Le pavillon de Rohan du Louvre

Le pavillon de Rohan du Louvre, du nom d’un cardinal à la très mauvaise réputation et qui vendit des hospices

Rohan ! Ce patronyme est celui célèbre d’une grande famille d’aristocrates. Le nom était originaire de Bretagne, où ses membres étaient très influents au Moyen Age. Les membres de cette maison furent également mis à l’honneur à partir du Grand Siècle. En effet, c’est un Rohan que Louis XIV envoya comme évêque à Strasbourg. C’est également un autre cardinal de Rohan, toujours évêque de Strasbourg qui fut impliqué dans le scandale de l’affaire du collier.

Comme le signale Edouard Fournier dans ses Enigmes des rues de Paris, c’est en raison de ce fameux dernier cardinal de Rohan qu’un pavillon du Louvre porte le nom de cette illustre famille.

L’enclos d’origine de l’hospice des Quinze Vingt

Avant de s’installer dans la rue de Charenton, l’hôpital des Quinze vingt, qui existe toujours aujourd’hui, rue de Charenton, derrière la Bastille, avait ses quartiers à proximité du Louvre. Pendant cinq siècles, l’enclos des Quinze vingt était fermé par la rue de l’Echelle, celles de Saint Thomas du Louvre, Saint Honoré. Au sud, l’hôtel de Chevreuse, qui serait aujourd’hui au centre de la place du Carrousel, fermait l’espace. Là, on y trouvait les bâtiments de l’hospice, ses deux églises…

Comme de nos jours, l’hôpital été dédié aux aveugles. C’était Saint Louis qui l’avait doté et installé là.

Ne nous trompons pas. Lors de la fondation de l’hospice, le quartier n’était aussi riche que nous le connaissons aujourd’hui. C’était même le contraire. Il était sur les flancs de la Butte Saint Roch, un espace où les parisiens déversaient leurs ordures en bordure de ville…

Saint Louis logea ici 300 aveugles, à qui on avait dédié des troncs d’aumône dans toutes les églises de France. De ce fait, c’était les seuls qui étaient autorisé à mendier à l’intérieur des églises. Bien sûr, suivant les églises, le montant des aumônes n’étaient pas les mêmes. Aussi, des enchères étaient organisées entre les aveugles de l’Hôpital des Quinze vingt pour les meilleurs églises.

Le Cardinal de Rohan, à la tête de Quinze vingt, vend le domaine

En 1779, le Cardinal de Rohan devient également grand aumônier de France. A ce titre, il devint directeur spirituel et temporel des Quinze vingt. Bien sûr, à cette époque, avec le Paris qui s’était développé, la proximité avec les Tuileries et le Louvre, le lieu n’avait plus du tout la même valeur.

Même s’il était directeur, Rohan devait partager le pouvoir spirituel sur les Quinze vingt avec une communauté de douze religieux, et le pouvoir temporel avec un conseil d’administration. Même si l’enclos accueillait toujours des aveugles qu’il logeait, il disposait aussi de considérables revenus liés à ses propriétés. En outre, à l’intérieur, une liberté pour l’exercice de métier était reconnue.

Cette richesse n’empêcha pas d’envoyer les aveugles mendier pour pouvoir financer la restauration de la vieille église datant de Saint Louis. Même s’ils obtinrent des fortes sommes, le cardinal avait un autre plan. Vendre les lieux. Pour le faire accepter, il proposa que dorénavant les aveugles ne mendient plus mais bénéficient de pensions…

L’affaire se fit  et les Quinze vingt rejoignirent l’Hôtel de la première compagnie des mousquetaires noirs, rue de Charenton.

Reconstructions au pluriel d’un quartier

L’ancien enclos fut détruit. A la place, on édifia des maisons et on perça de nouvelles rues : rue de Chartres, rue Valois Saint Honoré, rue Beaujolais… Plus tard, ce quartier fut à son tour  détruit pour installer la place du Palais Royal et la première partie de la rue de  Rivoli.

Seule une rue fut laissée par ces travaux durant le premier empire : la rue de Rohan. Certes, elle avait été débaptisée lors de la Révolution pour devenir rue de Marceau, du nom d’un général de Napoléon.

Aussi, à la Restauration, on rétablit le nom de la rue. On plaça alors la pancarte sur le pavillon du Louvre lorsqu’il fut construit sous Napoléon III… Le nom resta : pavillon de Rohan

Un pavillon construit au second empire

Ce pavillon  de Rohan fait partie de l’aile côté rue de Rivoli, faisant la liaison entre le Louvre et les Tuileries. Construite sous Napoléon III, cette aile se poursuivait après le pavillon Marsan. Le pavillon de Royan permet le passage entre la rue de Rivoli et la cour du Carrousel.

Côté rue de Rivoli, on plaça des statues de maréchaux et généraux de Napoléon…. dont Marceau.

Sources bibliographiques

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