L’écluse de la Monnaie face à la débâcle de 1880

L’écluse de la Monnaie face à la débâcle de 1880 : une installation rendue inutilisable par la glace accumulée

 

Janvier 1880 ! La Seine est en furie. A 4m50, la crue peut sembler mesurée – elle correspond au niveau que nous avons connu en février 2021 inondant les voies sur berges. Mais elle met en mouvement une grande quantité de glace. En effet, après avoir été gelée en décembre, la Seine charrie des glaçons sur son parcours. Et ces morceaux, tels l’iceberg du Titanic, endommagent fortement les installations.

Les ponts et les bateaux sont soumis à rude épreuve. Mais une écluse également ! Reportage dans la presse de l’époque !

 

L’écluse de la Monnaie

Aujourd’hui détruite, on avait installé au niveau du pont Neuf, une écluse au niveau du petit bras de la Seine (soit entre l’île de la Cité et la rive gauche). L’idée était de constituer une petite dénivelée pour garantir la navigabilité de cette partie de la Seine. Au XIXe siècle, l’activité fluviale marchande était primordiale pour la ville, tout comme dans les siècles précédents. Aussi, il fallait manœuvrer pour garantir le niveau de l’eau, notamment dans le petit bras qui certains étés se retrouvait à sec.

Plus tard, on démonta l’installation.

 

Le petit bras de la Seine pris dans la glace

Dans la mesure où le débit de l’eau y est plus faible, il fut une partie du tracé de la Seine dans son parcours dans Paris qui fut le plus vite rapidement pris en glace en décembre 1879. En effet, en raison des températures glaciales, la glace prend possession du fleuve, finissant par bloquer sa circulation en surface.

C’est ici que les premiers promeneurs cherchèrent à marcher sur la glace. Les mariniers y avaient aussi une attention forte, tout en sachant qu’il restait protéger par les très fortes arrivées de débris flottants.

 

Inquiétude autour de l’écluse de la Monnaie

Puis avec les fêtes de fin d’année, la température enfin s’adoucit. Cela implique alors le dégel des neiges et des glaces. La Seine amorce sa débâcle dès les premiers jours de la nouvelle année.

Toutefois, rapidement des inquiétudes apparaissent près de l’écluse de la Monnaie, comme nous le détaille le Petit Journal du 5 janvier 1880.

« La terreur, très grande partout, atteint sur le quai Napoléon son maximum d’intensité ; les habitants déménagent, se rappelant qu’il y a trois ans un écroulement s’est produit, et redoutent le retour d’un semblable accident.

Un cadavre entièrement déchiqueté par les glaçons a été repêché par un sapeur-pompier entre le pont des Arts et celui des Saints-Pères. C’est le cadavre d’un homme d’une quarantaine d’années ; son linge est marqué ; P. D. »

 

Des lourds dommages

Avec le mouvement des glaces, les installations sont soumises très rude épreuve. Elles doivent laisser passer l’eau et les morceaux solides, tout en limitant la casse. Cela ne fut pas si facile à atteindre.

Dans cet esprit, le Petit Journal rapporte le 9 janvier :

« Les écluses de la Monnaie ont tellement été endommagées, qu’elles ne peuvent pas encore fonctionner.

De nombreux, ouvriers ont essayé hier de faire descendre dans l’eau le bateau le Niagara, qui, grâce à la hauteur des eaux, était allé se remiser sur la berge du quai des Grands-Augustins. Ce travail, des plus difficiles, n’a pas réussi. Aussi a-t-on proposé au propriétaire de la péniche, de la faire descendre dans le fleuve, le long de la berge, au moyen de rouleaux, par l’abreuvoir qui se trouve en amont du Pont-Neuf. »

 

Sources bibliographiques :

 

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