Les hivers parisiens

Les hivers parisiens, entre décembre et mars, étaient plutôt doux mais connurent des pics de très grand froid.

 

Malgré nos quelques épisodes de froid survenant chaque année, les hivers parisiens que nous connaissons aujourd’hui sont très cléments en comparaison avec ceux de nos prédécesseurs. Sur la base des moyennes de températures publiées par Daniel Rousseau dans la revue La Météorologie en 2009 d’une part et sur les travaux d’archives publiés par C Easton en 1928, nous retraçons les histoires de cette saison difficile.

 

Des températures basses pendant trois mois

Certes officiellement, l’hiver début le 21 décembre pour finir le 20 mars. Toutefois, en région parisienne, l’hiver historiquement démarre un peu plus tôt : en décembre pour finir en février.

Depuis 1676, les hivers affichent une température mensuelle moyenne à 4,5°C en décembre, 3,8°C en janvier et à 4,5°C en février.

Lorsqu’on regarde les courbes, frappant de constater que les moyennes sont plus proches des valeurs maximales que minimales. Ainsi, globalement, les hivers étaient régulièrement dans la moyenne haute.

Toutefois, lorsqu’on regarde les valeurs minimales, le froid pouvait être très fort à Paris. En effet, les températures moyenne mensuelle minimales furent -6,8°C en décembre, -6,3°C en janvier et -3,9°C en février. Lorsqu’il frappait, le froid était précoce.

Derrière ces valeurs minimales se cachent des épisodes de très grand froid enregistrés entre -15°C et -20°C. Des températures beaucoup plus basses que les pics de froid que nous connaissons de nos jours.

 

Evolution des hivers depuis trois siècles

Grâce à la publication de Daniel Rousseau dans la revue La Météorologie en 2009, nous disposons d’une série de températures moyennes mensuelles depuis 1678 dans des échelles comparables. Ainsi, frappant de constater que le début du XIXe siècle était de loin le plus froid.

Dans les années 1810 et 1820, il faisait en moyenne entre 2°C et 3°C en janvier. On compta sur ces deux décennies, 9 hivers avec des températures moyennes en janvier inférieure à 0°C.

Ce refroidissement avait démarré dans la seconde partie du XVIIIe siècle. A noter que la décennie 1780 fut froide, comme la suivante. Ensuite, après 1850, les températures moyennes remontent.

Cette tendance se poursuivit au cours du XXe siècle. Sur ce point la décennie 1990 fut la plus chaude du siècle, avec une température moyenne de 5°C en janvier. Les années 1940 furent les plus froides du XXe siècle.

 

Les grands hivers

1408, 1608, 1709, 1830 ! Des années qui marquèrent les esprits. Ce furent des années de grands hivers.

Ces hivers furent particuliers en raison de la longueur de la période de froid. Ce fut le cas de trois d’entre eux : 1408, 1608 et 1830. Le premier fut précoce et démarra dés début novembre. Le second fut lui plus tardif : de décembre à mars. Enfin, 1830 dura de mi décembre à fin février. Pratiquement trois mois de froid. Bien évidemment, la Seine gela entièrement.

1730 fut spécifique. Cette année-là, il fit très, mais vraiment, très froid. On releva une température inférieure à -10°C pendant 10 jours en janvier.

Ces hivers furent totalement dramatiques pour les parisiens d’alors.

 

La dureté de la vie durant les hivers parisiens

Dans les archives parisiennes, on trouva, grâce aux travaux de C Easton en 1922, des traces de vie quotidiennes rendues très difficile par le froid hivernal. Bien sûr, la neige dans les rues et les chemins et la glace sur la Seine bloquaient toute circulation. Bien sûr, le vent était difficile. Il fut particulièrement éprouvant en 1891 : 44 jours de vent venus du Nord – Nord Est.

 

Les gelées et les blocages parisiens se traduisirent par des disettes pendant l’hiver. Ainsi, en 1364, Paris manque de viande. Ensuite, en 1408, la glace bloqua la Seine, rendant hors service les moulins. Paris dut se passer quelques temps de pain. Le bois se fit également rare cette année-là.

Les épisodes de grands froids frappèrent également le centre des maisons et bâtiments. Par exemple, le gel prit en 1423 le vinaigre, dans les celliers. On remarqua que les poules et les coqs eurent les crêtes gelées. Les églises n’étaient pas non plus épargnées. Pendant la messe du 10 janvier 1608, le vin gela. Il fallut finir l’office en usant d’un réchaud.

 

Enfin, de nombreuses personnes perdirent la vie, en raison du froid. On compta de nombreux morts parmi les enfants et femmes en 1595. Par ailleurs, le jour de l’entrée dans Paris des cendres de Napoléon en 1841, il fit un froid glacial. On compta plusieurs victimes dans la foule venue assister à l’évènement.

 

Les conséquences désastreuses de certains hivers

Les hivers très froids ne furent pas sans conséquence pour Paris. Tout d’abord, juste après le grand gel, le temps de la débâcle venait. Toute la neige et la glace qui avaient été accumulées se mettaient à fondre. Venant de Paris bien sûr, mais également de tout l’amont du bassin de la Seine, les eaux montaient en furie. Ainsi, au froid succédait les inondations. Ces grands hivers expliquèrent une grande partie des crues de la Seine.

L’eau pouvait monter haut, menaçant les ponts. Il faut dire qu’ils avaient été endommagés par les blocs de glaces qui frappaient leurs piles.

 

Ensuite, les cultures autour de Paris étaient touchées par ces phénomènes. Bien sûr les plantations d’hiver (blé et légumes) étaient les premiers à être touchés. Ensuite, lorsque le froid se prolongeait, les vignes et les arbres fruitiers dépérissaient. On raconta qu’en 1709 même les chênes se fendaient.

Ainsi, en 1684, les récoltes furent très mauvaises après l’hiver. Nombre de familles, y compris nobles, durent troquer le blé par de l’avoine pour subsister.

 

Sources bibliographiques

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