Les alertes à la crue de décembre 1909

Les alertes à la crue de décembre 1909 : montée continue des eaux et des incidents de plus en plus fréquents.

 

Depuis la fin de l’été, la France vit au rythme  des intempéries. Cela donne globalement une ambiance de mauvais temps continu… tout en rencontrant des épisodes violents. On dut faire face le 18 décembre 1909, Paris connait un véritable déluge lors d’un orage très fort. Ensuite, le 3 décembre 1909, la ville se réveille après une nuit marquée par une tempête hivernale… Bref, les sols sont gorgés d’eau et les rivières montent

Dans cette situation, on avait vu la Seine à un niveau élevé dés septembre.

 

La première alerte début décembre 1909

Au cours des jours qui suivirent la tempête de début décembre, la Seine monta. Ainsi, l’Echo de Paris annonce le 5 décembre 1909 : « D’après les nouvelles des stations météorologiques, la crue de la Seine signalée précédemment pourra  atteindre environ : la côte 2,3 au pont d’Austerlitz, 2,2m au pont de la Tournelle, 3m40 au pont royal. »

 

Ensuite, le 8 décembre, le Petit journal indique que du fait des pluies persistantes, le Grand Morin, la Marne et l’Yonne faisaient fortement monter le niveau de la Seine. A Paris, le niveau de l’eau augmenta brutalement. De ce fait, les bas ports en amont se retrouvèrent submergés, tout comme les entrepôts de Bercy. On y fut surpris et on dut laisser des fûts sur les quais inférieurs.

En outre, Le tunnel du chemin de fer entre Orsay et Austerlitz fut lui aussi inondé. Toutefois le niveau ne fut pas considéré suffisamment élevé pour arrêter le service de transport public par bateau.

 

Ce même jour, la Libre parole compléta :

« Par suite des pluies persistantes de ces jours derniers et de la fonte des neiges du Morvan, la Seine subit, depuis quarante huit heures, une crue assez sensible. La cote relevée avant-hier dans la traversée de Paris était de 2 mètres 52 au pont d’Austerlitz, 2 mètres 38 au pont de la Tournelle, 3 mètres 57 au pont royal et 3 m. 52 à l’écluse de Bezons.

D’après les nouvelles reçues des stations météorologiques, la crue de la Seine atteindra vraisemblablement aujourd’hui 4 m. 10 au pont royal. » 

 

 

Premiers moyens pour lutter contre la montée des eaux

Pour tenter de limiter les impacts, on décida de coucher le barrage de Pont à l’Anglais début décembre. Cela se traduisit par une forte baisse du niveau des eaux dans les ports de la haute Seine.

De même, on fit ouvrir en partie le barrage de Suresnes. De fait, comme l’indiqua le Petit Journal du 9 décembre 1909, le niveau de la Seine baissa. On rapporta toutefois que la Marne montait de son côté, tout en rassurant sur la courte durée du phénomène.

 

La montée lente de mi-décembre

Dans son édition du 12 décembre 1909, le journal, le Soleil écrit, tout en se voulant rassurant :

« La Seine continue lentement son mouvement ascensionnel : elle atteint 4 m 8 à l’étiage du pont royal. En divers endroits, notamment au pont du Carrousel, les marchandises et le matériel entassés sur les berges sont menacés par l’eau qui affleure le quai.

Le barrage de Suresnes a été couché hier.

Au service de la navigation, on fait remarquer que cette crue n’a rien d’anormale, qu’elle se produit chaque année à la suite des premières neiges, que toutes les précautions ont été prises et que d’ailleurs les nouvelles reçues des stations météorologiques permettent de la considérer comme devant prendre fin très prochainement. »

 

Toutefois, les eaux continuent de monter en amont. Ainsi, le Jounal de Seine et Marne écrit qu’à Lagny sur Marne : « Depuis quelques jours, un drapeau vert, planté à l’extrémité du pont de fer indique que la navigation est sinon interrompue, du moins dangereuse.

Le courant est en effet très rapide et les péniches, qui s’aventurent, ont toutes les peines à passer sous les ponts. Le quai Savarin est entièrement recouvert d’eau.

Dans la journée d’hier, un bateau vide, appartenant à M. Le Paire, s’est échoué sur le quai Bizeau. Malgré le froid, des ouvriers entrèrent dans l’onde pour remettre l’embarcation à flot à l’aide de levier. »

 

La seconde alerte sérieuse autour de Noël avec des incidents

Le 25 décembre 1909, le jounal de la Ville de Saint Quentin rapporte des inondations dans l’Oise : « Les prairies sont inondées dans la vallée. Après le dégel subi de la nuit de mardi à mercredi, il fallait s’y attendre.

Un télégramme émanant de M. l’ingénieur ordinaire de la navigation de Saint Quentin, informe les services intéressés que le maximum de la crue actuelle de l’Oise aura probablement lieu le 27 décembre à Condren à la cote 210 de l’échelle. »

 

Sur la Seine, l’eau est une nouvelle fois très haute. Aussi le 24 décembre, deux incidents majeurs eurent lieu.

Tout d’abord, un bateau lavoir amarré au quai Bourbon coula. Le Mémorial de la Loire et de la Haute Loire écrivit le 25 décembre : « Un accident dont on ne connait pas encore les causes s’est produit ce matin en Seine en face du n°24 du quai Bourbon ».

Le journaliste complète : « On suppose que pendant la nuit, une voie d’eau s’est déclarée à bord et que par suite de la violence du courant, le bateau s’est brisé. De nombreux curieux n’ont cessé de stationner sur les quais suivant avec anxiété les opérations de sauvetage. »

 

Ce même matin, un autre bateau connut une avarie majeure. Le Siècle du 25 décembre rapporta : Ce matin vers onze heures et quart, un bateau réservoir de 200 tonnes et chargés de pétrole, appartenant à MM. Desmarais frères, amarré près du port d’Ivry a fait explosion.

En quelques instants, les flammes entouraient le bateau, jetant l’effroi parmi les mariniers qui ont juste eu le temps de fuir. »  Le journaliste compléta : « Les pompiers d’Ivry, aussitôt prévenus, se sont rendus sur les lieux mais malgré leurs efforts le sinistre menaçant de prendre des proportions inquiétantes, ils se sont bornés à protéger les autres bateaux chargés de pétrole qui se trouvaient amarrés au même endroit. »

 

La vie des parisiens touchée par cette situation critique

Avec le mauvais temps et la montée de la Seine, les parisiens firent des provisions. Ainsi, l’Echo de Paris signala le 12 décembre : « Les expéditions de fourrages et pailles témoignent que les engagements ont plus de force que le mois précédent ; la consommation constitue des stocks en vue du mauvais temps qui empêcheraient les livraisons de se faire ; cour calme sur les pailles ; ferme pour les fourrages. »

 

Ensuite, toute l’activité aéronautique était à l’arrêt, alors qu’elle était en pleine prise d’expérience. Ainsi, un journaliste du Petit Parisien revient sur les difficultés des aviateurs le 29 décembre 1909 : « Malgré l’approche du 31 décembre, date à laquelle seront attribués un certain nombre de prix, aucune performance intéressante n’a été exécutée hier.

La faute en est au temps déplorable qu’il a fait. C’est ainsi que Maurice Farman, qui est prêt à entreprendre le voyage Chartres Orléans, n’a même pas jugé utile de quitter Paris ; que M. de Lesseps, qui la veille avait achevé de régler son monoplan réparé, en vue du prix de la Nature a dû renoncer à tout essai. »

 

En tout état de cause, les jours passent et l’eau de la Seine continue de monter. Que va-t-il se passer ?

 

Sources bibliographiques :

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