Histoires de Paris

A chaque coin de rue de Paris, des histoires… souvent revues, réadaptées mais fascinantes

Histoires de litterature

Les moulins de Montmartre et les lettres

Les moulins de Montmartre et les lettres : des odes à ces vieux monuments qui rythmaient le ciel d’autrefois.

 

Charles Sellier était un passionné du vieux Montmartre. Il lui consacre trois volumes, dont un sur les moulins.

Pour commencer son volume sur les moulins, Sellier s’intéresse à leur influence sur les lettres. Parcourons ces pages avec lui !

 

Pendant très longtemps, les parisiens pouvaient voir au loin la fameuse butte Montmartre. Là haut, battaient l’air avec leurs ailes un nombre très important de moulins. Bien sûr, on retrouve traces de ces moulins dans les dessins et les tableaux de peintures. Les écrivains furent eux aussi très sensibles à cette vision.

 

Les vers de Regnard

Démarrons par Regnard. Ce poète profitait alors d’un balcon de sa maison située à l’angle de la rue Richelieu et du boulevard au XVIIIe siècle. Il avait là, la campagne grande ouverte devant lui, avec les maraîchers de la Grange Batelière et le ruisseau coulant au milieu.

En face de lui, les moulins qui l’inspirèrent :

« Où de trente moulins les ailes étendues

(vous disent) chaque jour quel vent chasses les nues »

 

Le Tasse

Continuons notre voyage dans la littérature et remontons davantage le temps ! Arrivé à Paris en 1570, Le Tasse suivait le cardinal Louis d’Este. Ses premières impressions étaient très mitigées. Le climat ne lui convenait guère et les monuments lui semblaient monotones. Cet italien était peu sensible au gothique. Mais voilà, il se prit de grande affection pour les moulins de Montmartre. Cette multitude l’impressionnait et donnait aux hauteurs un aspect très vivant.

 

Lebrun et Chatillon

Au XIXe siècle, Montmartre a vu arriver la ville. Les moulins, datant de la campagne, n’y avaient plus leur place et la plupart d’entre eux avaient cessé leur activité.

« La colline qui, vers le pôle,

Borne nos fertiles marais,

Occupe les enfants d’Eole

A broyer les dons de Cérès »

 

Par ailleurs, Auguste de Chatillon jeta lui aussi son dévolu sur les moulins. Il vivait à l’impasse des tilleuls, juste à côté des trois derniers moulins de la butte : « Les trois plus joyeux peut être, qu’on voyait de sa fenêtre ».

Il écrivit aussi, en la dédiant aux meuniers :

« Pauvre Jacques ! Ton vieux moulin

Crépitait au vent, sur la butte,

Et quand je heurtais à ta hutte,

Le soir, pour boire un pot de vin,

Aussitôt, tu m’ouvrais ta porte,

Joyeux, tu me serrais la main. 

 

Pauvre Jacques ! Ton vieux moulin,

A des jours heureux me reporte

 

Depuis dix ans, je ne t’ai vu ;

Tes cheveux étaient blancs de neige

Bon meunier, qu’es tu devenu ?

Bon meunier, que Dieu te protège.»

 

Terminons avec Savinien Lapointe pour qui « Montmartre sans ses moulins, c’est Strasbourg sans clocher »

 

Sources bibliographiques :

 

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