L’origine des apaches

L’origine des apaches : célèbre mot sorti d’une exclamation lors d’un interrogatoire d’un jeune chef de bande

 

Retournons, il y a plus de 100 ans ! A la veille de la Grande Guerre.

Dans les années 1900, Paris fait face à une inquiétante criminalité. Elle est appelée : les Apaches ! Mais au fait, d’où vient ce nom ?

Pour nous aider, nous allons nous appuyer sur une chronique issue de la presse d’alors, le Petit Journal du 23 janvier 1910 plus précisément.

 

Retour sur un phénomène inquiétant

Aussi, démarrons avec l’introduction de cet article :

« Le problème se pose, plus urgent que jamais Comment débarrasser Paris des apaches ? La grande ville en est infestée : ils sont trente mille, disent les uns, plus encore, affirment les autres. Mais qui sait leur nombre ? Gardons-nous de présenter des chiffres, que la police elle-même serait impuissante à fixer exactement. Nul ne peut savoir à combien se monte l’armée du crime, mais ce qu’on peut affirmer c’est que sers -effectifs vont croissant sans cesse. Le dernier rapport sur la criminalité, publié par le ministre de la Justice, exposait que le nombre des crimes avait pour le moins triplé depuis vingt ans dans toutes les grandes villes de France. Comment arrêter ce flot ? Comment ? … »

Même si au moment de la publication de l’article, la Seine gronde… dans les jours qui suivent, une des plus grandes crues parisiennes va avoir lieu, l’attention du journaliste reste prise par ce phénomène qui touche la société parisienne.

 

« Qu’est-ce qu’un apache ? »

Nous allons donc poursuivre en paraphrasant cet article si intéressant.

« C’est le plus souvent un gamin, presque un enfant, de moins de vingt ans, que les mauvaises fréquentations, la paresse ont perverti et jeté dans le crime. »

Ainsi, nos apaches sont d’authentiques parisiens. Et pourtant, nous sommes bien loin de l’Ouest américain et des Westerns.

« C’est au commissariat de Belleville que, pour la première fois, ce terme fut appliqué à nos jeunes malandrins des faubourgs. Ce soir-là, le secrétaire du commissariat interrogeait une bande de jeunes voyous qui, depuis quelque temps, ensanglantait Belleville par ses rixes et ses déprédations et semait la terreur dans tout le quartier. La police, enfin, dans un magistral coup de filet, avait réussi à prendre toute la bande d’un seul coup, et les malandrins, au nombre d’une douzaine, avaient été amenés au commissariat où « le panier à salade » allait bientôt venir les prendre pour les mener au Dépôt. »  

Direction Belleville, ce quartier si populaire !

 

Une réaction venue lors d’un interrogatoire

« En attendant, les gradins subissaient un premier interrogatoire. Aux questions du secrétaire, le chef de la bande, une jeune « Terreur » de dix-huit ans, répondait avec un cynisme et une arrogance extraordinaire. Il énumérait complaisamment ses hauts faits et ceux de ses compagnons, expliquait avec une sorte d’orgueil les moyens employés par lui et par ses acolytes pour dévaliser les magasins, surprendre les promeneurs attardés et les alléger de leur bourse ; les ruses de guerre dont il usait contre une bande rivale avec laquelle lui et les siens étaient en lutte ouverte. Il faisait de ses exploits une description si pittoresque, empreinte d’une satisfaction si sauvage, que le secrétaire du commissariat l’interrompit soudain et s’écria :

– Mais ce sont là de vrais procédés d’Apaches. »

 

Voici le mot lancé ! Et le mot resta !

« Apaches !… le mot plut au malandrin…. Apaches ! Il avait lu dans son enfance les récits mouvementés de Mayne Reid, de Gustave Aymard et de Gabriel Ferry… Apaches !… Oui l’énergie sombre et farouche des guerriers du Far West était assez comparable à celle que déployaient aux alentours du boulevard extérieur les jeunes scélérats qui composaient sa bande… Va pour apaches ! Quand les gradins sortirent de prison ce qui ne dut pas tarder, vu l’indulgence habituelle des tribunaux – la bande sa reconstitua sous les ordres du même chef, et ce fut la bande des ‘Apaches de Belleville’ ».

 

Les apaches, des enfants

La jeunesse des apaches est frappante ! Constitués en véritables bandes, ils revendiquent leurs exploits et leurs luttes rivales.

En lisant la suite de cet article, il ressort que les apaches sont bien connus des policiers et ont déjà un casier judiciaire bien rempli. Toutefois, toujours selon la même source, ils sont très vite relâchés.

En tout état de cause, nombre de parisiens ne sont pas tranquilles.

 

Sources bibliographiques :

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