La Pipe Cassée de JJ Vadé

La Pipe Cassée de JJ Vadé, l’œuvre emblématique du genre poissard, fut tout le temps reprise lors de Carnaval.

 

Voici l’œuvre majeure de Jean Joseph Vadé et essentiel pour toucher du doigt le genre poissard. Écrite dans le milieu du XVIIIe siècle, elle fut souvent repris lors de Carnaval et intégrée dans les catéchismes poissards. Revenons sur cette œuvre, en s’appuyant notamment sur les travaux de Sandrine Brun, pour son master 2 en 2015 : Jean-Joseph Vadé, un auteur poissard.

 

L’intrigue

Ecrite en vers avec des rimes, la Pipe Cassée se déroule en quatre chants.

Dans le premier chant, voici d’abord les protagonistes : Jean Louis, Jérôme et la Tulipe.  Chez la veuve Rabavin, ils boivent en chantant gaiement. Tout d’un coup, la femme de l’un d’entre eux entra dans la taverne.  Furieuse, elle fait un scandale. Tous se taisent alors. Rien n’y fit pour la calme. Pas même, la proposition de son mari, Jean Louis autour d’un verre d’eau de vie. Un coup de poing le frappa à la moustache. Une seconde femme se mêlât ensuite… et la situation dégénéra.

Le second chant se passe à la Courtille. Les personnages sont dans une guinguette, mangeant et buvant. Une fois encore, la fête se poursuit en bataille généralisée. Cependant, les esprits se calment dés que le violon retentit. Alors, tous se mettent en ronde pour danser et profiter de la fête.

Le troisième chant revint lui sur la vie de travail de ces personnages. Pendant que Jean Louis, Jérôme et la Tulipe travaillent pour manœuvrer le bois flotté, leurs femmes parcourent la ville pour la vie quotidienne. Dans le chant, elles se trouvent alors sur le pont Saint Michel pour acheter des meubles. Bien sûr, elles se disputèrent…

Dans le quatrième et dernier chant, nos parisiens fêtent un mariage. Là, ils mangent et boivent de nouveau. Ils dansent. C’est dans ce cadre que l’horreur arriva : la pipe de la Tulipe fut cassée.

 

De très nombreuses éditions pour une oeuvre

Quatre chants pour dérouler cette histoire. Quatre chants dans quatre lieux différents comme nous avons pu le voir dans l’intrigue.

Même si la première édition s’est perdue, la première de référence a été publiée en 1755, à « la Grenouillère » et chez une libraire de la rue Saint Jacques. Il s’agissait en fait, de la troisième édition du texte. Dés l’origine, la Pipe cassée était présentée avec d’autres textes de Jean Joseph Vadé, avec les Quatre bouquets poissard, ainsi que les Lettres de la Grenouillère entre Mr Jérosme Dubois, Pêcheux du Gros Caillou et Mlle Nanette Dubut, Blanchisseuse de linge fin.

Cette édition fut suivie de nombreuses autres. En effet, Sandrine Brun évoque au moins 15 éditions entre les années 1750 et 1875.

Revenons toutefois sur quelques éditions emblématiques. Ainsi en 1760, la Pipe Cassée est éditée une nouvelle fois par un imprimeur libraire, Pierre Gosse Junior. Pour cela, il la propose à la Haye.

En 1786, la Pipe Cassée est rééditée à Paris, chez Cazin. L’année suivante, elle est publiée à Lyon chez Amable Le Roy.

Sur la période qui nous intéresse, entre 1750 et 1875, la Pipe cassée fut éditée à Paris, à La Haye, mais aussi à Genève, Lyon et Troyes.

 

Œuvre très largement diffusée dans la société des XVIIIe et XIXe siècles.

Cette œuvre fut diffusée sur une grande diversité de recueils. Ainsi, on peut la retrouver dans les livres pour collectionneurs et de personnes de la haute société. En parallèle, elle fut mise à disposition dans la littérature bleue pour le colportage. Ainsi, pour les mêmes raisons que le Carnaval, elle touchait autant l’aristocratie qui voulait s’amuser que la population ouvrière parisienne voulant profiter de la fête et oublier les temps difficiles.

 

Une œuvre incontournable du catéchisme poissard

Pour diriger la promenade des masques de Carnaval, de véritables scénettes étaient imaginées. Elles étaient compilées dans ce que l’on appelait alors les catéchismes poissards. Les masques devaient les apprendre par cœur et les récitaient lors de leur procession. Dans ce jeu, la Pipe Cassée joua un rôle à part. En effet, précurseur et mettant en avant des parisiens populaires, elles étaient souvent la base de ces catéchismes poissards. Alors bien sûr, les parisiens aimaient renouveler leurs scènes, mais ils reprenaient toujours la Pipe Cassée. C’est ainsi qu’on la retrouvait régulièrement dans les nouveaux catéchismes poissards, publiés régulièrement.

 

Les illustrations de la Pipe Cassée

Pour chacun des chants, la Pipe Cassée fut illustrées. Ce sont les illustrations d’Eisen de l’édition de 1755 qui sont les plus réputées.

En complément, dans l’édition de 1796, d’autres gravures furent rajoutées. Réalisées par Nicolas Monsiau, elles furent également coloriées.

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Ces images complémentaires représentaient en réalité souvent la même scène. Ainsi les disputes de nos poissardes étaient régulièrement mise en avant de la sorte.

 

Sources bibliographiques

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