nom, surmontée d’une couronne fleurdelisée. La marque des balances était placée au fond des bassins, sur le fléau pour les balances romaines et au-dessous pour les poids.

Les jurés étaient autorisés à contrôler également les jurés épiciers et les autres marchands pour contrôler leurs balances. Toutefois, en raison de leur trop faible nombre, cette autorisation ne fut jamais exécutée. 

 

Sources bibliographiques : 

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