Le genre poissard

Le genre poissard, issu du théâtre de foire au XVIIIe siècle, mis en scène la vie quotidienne des marchandes de rue

 

Né au XVIIIe siècle dans le théâtre de foire, le genre poissard fut très important au cours du siècle suivant. C’est lui qui guida une des plus importantes manifestations de Carnaval : la promenade des masques. 

En effet, impliquant différentes couches de la société parisienne, des plus pauvres aux aristocrates, les masques déambulaient dans la rue parisienne. Ils s’invectivaient en se renvoyant des insultes, toutes inspirées de la vie dans les jours sur les marchés parisiens. 

Cette source d’inspiration, ce fut le genre poissard qui l’institua. Redécouvrons le ensemble !

 

Quels sont les caractéristiques du genre poissard ?

Dans son mémoire de master 2 en septembre 2015, Sandrine Brun revient sur le genre poissard : Jean Joseph Vadé, un auteur poissard. Elle indique tout d’abord que la poissarde désignait les marchandes de rues et notamment de poissons dans Paris. Toutefois, elle insiste sur le fait que c’était un mot péjoratif à la fin du XVIIe siècle. Dérivé de poisson, il renvoyait aux insultes que ces marchandes se renvoyaient les unes aux autres. Ainsi, le genre poissard renvoie à une niveau de langue fleuri. Nous étudierons ce langage un peu plus loin, que le genre reprend largement.

 

Les textes du genre poissard replacent des scènes de la vie quotidienne, en traitant divers aspects. Il s’agit de dialogues écrits en vers, avec souvent des rimes plutôt pauvres. 

 

Les auteurs du genre poissard. 

Deux auteurs se démarquent sur ce genre : Jean Joseph Vadé et Lécluse

Le fondateur du genre : Jean Joseph Vadé

Jean Joseph Vadé naquit en Picardie en 1720. A l’âge de 5 ans, il arriva dans Paris, lorsque son père s’installa dans son commerce. Pendant sa jeunesse, il fit beaucoup la fête mais perfectionna son français à la lecture de nombreux livres. 

Après avoir travaillé à Soissons puis à Laon et Rouen, il revient à Paris. C’est alors qu’il publia ses nombreux écrits, diffusés principalement dans les foires Saint Laurent et Saint Germain. Il fut l’auteur notamment de la Pipe Cassée, le grand chef d’oeuvre du genre. 

Mort à 37 ans en 1757, il fut surnommé le Corneille des Halles

En savoir plus sur Jean Joseph Vadé

En savoir plus sur la Pipe Cassée

 

Lécluse, le second grand poissard

Louis de Tilloy, dit Lécluse, vécut deux vies. En effet, il fut chirurgien dentiste et également auteur – comédien. Né en 1711 et mort en 1785, il fut un acteur régulier du théâtre de foire. Ainsi, il participa notamment au développement de l’Opéra comique à Paris. 

A la fin de sa vie, il voulut faire le tournant vers la salle de théâtre, profitant du lancement du Boulevard du Temple. Toutefois, criblé de dettes, il ne parvint pas à finaliser ses projets. 

Dans le genre poissard, il laissa notamment le Déjeuner de la Rapée. 

En savoir plus sur Lécluse

 

La vie et la langue française mises en avant dans le genre poissard

La vie quotidienne racontée par le genre poissard

Le principe fondateur du genre poissard était de mettre en scène la vie parisienne populaire. Aussi, les intrigues de ces œuvres ont des leitmotiv importants. 

Dans la rue et les marchés, on marchande. Marchander veut aussi dire se quereller. Ainsi, dans ces écrits, les personnages cherchent à s’impressionner les uns les autres, pour pouvoir faire la meilleure affaire. Et cela finit en bagarre. 

En effet, une des grandes passions parisiennes du moment est alors la bagarre. La nécessité et la survie impliquaient de se battre. Mais vite, se bagarrer devenait amusement. 

Ensuite, de nombreuses scènes se déroulent également dans les lieux populaires d’alors : les guinguettes et les restaurants. Pour les parisiens populaires du XVIIIe siècles, faire la fête impliquait grosso modo de beaucoup manger et boire. On dansait ensuite. 

En savoir plus sur la vie parisienne racontée dans le genre poissard

 

A noter que le genre poissard n’était le seul dans le théâtre de foire à essayer de mettre en scène la vie parisienne. 

En savoir plus sur la vie parisienne mise en avant dans le théâtre de foire

La langue française du genre poissard

Le parler populaire avait sa propre langue à Paris alors. Il s’agissait du patois de Paris. Aussi, pas surprenant que nombre de ses caractéristiques se retrouvaient dans les écrits afin de donner davantage d’authenticité.

On retrouvait cela dans plusieurs aspects de la langue : 

  • la conjugaison, avec en particulier l’usage de la première personne du pluriel pour la première personne du singulier : « J’avions »
  • le remplacement de certaines lettres : le -a- à la place du -e- en particulier : Jarôme pour Jérôme
  • L’usage immodéré des apostrophes

En savoir plus sur la langue française dans le genre poissard

 

Le genre poissard connut en son temps un grand succès, jusque dans la haute société aristocrate. Il fut largement repris ensuite dans les catéchismes poissards, qui guidèrent pendant toute la première moitié du XIXe siècles, les promenades des masques.

 

Sources bibliographiques

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