Vue et perspective du jardin et du pont des Tuileries par Israël Silvestre

Vue et perspective du jardin et du pont des Tuileries par Israël Silvestre : une ambiance calme et paisible !

 

Editée en 1652, cette vue et perspective du jardin et du pont des Tuileries est un œuvre d’un Israël Silvestre accompli. Il a déjà réalisé son voyage en Italie et sa formation en dessin auprès de son oncle libraire Israël Henriet et dans l’ombre du grand dessinateur nancéen Jacques Callot. De ce fait, comme nous allons le voir, il dispose alors d’un grand bagage de connaissances sur le sujet. Il peut alors nous faire plonger sur les bords de Seine au niveau des Tuileries à cette époque.

A noter qu’en 1652, Louis XIV fait juste son entrée royale à Paris, après avoir été sacré à Reims. Nous sommes au tout début de son règne. Mazarin est encore à la manœuvre sur le plan politique.

 

Une ambiance de campagne au bord de la ville

En 1652, le jardin des Tuileries se situe aux portes de la ville. Bien sûr, il se trouve bien protégé à l’intérieur des remparts, mais devant nous sommes dans une ambiance de campagne.

Ici, la Seine semble être une rivière sauvage, avec ses berges en terre. Elles sont d’ailleurs consolidées uniquement au niveau des remparts. Le paysage est bucolique avec cette impression renforcée avec ces deux arbres au tout premier plan.

Le fleuve est bien calme, sentiment appuyé par ces barques de pêcheurs

Cependant, on constate bien que nous sommes près de la ville, avec cette route manifestement très empruntée le jour où est venu Silvestre pour prendre son croquis.

 

Les remparts et la protection de la ville

Dans cette vue et perspective, les remparts entourant Paris sont bien visibles. Bien sûr, on repère d’abord, les bâtiments défensifs, abritant des portes pour entrer en ville. Entre ces tours, les murs sont indiqués par des lignes.

Ensuite, au niveau de la Seine, on peut voir la sortie d’un tunnel. Il s’agit ici de l’évacuation d’un des égouts entourant Paris, venant cracher dans la rivière ses eaux sales. Ce n’est pas le seul égout se jetant dans la Seine à proximité, même si on le voit pas. En effet, l’égout médiéval traversant la rive droite se prolonge dans ce qui deviendra plus tard les Champs Elysées et aboutissant au futur Cour la Seine.

 

Vue sur le jardin, le château et le pont des Tuileries

Même si le nom du dessin s’arrête surtout sur le jardin et le pont des Tuileries, on ne voit que très peu ces éléments.

On peut distinguer le jardin avec ses arbres dépassant au-dessus des remparts. De cette manière, la partie boisée se situe en ville, dans le jardin des Tuileries. La partie plus ouverte du dessin est laissée à l’extérieur, occupée par des champs.

Concernant le château, on peut voir le pavillon de l’extrémité sud, proche de la Seine, appelé alors le pavillon de la rivière. On peut également voir partir ensuite, la galerie voulue par Henri IV pour relier les Tuileries au Louvre, en longeant la Seine.

Enfin, nous pouvons voir le début du pont des Tuileries. Ce n’est pas encore le pont Royal que nous connaissons de nos jours. En effet, ce dernier fut voulu par Louis XIV et réalisé en 1689. Également appelé pont rouge, il était alors en bois et comptait 15 arches.

 

La perspective et la composition du dessin

Chez Israël Silvestre, il est toujours intéressant de s’intéresser à la composition du dessin. Rappelons que pour le dessinateur, reproduire ce qu’il voyait était important. Cela se traduisait ainsi sur l’organisation de l’œuvre en insistant sur la perspective.

Pour cette raison, il avait pris position à proximité de la Seine (ou sur un bateau), de sorte à se situer totalement à l’extérieur des lignes de perspectives.

Ainsi, la principale ligne part de la gauche du dessin pour partir sur la droite. Nous suivons ainsi la route de bord de Seine, ainsi que les berges. Ensuite, nous retrouvons les remparts et enfin, le pavillon de la rivière des Tuileries poursuivie par la galerie d’Henri IV. Cet effet est renforcé par le tracé du fleuve, point clef dans la composition.

Des lignes perpendiculaires se retrouvent également grâce aux remparts fuyant sur la gauche. Le pont des Tuileries finit d’ailleurs la ligne directrice sur ce plan.

 

Les deux arbres du premier plan sont essentiels pour asseoir cet effet. Bien sûr, au premier abord, ils cassent la perspective, mais leurs tailles disproportionnées du fait de leur proximité finalement amplifient tout le reste.

Enfin, comme souvent chez Silvestre, les personnages sont importants. Ils ont été rajoutés lors du passage du dessin à l’atelier mais ils construisent cette ambiance de campagne. Par leur nombre sur la route, ils montrent également l’intensité des aller retours entre Paris et son extérieur.

 

Sources bibliographiques :

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